jeudi 27 octobre 2016

Le Mystère des Pirates : Trésors, Barbe Noire, La Buse !

 Le Mystère des Pirates : Trésors, Barbe Noire, La  Buse 


La piraterie existait déjà dans l'Antiquité. Toutes les civilisations anciennes ayant possédé une marine l'ont connue, la mer étant considérée comme un espace libre où règne la « loi du plus fort ».
Nous allons voir ensemble trois histoires de grands pirates et découvrir leur vie ainsi que leur façon de procéder.
Pour notre première histoire, nous allons suivre la vie de pirate de Barbe Noire (Edward Teach), le plus terrifiant des pirates, le " diable des mers". Il serait né en 1680 à Bristol en Angleterre. Sa carrière maritime commence sur un navire corsaire patrouillant, les eaux proches de la Jamaïque pendant la guerre de Succession d'Espagne.

Barbe Noire se forge une solide réputation de pirate téméraire et cruel en attaquant régulièrement les installations navales et côtières des Antilles et de la côte atlantique de l'Amérique du Nord. Si l'équipage n'offre pas de résistance, il laisse le navire repartir et continuer sa route. Dans le cas contraire, tous les résistants sont tués.





Barbe Noire avait l'habitude de porter, au combat ou non, plusieurs épées, couteaux ainsi que six pistolets et d'allumer des mèches de poudre à canon dans son abondante barbe noire, ce qui lui valut son surnom. Le 28 novembre 1717, il capture La Concorde, un navire Français en provenance de Nantes et transportant des esclaves.

La Concorde est une frégate de 300 tonnes armée de 40 canons, qui avait sillonné les côtes africaines et capturé de nombreux navires.
Barbe Noire lui donne le nom de Queen Anne's Revenge (La Vengeance de la Reine Anne) après l'avoir conquis aux Français. 
Barbe Noire est arrêté par le HMS Pearl dirigé par Robert Maynard, au large des côtes d'Ocracoke. Il reçoit plus de 25 blessures dont cinq par balles au cours d'une lutte avant de mourir et d'être décapité par Maynard.

Une légende raconte que son corps, après avoir été jeté à la mer, aurait fait deux fois le tour du bateau à la nage avant de couler. Barbe Noire est devenu une légende.


C'est précisément de ce bateau (La Vengeance de la Reine Anne), anciennement « la Concorde » que des explorateurs ont retrouvés la trace et ils ont mis des mois pour le localiser.

David Moor, éminent archéologue, s'est intéressé à la vie de Barbe Noire à ses puissants navires. Il à découvert dans les archives d'une université de Caroline du Nord, les comptes rendus d'un procès d'un pirate qui avait navigué avec et sous les ordres de Barbe Noire pendant un an. Il y trouva des données géographiques qui correspondaient à un lieu tout près. Mais cette carte est-elle encore fiable ? Grâce à des outils de détection moderne, une masse sombre est localisée dans les fonds marins du Cap Hatteras. 

Cet endroit est appelé « le cimetière de l'atlantique » tant de navires s'y sont échoués. 

Les plongeurs trouvent une épave datant du 18ème siècle. Pendant des mois, ils remonteront des prises et chercherons des preuves. Les vestiges découverts sont d'une importance capitale pour retrouver l'origine de ce navire.


Peut-être s'agit-il de la concorde ?

Il est possible que Barbe Noire ait volontairement échoué son navire afin de se séparer d'une partie de son équipage. Mais quelques-uns semblent penser le contraire, il s'agirait d'un accident et pas non pas d'un abandon.  Barbe Noire n'aurait jamais abandonné cette formidable machine de guerre, comme ça, sur le sable. D'autres encore pensent qu'il aurait simulé un accident pour mieux profiter de son énorme butin.



Après 12 ans de recherches, juste la partie sud de l'épave a été fouillée, il y a encore énormément de travail. Encore tellement de choses à découvrir.

Passons maintenant à notre deuxième histoire de pirates

L'action se déroule au milieu de l'Océan Indien, quelques années avant le « règne » de Barbe Noire. Nous sommes sur l'île rouge, l'île de Madagascar et c'est dans la baie de Diégo-Suarez que s'est déroulée l'un des épisodes les plus mystérieux de la piraterie. Libertalia est le nom d'une colonie fondée par des pirates sur l'île de Madagascar, qui aurait existé pendant environ vingt-cinq ans à la fin du XVIIe siècle. 

Libertalia fut fondée par deux hommes un Français, capitaine de La Victoire, redoutable navire de guerre de 30 canons, ex-officier de la marine française, mais pirate de son état, Olivier Misson et un prêtre italien, Carracioli.  À eux deux, après avoir jeté l'ancre, ils convainquirent l'équipage de fonder la société idéale, ils auraient voulu faire de cette colonie une société ans esclavage, où tous les hommes sont égaux et où l'opinion de chacun est respectée. 


