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samedi 10 mars 2018

FEUILLET Octave – Livres Audio !

            FEUILLET Octave – Livres Audio            


FEUILLET, Octave – Honneur D’artiste

Donneur de voix : DanielLuttringer | Durée : 5h 20min | Genre : Romans

Honneur d'artiste
Extrait : « Si la Révolution nous a enlevé nos privilèges et même nos tètes, elle n’a pu nous enlever les bénéfices de ce que vous appelez, je crois, l’atavisme… c’est-à-dire, en vieux français, la qualité d’un sang qui s’est distillé et raffiné dans nos veines de génération en génération pendant cinq ou six cents ans… C’est ce sang-là, mon cher maître, qui se révolte, malgré nous, quand on le mélange avec du sang… plus jeune… plus pur peut-être, – mon Dieu je ne dis pas le contraire… – mais qui, enfin, n’est pas de la même essence ni du même azur… En conséquence, ce n’est pas l’usage aujourd’hui, plus qu’avant la Révolution, qu’une fille noble épouse un industriel… un savant… un écrivain… un artiste, fussent-ils du premier mérite… On voit peut-être quelquefois des femmes titrées épouser des poètes ou des artistes… mais ce sont des princesses étrangères !… En France, la chose est à peu près sans exemple… et n’allez pas supposer, mon cher monsieur Fabrice, que cette exclusion ait le moindre côté blessant pour ceux qui en sont l’objet… personne au monde n’aime et ne goûte plus que nous les poètes et les artistes… Nous en faisons avec le plus grand plaisir ornement de nos tables, l’intérêt et l’agrément de nos salons… mais nous ne les épousons pas !… »
Écouter un extrait : Chapitre 01.

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FEUILLET, Octave – Julia De Trécœur (Version 2)

Donneur de voix : DanielLuttringer | Durée : 2h 30min | Genre : Romans

Julia de Trécœur
Extrait :
« Elle releva sa traîne, qui la gênait, et pria sa mère de la fixer avec des épingles. Pendant ce temps, elle s’occupait elle-même activement : il y avait sur la cheminée et sur les consoles des vases remplis de fleurs et de verdure ; elle y puisait de ses mains alertes, et, posée devant une glace, elle piquait et entrelaçait pêle-mêle dans ses cheveux magnifiques des fleurs, des herbes, des grappes, des épis, tout ce qui venait sous ses doigts. La tête chargée de cette couronne épaisse et frissonnante, elle vint se placer au milieu du salon.
- Allez, mon ami ! dit-elle à M. de Moras.
Il joua la tarentelle, qui débutait par une sorte de pas de ballet lent et solennel que Julia mima avec ses airs souverains, déployant et reployant comme des guirlandes ses bras d’almée ; puis, le rythme s’animant de plus en plus, elle frappa le parquet de ses pas rapides et redoublés avec la souplesse sauvage et le sourire épanoui d’une jeune bacchante : brusquement elle termina par une glissade prolongée qui l’amena toute palpitante devant M. de Lucan, assis en face d’elle.
Là, elle fléchit un genou, porta d’un geste soudain ses deux mains à ses cheveux, et, secouant en même temps sa tête penchée, elle fit tomber sa couronne en pluie de fleurs aux pieds de Lucan, en disant de sa plus douce voix, sur le ton d’un gracieux hommage :
- Monsieur ! »
Écouter un extrait : Chapitre 01.

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FEUILLET, Octave – Un Mariage Dans Le Monde

Donneur de voix : DanielLuttringer | Durée : 3h 48min | Genre : Romans

Un mariage dans le monde
Extrait : « Vous avez cru être, monsieur, un mari modèle, et à beaucoup d’égards vous en étiez un : je vous rends cet hommage ; mais vous aviez pourtant avec la foule banale de vos confrères un point commun, c’était de vous faire une idée très nette des devoirs que le mariage imposait à votre femme, et une idée très vague de ceux qu’il vous imposait à vous-même. Le mariage n’est pas un monologue : c’est une pièce à deux personnages. Or vous n’aviez étudié qu’un rôle, et ce n’était pas le vôtre. Vous êtes trop sincère, monsieur, pour ne pas convenir que votre conception personnelle du mariage était simplement celle-ci : ajouter aux douceurs habituelles de votre vie un accessoire agréable dans la personne d’une femme honnête et gracieuse qui ornât votre maison, qui perpétuât votre nom et vous apportât enfin, sans trop vous déranger, un supplément de confort et de respectabilité. Vous vous êtes beaucoup préoccupé, comme tout votre sexe, de trouver à Paris, en province, en Chine, cette femme merveilleuse qui devait faire tous les sacrifices et n’en exiger aucun. Vous ne l’avez pas trouvée, et personne ne la trouvera, car cet oiseau rare que vous rêvez tous, – la femme d’intérieur, – suppose un oiseau plus rare encore, – c’est un homme d’intérieur. »
Écouter un extrait : Chapitre 01.

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FEUILLET, Octave – Le Curé De Bourron

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 30min | Genre : Nouvelles

Galerie de Diane, Librairie du Château de Fontainebleau
« Cette année-là (1869), précisément, l’empereur (Napoléon III) et l’impératrice devaient passer à Fontainebleau toute la saison d’été. Quand Leurs Majestés apprirent que le bibliothécaire (Octave Feuillet) était campé en garçon dans son vaste appartement, elles eurent l’extrême bonté de le faire inviter à s’asseoir chaque jour à leur table. Je profitai pendant près de trois mois de cette bonne grâce souveraine, et il m’est resté de cette intimité quotidienne un fonds de souvenirs d’une douceur et d’une tristesse incomparables. Ces souvenirs étaient écrits au jour le jour. Le moment n’est pas venu, s’il doit venir jamais, de les livrer au public qu’il me soit permis seulement d’en détacher un épisode, parmi les moins intimes. »
Le Curé de Bourron est l’histoire sans prétention de la mention de deux souvenirs indépendants : le rôle de Feuillet comme intermédiaire pour faire obtenir au brave curé Pougeois de Bourron (près de Fontainebleau) quelques rouleaux d’or pour l’édition de son manuscrit et surtout le plaisir pour l’auteur de rappeler sa familiarité éphémère avec l’Empereur et l’Impératrice.
Il note naïvement d’ailleurs « Comme un vieillard que je suis maintenant, je me suis laissé entraîner par mes souvenirs, et me voilà loin du curé de Bourron. J’y reviens. »
Illustration : Galerie de Diane, Librairie du Château de Fontainebleau, par Sebastien Bouthillette (licence Cc-By-Sa-3.0).
Le Curé de Bourron.
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FEUILLET, Octave – La Petite Comtesse (Version 2)

Donneuse de voix : Pomme | Durée : 3h 27min | Genre : Romans

Petite Comtesse
Georges, provisoirement à la campagne, écrit à son ami Paul ses journées, son travail dans les ruines d’une abbaye, et sa piquante rencontre avec une petite Comtesse originale.
« […] J’ai trente-cinq ans, et il ne suffit plus, Dieu merci, du coup d’œil plus ou moins bienveillant d’une femme pour troubler la sérénité de mon âme. »
Il lui faudra, en effet, trop de temps, hélas, pour comprendre qu’il en est amoureux.
Écouter un extrait : Chapitre 01.

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FEUILLET, Octave – Histoire D’une Parisienne

Donneuse de voix : Pomme | Durée : 3h 2min | Genre : Nouvelles

Histoire d'une Parisienne
C’est l’histoire d’un « ange », bien élevé par sa mère mais mal marié par sa mère.
Cette histoire commence et se termine ainsi :
« Il serait excessif de prétendre que toutes les jeunes filles à marier sont des anges ; mais il y a des anges parmi les jeunes filles à marier. [...] La conclusion de cette histoire trop véritable est que, dans l’ordre moral, il ne naît point de monstres : Dieu n’en fait pas ; – mais les hommes en font beaucoup. – C’est ce que les mères ne doivent pas oublier. »
Écouter un extrait : Première Partie.