Leur emblème était le drapeau blanc et voici leur serment « Pour Dieu et la Liberté, tous frères et tous égaux ». Avec l'aide de 300 hommes fourni par la Reine d'Anjouan, Misson et Caraccioli construisent, au fond de la baie des Français une ville qui va accueillir non seulement les pirates, mais tous ceux qui voudront se joindre à eux : équipages des bateaux arraisonnés, esclaves libérés, voyageurs capturés qui adhéreront aux principes de la nouvelle République. 

La ville est baptisée Libertalia, ses habitants se donnant le nom de 'liberi'. Libertalia fut attaquée une nuit par deux bandes armées : Caraccioli fut massacré avec la plupart des habitants, Misson put s'échapper, mais trouva la mort dans un naufrage et la colonie fut détruite. Il y a quelques années, sur l'ile de Sainte Marie, un navire de pirate anglais a été retrouvé, il s'agit du « Adventure galet ». 

À quelques pas du lieu de fouille on découvre aussi un cimetière aux tombes en corail. Tout cela peut nous certifier de la venue des pirates sur l'ile et de la création de la colonie Libertalia. La vie des pirates est une source de fantasmes intarissables. On compte par dizaine les histoires de trésors enfouie. Dans cette quête, certain sont prêts à prendre des risques, quitte à devenir fou.


Et maintenant notre troisième histoire


En 1730, Olivier Levasseur (« La Buse »), pirate Français qui écumait l'Océan Indien, aurait laissé avant de mourir un manuscrit parsemé de signes ésotérique, un genre de carte au trésor.




Le 8 avril 1720 La Buse arrive en rade de Saint-Denis où il découvre un navire en réparation, « Notre Dame du Cap », navire de 800 tonneaux et de 72 canons, qui venait d'essuyer une tempête.  Le vaisseau transportait Luís Carlos Inácio Xavier de Meneses, vice-roi des Indes orientales portugaises et l'archevêque de Goa. Il le prend à l'abordage et après un dur combat s'en rend maîtres. À l'intérieur se trouvait un trésor inestimable : des rivières de diamants, des bijoux, des perles, des barres d'or et d'argent, des meubles, du tissu, des vases sacrés et des cassettes de pierres précieuses.



Sur sa route il s'empare du « Ville d'Ostende ». Il met ensuite le cap vers l'Île Sainte-Marie à proximité de Madagascar. Il prend aussi « La Duchesse de Noailles ». La Buse décide ensuite de s'installer à Madagascar. Vers 1729, il monte à bord de « La Méduse ». Le capitaine Dhermitte, négrier notoire, commandant de bord, le reconnait et le fait prisonnier. Il est conduit à l'île Bourbon pour y être jugé et il est condamné à être pendu, il est exécuté le 7 juillet 1730. 

La légende raconte que lorsqu'il était sur l'échafaud la corde au cou, il aurait jeté un cryptogramme dans la foule en s'écriant : « Mon trésor à qui saura comprendre ! » et « Avec ce que j'ai caché ici, je pourrais acheter toute l'île ».


Le manuscrit de La Buse ne sera jamais entièrement déchiffré, car beaucoup trop complexe, mais des chercheurs partent à la recherche du trésor. Plusieurs hypothèses quant au lieu où se trouve le trésor de La Buse sont émises : on le croit à la Réunion, aux Seychelles, à Rodrigues, à Madagascar, à Mayotte, à l'île Sainte-Marie. Un groupe d'amis a récemment trouvé un nouveau sens au cryptogramme. Ils n'ont pas regardé le cryptogramme visuellement, mais ils l'ont lu comme une carte, ce qui les a emmenés à un endroit précis ou des fouilles vont être organisées très prochainement.


                                              
Tombe de La Buse à Saint-Paul de La Réunion

Le Mystère Lee Harvey Oswald !

               Le Mystère Lee Harvey Oswald              


Dans l’article, les témoins et les preuves sont entre [crochets]. Beaucoup d’éléments largement publiés de la vie d’Oswald ne sont pas traités dans cet article, seuls sont exposés les éléments les moins connus.
De plus, comme je ne prétends pas détenir une quelconque vérité, je vous invite à utiliser la bibliographie afin de vous faire votre propre jugement, qui sera peut-être très différent du mien !
“Nous n’avons pas dit la vérité sur Oswald”
Sénateur Richard Russel, membre de la commission Warren, 1970.
“Et le pire, c’est qu’ils vont tout rejeter sur le dos de ce gamin de vingt-quatre ans”
Ralph Dungan, assistant spécial du président Kennedy, 22 novembre 1963.
“Je ne suis qu’un pigeon !”
Lee Harvey Oswald, 23 novembre 1963.