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FEUILLET, Octave – Monsieur De Camors

Donneuse de voix : Christine Treille | Durée : 8h 49min | Genre : Romans

Monsieur de Camors
« Le matérialisme n’est une doctrine d’abrutissement que pour les sots ou pour les faibles : assurément je ne lis dans son code aucun des préceptes de la morale vulgaire, de ce que nos pères appelaient la vertu ; mais j’y lis un grand mot qui peut suppléer à bien d’autres, l’honneur, c’est-à-dire l’estime de soi. Il est clair qu’un matérialiste ne peut être un saint ; mais il peut être un gentilhomme, c’est quelque chose. Vous avez d’heureux dons, mon fils ; je ne vous connais qu’un devoir au monde, c’est de les développer largement et d’en jouir avec plénitude. Usez sans scrupule des femmes pour le plaisir, des hommes pour la puissance, mais ne faites rien de bas. »
Monsieur de Camors saura-t-il, auprès des femmes qu’il aime et des hommes dont il use, préserver cet honneur ? C’est ce que ce roman d’Octave Feuillet, « le Musset des familles », écrit en 1867, nous raconte avec beaucoup de sensibilité et de magnifiques portraits.
Écouter un extrait : Introduction.

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FEUILLET, Octave – La Petite Comtesse

Donneur de voix : René Depasse | Durée : 3h 45min | Genre : Romans

Château du Rozel
L’héroïne de La Petite Comtesse, œuvre publiée en 1857 un an avant Le Roman d’un jeune homme pauvre est une jeune veuve évaporée, à l’air dévergondé, aimant être courtisée et danser, et ne semblant pas capable d’éprouver une passion véritable et de devenir une épouse sérieuse.
Le roman est constitué de 8 lettres écrites du 15 septembre au 18 octobre, du château du Rozel par Georges à son ami intime Paul B. à qui il ne cache rien et fait confidence de ses relations avec « la petite comtesse ». C’est l’évolution des sentiments des deux cœurs qui est le sujet de ce texte mi-romantique, mi-réaliste, écrit dans le style élégant et discret d’Octave Feuillet, spécialiste de la psychologie féminine comme l’attestera aussi Julia de Trécœur.
« – Mon cœur a éclaté, Paul ; je lui ai dit tout, ma passion, mes regrets, mes remords ! J’ai couvert de baisers ses mains tremblantes, son front glacé, ses cheveux humides… J’ai répandu dans sa pauvre âme brisée tout ce que l’âme d’un homme peut contenir de tendresse, de pitié, d’adoration ! Elle a su que je l’aimais ; elle n’a pu en douter !
Elle m’a écouté avec ravissement.
- C’est maintenant, m’a-t-elle dit, c’est maintenant qu’il ne faut pas me plaindre. Jamais je n’ai été si heureuse de ma vie. Je ne méritais pas cela… Je ne puis rien souhaiter de plus… rien espérer de mieux… je ne regretterai rien. »
Et le drame se termine comme Roméo et Juliette ou Tristan et Yseult.
Écouter un extrait : Chapitres 01 à 03.

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Tous nos livres audio gratuits pour Octave Feuillet :


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FERNÁN CABALLERO – Livres Audio !

        FERNÁN CABALLERO – Livres Audio       


FERNÁN CABALLERO – La Mouette

Donneuse de voix : Cocotte | Durée : 10h | Genre : Romans

Franz Xaver Winterhalter - Étude d'Italienne (1864)
« Quand le premier ouvrage (La Gaviota – La Mouette) de l’auteur de Lágrimas (Un ange sur la terre) parut, en Espagne, cette publication fut accueillie par le public avec un enthousiasme universel. Voici comment s’exprimait un des critiques les plus compétents de la presse espagnole, D. Eugenio de Ochoa, en terminant un article consacré, dans le journal La España, à l’examen de la Gaviota :
C’est la première lueur d’un beau jour, le premier fleuron de la couronne poétique qui ceindra le front d’un Walter Scott espagnol.
Dans le prologue que Fernán Caballero a placé en tête de la Gaviota, il a déterminé admirablement le point d’où il est parti et le but moral qu’il se propose dans ses ouvrages :
« En composant cette œuvre légère, dit-il, nous n’avons pas eu l’intention de faire un roman, mais de chercher à donner une idée exacte, véritable, de l’Espagne, des mœurs de ses habitants, de leurs caractères, de leurs habitudes.
Nous avons voulu esquisser la vie intime du peuple, dans la haute et la basse classe, peindre son langage, ses traditions et ses légendes. Ce que nous avons recherché, avant tout, c’est de peindre, d’après nature et avec la plus scrupuleuse exactitude, les objets et les personnages mis en scène.
Notre ambition a été de donner une idée, aussi exacte que possible, de l’Espagne et des Espagnols. »
Ce programme, Fernán Caballero l’a religieusement et admirablement rempli dans toutes ses œuvres. »
A.M. Préface de Lágrimas, Un ange sur la terre.
Traduction : Teotimo T. (1882).
Écouter un extrait : Chapitre 01.

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FERNÁN CABALLERO – Demi-Poulet

Donneuse de voix : Cocotte | Durée : 12min | Genre : Contes

Demi-Poulet
Il existe plusieurs versions de ce conte, qu’on trouve dans plusieurs langues.
Cette version est extraite du roman La Mouette de Fernán Caballero, auteure espagnole du XIXe siècle, dont un autre ouvrage, Un ange sur la terre, se trouve dans la bibliothèque de Littératureaudio.com.
Une grand-mère raconte cette histoire à ses petits-enfants :
« Il y avait autrefois une belle poule qui vivait fort à l’aise dans une ferme, entourée de sa nombreuse famille dans laquelle on pouvait remarquer un petit poulet difforme et estropié. C’était justement celui que sa mère aimait le plus. Les mères sont toujours ainsi. »
Traduction : Teotimo T. (1882).
Demi-Poulet.
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FERNÁN CABALLERO – Un Ange Sur La Terre

Donneuse de voix : Christine Sétrin | Durée : 10h 28min | Genre : Romans

Julio Romero de Torres - La Siesta
À bord du vaisseau qui les emmène de La Havane en Espagne, lors d’une tempête, la mère de la petite Lágrimas (Larmes) meurt et l’enfant se retrouve seule avec son père, le dur et cruel Don Roque. Dès lors l’existence de la jeune fille sera marquée par la souffrance physique et morale, due à son trop tendre caractère et sa grande sensibilité…
Ce qui pourrait paraître un mélodrame dans la plus pure tradition du XIXème est en fait pour Fernán Caballero (pseudonyme de l’auteure Cecilia Böhl de Faber y Larrea (1796-1877)) une trame pour nous offrir une succession de scènes de moeurs, et pour peindre, plutôt que des héros de roman, des portraits de la vie réelle. Même si son discours moral semble aujourd’hui un peu désuet, elle n’a pas son pareil pour décrire la vie quotidienne andalouse et mettre en scène des personnages pittoresques – souvent très drôles – mais tellement humains : la paysanne pleine de bon sens, le nouveau riche et l’avare endurci ou encore les étudiants en pleine vie de bohème…
Où l’on découvrira que le safran n’était pas, en 1853, un condiment apprécié par tout le monde…
Traduction : Alphonse Marchais (XIXème siècle).
Illustration : Julio Romero de Torres (1874–1930), La Siesta.
Licence Creative Commons
Écouter un extrait : Préface.

FÉNÉON Félix – Livres Audio !

               FÉNÉON Félix – Livres Audio               


FÉNÉON, Félix – L’Armure

Donneur de voix : Christian Dousset | Durée : 14min | Genre : Nouvelles

Armure savoyarde
Si, dans Les Ventres, la plume acide de Félix Fénéon vitriole impitoyablement les travers d’une société égoïste et dénuée d’humanité, la charge se fait plus légère dans L’Armure même si l’ironie, fort présente, se manifeste sous d’autres formes. Cette nouvelle a été publiée dans La Libre Revue, le 16 mai 1884.
« Ce couple était une ambulante antithèse.
D’une longueur infinie, anguleux, le parchemin du visage zigzagué d’inextricables rides, face glabre et jaunâtre, front soucieux, tel était M. de Lansalumey. Perpétuellement occupé à résoudre mille questions d’une érudition heidelbergeoise, son suprême bonheur était de se jeter à corps perdu dans les bras décharnés de la science. Au contraire, pour sa femme, le bonheur consistait à se jeter à corps non moins perdu dans les bras du sculpteur Maxence Gla… »
Illustration: Armure savoyarde.
Licence Creative Commons
L’Armure.
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FÉNÉON, Félix – Les Ventres

Donneur de voix : Christian Dousset | Durée : 22min | Genre : Nouvelles

Félix Fénéon par Vallotton
Après L’Éducation spiritualiste, tribune philosophique et politique, voici un autre aspect du talent de Félix Fénéon à travers l’une de ses nouvelles parue dans La Libre Revue du 1er décembre 1883 et intitulée Les Ventres.
« Un assourdissant vacarme emplissait cette petite bourgade savoyarde.
Temps lugubre et froid : ciel gris de nuages, terre grise de neige piétinée et boueuse. La nature était triste parce qu’on était en février ; les hommes gais parce qu’on était en carnaval.
De tout le territoire ambiant, les campagnards étaient accourus au village, bien décidés à prendre leur revanche des stagnantes tristesses de l’hiver. Et c’étaient des cris, des danses, des gesticulations.
Seuls, deux hommes se montraient réfractaires à ces joyeusetés carnavalesques. »
Sont-ils si éloignés de nous ces villageois gavés, sourds à la détresse de ces deux « étrangers », incapables d’un geste d’humanité ? Oserai-je un rapprochement intempestif en évoquant Brueghel, Marco Ferreri et Coluche ? En tous cas, ici, point « d’Auvergnat qui, sans façons, m’a donné quatre bouts de pain quand dans ma vie il faisait faim » mais des Savoyards qui…
Illustration : Félix Vallotton, portrait de Félix Fénéon (1898).
Licence Creative Commons
Les Ventres.
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FÉNÉON, Félix – L’Éducation Spiritualiste

Donneur de voix : Christian Dousset | Durée : 11min | Genre : Société

Félix Fénéon
« Il faut absolument entrer dans la voie de la « déchristianisation ». Là est la tâche urgente. Et cette déchristianisation se traduit par l’abrogation du Concordat, la séparation des Églises et de l’État. Tout autre solution est illusoire. »
Félix Fénéon (1861-1944) est surtout connu comme journaliste, critique d’art et directeur de revues. Parmi celles-ci, citons La Libre RevueLa Revue blanche et La Revue indépendante. C’est dans cette dernière publication que paraît le présent article en juin 1884. Plus tard, sa plume se glissera dans les colonnes du Figaro et du Matin où il rédigera ses fameuses Nouvelles en trois lignes.
Ce découvreur de talents défendra tant les impressionnistes que les novateurs du style tels que Rimbaud, Laforgue, Mallarmé, Valéry, Apollinaire…
Signataire du Manifeste des intellectuels pour le soutien au capitaine Dreyfus, il sera aussi très engagé dans le mouvement anarchiste.
Illustration : Félix Fénéon.
Licence Creative Commons
L’Éducation spiritualiste.
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Fiction N°81 - Livres !

                          Fiction N°81 - Livres                    


Fiction N°80 - Livres !

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NOUVELLES
Un autre monde par J. H. Rosny aîné
Il était arrivé quelque chose par Dino Buzzati
Rencontre par Gérard Klein
Le saule par Jane Rice
Le second lot par John Novotny
D’une route à une autre par Robert Marner
Écrit dans le ciel par Robert F. Young
Épitaphe par Theodore Sturgeon
L’habitant des étoiles par Alain Dorémieux
Son et lumières par Idris Seabright
Pour vous servir… par Anthony Boucher
Double vue, Le but, Signe de mort par J. L. Monod
CHRONIQUES ET RUBRIQUES
Faut-il brûler les auteurs de space-opéra ? par A. Michel
Ici, on désintègre ! (Revue des Livres)



Fiction N°79 - Livres !

                        Fiction N°79 - Livres                      



Fiction N°78 - Livres !

                        Fiction N°78 - Livres                      


NOUVELLES
Les premiers jours de mai par Claude Veillot
Retour aux cavernes par Robert Sheckley
Dfnts pour dfnts par Miriam Allen deFord
Dialogue avec le robot par Anthony Boucher
Témoignage perdu par Victoria Lincoln
Le Yoreille par Pierre Véry
Le singe vert par Theodore Sturgeon
Vers un autre pays sans nom par Monique Dorian
Et s’il n’en reste qu’un… par Poul Anderson
Suivez les instructions par Isaac Asimov
Articles et chroniques
La théorie unitaire de Jean Charon par Jean-Jacques


vendredi 9 mars 2018

Histoire - LA LÉGENDE DORÉE DE NAPOLÉON !

 Histoire - LA LÉGENDE DORÉE DE NAPOLÉON 

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CONTEXTE HISTORIQUE

Durant la monarchie de Juillet, une flambée de bonapartisme se fit jour, encouragée par la politique de rassemblement national de Louis-Philippe. En quête d’une troisième voie entre les différentes tendances politiques, le souverain tenta en effet de se les rallier en cautionnant le grand événement révolutionnaire et impérial rejeté depuis 1815. Cela lui était d’autant plus facile qu’il avait lui-même combattu à Neerwinden en 1792.
Ce furent les bonapartistes qui furent les mieux traités dans cette nouvelle politique. Le roi inaugura le musée de l’Histoire de France à Versailles (1833), fit relever la statue de Napoléon au sommet de la colonne Vendôme (actuellement aux Invalides) et inaugura l’arc de triomphe de l’Étoile enfin achevé (1836). Partout l’Empire était mis en valeur, et Napoléon eut également droit de cité au Salon. Cette politique bonapartiste devait connaître son apothéose en décembre 1840 avec le retour des cendres.

ANALYSE DES IMAGES

Le tableau de Mauzaisse

Exemple tardif d’allégorie, ce tableau exposé au Salon de 1833 (no 3130) participe du culte napoléonien. Héros absolu, Napoléon, revêtu de son uniforme de colonel des chasseurs à cheval de la garde, est élevé au ciel où le Temps le couronne, tandis que lui-même, regardant fièrement le spectateur, écrit son œuvre sur les tables de l’Histoire. Une grande diagonale souligne cette sorte d’apothéose de l’Empereur.

Mais une ambiguïté subsiste entre le propos de Mauzaisse et la réalisation de son œuvre, très pesante, très réaliste dans sa façon de montrer l’événement. Cette ambiguïté ne s’explique que par les choix politiques et sociaux de l’artiste.

Le tableau de Dulong

Exposé au Salon de 1835, ce tableau s’inspire d’une chanson célèbre de Pierre-Jean de Béranger (1780-1857), Les Souvenirs du peuple, qui évoque la rencontre de Napoléon et d’une jeune servante lors de la campagne de France en 1814. Un soir, l’Empereur harassé par les combats s’arrête dans une auberge de Champagne et s’écrie : « Dieu, quelle guerre ! » Après s’être endormi auprès du feu, il s’éveille et console la servante qui pleure sur les malheurs de la France et lui affirme qu’il se rend sous Paris pour la venger. Ce sont ces souvenirs que raconte la jeune fille devenue grand-mère à ses petits-enfants : « Parlez-nous de lui, grand-mère ! Parlez-nous de lui !… »

Œuvre assez faible techniquement, le tableau de Dulong n’en est pas moins intéressant par l’image de Napoléon qu’il véhicule. Nous sommes loin ici du héros victorieux ou de l’homme sacré. C’est un empereur proche du peuple, attentif à ses malheurs, que Béranger comme Dulong représentent. Toutefois, la religion n’est jamais bien loin, même en ce cas, et le tableau se présente un peu comme la transcription d’une Madeleine aux pieds du Christ. La jeune Champenoise, illuminée par le feu de la cheminée, apparaît comme touchée par la grâce du grand homme en qui elle a placé toute sa confiance. Napoléon est donc présenté comme le seul capable de sauver la France. Ainsi s’explique le côté luministe de cette scène intime.


INTERPRÉTATION

Contrairement au tableau de Dulong, la composition de Mauzaisse ne s’inscrit pas dans la culture populaire, mais dans le contexte de l’art officiel. Sa lecture, pour être aisée, ne touche pas le peuple mais l’érudit, même si le message demeure à peu près identique entre les deux œuvres. En effet, Mauzaisse montre que l’Empereur n’est pas mort, mais qu’il survit dans le monde intemporel de l’Histoire et du Temps, assimilé au ciel. Toutefois, ce n’est plus à un dieu que nous avons affaire, mais bien à un simple mortel, peint de manière réaliste, placé dans l’au-delà par le biais l’imagination et le souvenir font survivre dans l’au-delà. Or cet au-delà n’est ni sacré, ni divin, il est celui de l’Histoire.

Pour bien comprendre la différence de conception entre Dulong et Mauzaisse, il faut se placer d’un point de vue social. Mauzaisse, artiste officiel, peint pour la bourgeoisie au pouvoir, pour des commerçants réalistes, voire matérialistes et athées, qui n’acceptent Napoléon qu’en l’intégrant dans l’Histoire. Il peint une œuvre essentiellement intellectuelle destinée à un public cultivé, insensible à une religion napoléonienne dont il se méfie. Si la bourgeoisie cherche à travers cette peinture à se rallier le peuple en lui donnant à voir une œuvre allégorique, sorte d’apothéose de l’Empereur, cette représentation ne correspond cependant en rien à l’attente des bonapartistes.

Dulong, petit artiste secondaire, vraisemblablement proche du peuple et des bonapartistes, cherche au contraire à éveiller les sentiments en s’inspirant de la culture populaire dont témoignent les chansons de Béranger. Le peintre parle ainsi aux sens, aux espoirs d’une population laissée pour compte face à la prospérité de la bourgeoisie sous le règne de Louis-Philippe.


Histoire - PORTRAIT MYTHOLOGIQUE DE LA FAMILLE DE LOUIS XIV !

 Histoire - PORTRAIT MYTHOLOGIQUE DE LA FAMILLE DE LOUIS XIV 

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CONTEXTE HISTORIQUE

Un ambitieux portrait mythologique

On ignore qui commande cette grande toile au peintre Jean Nocret, mais des témoins contemporains expliquent qu’elle est destinée au château de Saint-Cloud, propriété de Philippe d’Orléans, frère de Louis XIV. Élève de Jean Le Clerc, Nocret s’illustre par ses talents de décorateur pour la famille royale, tant aux Tuileries qu’à Saint-Cloud. La consécration officielle lui vient avec sa réception à l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1663. Portraitiste de talent, il se spécialise dans les portraits de membres de la famille royale, en particulier dans ceux de la famille de Monsieur, dont il devient le premier peintre.

Le portrait collectif en travestis mythologiques, aussi appelé l’assemblée des dieux, est peint en 1670. Nocret s’inspire de la peinture d’histoire, qui garde au XVIIe siècle une prééminence artistique certaine. Il réalise une composition savante et courtisane non exempte de préciosité, en s’appuyant sur la mythologie antique et l’allégorie pour donner de la famille royale une image d’harmonie divine. Louis XIV est alors âgé de 32 ans, son frère Philippe de 30 ; ils ont tous deux fondé une famille, dont les membres drapés à l’antique complètent le dispositif scénique imaginaire.



ANALYSE DES IMAGES

Un nouveau Panthéon

La scène est figée dans une campagne baignée de douceur – mixte entre l’Arcadie heureuse et les monts des divinités antiques (Parnasse ou Olympe) – et campe les personnages dans des poses affectées, aux corps idéalisés mais aux visages ressemblants. Au centre exact de la composition, Anne d’Autriche relie tous les fils tissés entre les différents personnages, soit par le sang soit par les alliances matrimoniales. Fille de Philippe III d’Espagne, épouse de Louis XIII, mère de Louis XIV et de Philippe d’Orléans, elle tient entre ses mains un globe, symbole de la souveraineté qu’elle a exercée comme régente durant la minorité du roi. Travestie en Cybèle, déesse maternelle de la fertilité, elle est une charnière entre le passé et le présent.
Elle relie aussi les deux groupes non concurrents centrés sur ses deux fils, celui de gauche autour de Philippe d’Orléans, celui de droite autour de Louis XIV. Pour marquer la prééminence absolue du roi, Apollon-Louis et Junon-Marie-Thérèse sont situés à droite de la composition, placés sur une estrade de marbre et sous un dais écarlate porté par deux atlantes, et fortifiés par la métaphore solaire (le riche manteau doré faisant écho au sceptre surmonté d’un soleil rayonnant). Cette thématique est centrale dans le tableau, Louis XIV générant une lumière solaire que sa cousine la Grande Mademoiselle (représentée en Diane à droite) reflète comme la Lune et que son frère Philippe d’Orléans (l’Étoile du matin, assis à gauche) annonce comme l’aurore. Tout est bien organisé autour de la figure royale solaire.
Auprès de Marie-Thérèse, le petit Dauphin Louis est peint en Hymen portant une couronne de laurier comme son père, tandis que sa sœur Marie-Thérèse manie une guirlande de fleurs et que son frère Philippe-Charles, figuré en Cupidon, s’appuie sur le genou de leur mère. Le lien familial est ainsi renforcé par la thématique de l’amour. À l’arrière-plan, entre Louis XIV et Anne d’Autriche, sont peintes en Grâces les trois filles de Gaston d’Orléans, oncle du roi. Dans la partie gauche, Henriette d’Angleterre, épouse de Monsieur, figure debout une belle Flore, déesse du printemps, alors que sa fille Marie-Louise porte les ailes de papillon d’Iris. Enfin, à l’extrême gauche, la sœur de Louis XIII et reine d’Angleterre, Henriette, tient fermement le trident d’Amphitrite. Son portrait est inspiré d’une toile perdue de Peter Lely.
Les enfants situés au premier plan (deux enfants de Louis XIV dans un petit tableau et deux enfants de Philippe d’Orléans en Amours jouant avec une lyre) sont décédés en bas âge pour trois d’entre eux, le quatrième étant Anne-Marie d’Orléans.
Le nouveau Panthéon des Bourbons – dont les références culturelles ne sauraient être assimilées à une quelconque forme de paganisme – trouve son principe d’organisation dans la juxtaposition de sens et de corps autour du roi (plutôt qu’aux liens de parenté entre les dieux antiques), chaque personnage participant à la gloire monarchique tout en contribuant à l’exalter.

INTERPRÉTATION

L’apogée du mythe apollinien

Le réinvestissement de la métaphore solaire, lieu commun de l’imaginaire monarchique, connaît son point culminant durant les années 1670, avec la reprise à l’envi du mythe apollinien dans les décors du château de Versailles, en particulier dans ceux du Grand Appartement. La gloire solaire est l’objet d’une mise en valeur qui impose Louis XIV comme incarnation du « Roi-Soleil », pour mieux dire l’ordre et la souveraineté, et pour affirmer la dépendance-révérence des hommes qui lui sont soumis. Pourtant, au même moment, le roi choisit d’abandonner progressivement la référence antique et le système de correspondance savante au profit d’un autoréférencement  qui montre qu’il se suffit à lui-même et qu’il est pleinement représentatif de la souveraineté – c’est ce que Le Brun entreprendra au plafond de la galerie des Glaces. La richesse de sens des portraits du roi contribue à l’édification d’une image royale à facettes multiples mais toutes productrices de la gloire inaltérable du monarque.
Derrière l’harmonie familiale, en résonance avec l’harmonie de la nature, la réalité de la famille royale est tout autre. Un effet de télescopage chronologique permet de représenter ensemble les membres de la famille de Louis XIV, dans une sorte de présent immuable occultant les effets du temps et de la mort comme ceux des dissensions passées (par exemple pendant la Fronde), dans une campagne apaisante. Pourtant, à la date de réalisation du tableau, certains des personnages sont déjà décédés, comme Henriette de France et Anne d’Autriche. Seuls les deux enfants peints dans un petit tableau situé au premier plan renvoient conventionnellement et explicitement aux douleurs de la mort, pourtant réalité quotidienne de la démographie d’Ancien Régime, y compris dans les familles les plus privilégiées. Les hiérarchies internes à la famille royale sont par ailleurs signifiées par les positions (assis ou debout selon le rang) et par la place occupée dans l’espace scénique. L’art sert alors un projet politique et dynastique inscrit dans une temporalité suspendue.
Représentative du goût de la noblesse pour la culture gréco-romaine, la toile de Nocret garde cependant un grand intérêt, en raison de son ambition et de la grande rareté des portraits collectifs de la famille royale – intérêt tant par ce que ce tableau veut dire (une harmonie contagieuse et une certaine idée de la souveraineté) que par ce qu’il tait (les effets inéluctables du temps).