Pour l’histoire officielle, Lee Harvey Oswald reste l’unique assassin du président John Fitzgerald Kennedy le 22 novembre 1963 à Dallas. Le rapport final de la commission d’enquête Warren sur l’assassinat de Kennedy nous dépeint un Oswald solitaire et désaxé.

Ses conclusions, qui ne font que reprendre le rapport d’enquête du directeur du FBI Edgar Hoover, présentent un Oswald pro- communiste qui aurait assassiné Kennedy à cause de sa politique envers Cuba.
Or, lorsqu’on enquête sur la courte vie d’Oswald, on découvre un homme menant une double vie.
D’un côté un personnage médiocre et instable, vivant de petits boulots. De l’autre, un agent secret accomplissant des missions d’espionnage majeures pour la CIA (Central Intelligence Agency), l’ONI (Office of Naval Intelligence) et le FBI (Federal Bureau of Investigation).
La jeunesse d’Oswald
Le 18 octobre 1939, Marguerite Claverie Oswald met au monde Lee Harvey Oswald à la Nouvelle-Orléans, deux mois après la mort de son mari. Oswald a deux frères plus âgés que lui. Son demi-frère, John Pic, est né d’un précédent mariage.
L’autre, Robert Oswald, est de cinq ans son aîné. Oswald vit à Fort Worth, au Texas, de 1947 à 1952. En août 1952, la famille Oswald rejoint John Pic, en garnison dans les gardes-côtes à New York.
Oswald, alors âgé de treize ans, fréquente durant dix-huit mois une école située à quelques mètres de son domicile de Manhattan, où il suivra une scolarité catastrophique avec de nombreuses absences [son demi-frère et son livret scolaire].
Or, la commission Warren ne mentionne pour cette même période qu’un Lee Oswald, physiquement ressemblant à Lee Harvey Oswald, et inscrit à la Trinity Evangelical School dans le Bronx, c’est-à-dire à des kilomètres du domicile de la famille Oswald.
À son arrivée à New York en 1952, Oswald subit un examen médical chez le docteur Kurian. Son rapport médical décrit un enfant mal nourri, d’une taille de 1 m 37, trop petite pour son âge.
Lors d’une nouvelle visite médicale, effectuée cinq mois plus tard chez un autre médecin, Oswald a une taille de 1 m 62 !

De plus des photos scolaires d’Oswald, prises à Fort Worth quelques mois plus tôt, ainsi que le témoignage de son ami d’enfance texan Richard Garret, confirment qu’Oswald était à l’époque un enfant plutôt grand pour son âge et le mieux développé physiquement de sa classe.
Le chercheur texan Jack White a fait une recherche photographique extrêmement sérieuse visant à établir l’existence de deux Oswald. Il a démontré que les mensurations du corps et du visage d’Oswald variaient de façon importante selon les photos et ne pouvaient appartenir à la même personne.
Un autre chercheur américain, John Armstrong, a publié sous le titre de « Harvey and Lee » une enquête historique minutieuse qui fait l’unanimité des chercheurs et des historiens les plus exigeants pour le sérieux et l’exactitude des preuves qu’il avance.
Armstrong établi qu’il existait au début des années 50 un programme de la CIA visant à créer, dès leur enfance ou leur adolescence, de futurs agents secrets portant la même identité ou deux identités proches.
Les deux futurs agents devaient se ressembler physiquement, ne pas se connaître et grandir dans des lieux différents avec des formations et des vies différentes. Armstrong a aussi découvert que cette opération impliquait deux adolescents.
Le premier, Harvey Oswald, est originaire de la Nouvelle-Orléans. Le second, Lee Oswald, est originaire de New-York et parle le russe couramment dès son enfance.
La finalité de ce programme étant d’intervertir leurs identités à l’âge adulte et d’envoyer Harvey Oswald en mission d’espionnage en Russie sept ans plus tard, en 1959.
En 1953, alors que Lee Oswald fréquente toujours son école à Manhattan, Harvey Oswald fréquente une école de Stanley dans le Dakota du Nord, ce dont se souviennent parfaitement les instituteurs et les élèves de sa classe.
Amstrong publie une multitude de preuves établissant que plus tard Lee Oswald fréquente une école, alors qu’au même moment Harvey Oswald est inscrit dans d’autres établissements.
La famille Oswald rejoint la Nouvelle-Orléans en janvier 1954. A quinze ans, Oswald s’engage dans une milice de préparation paramilitaire de la Nouvelle Orléans, la Civil Air Patrol (CAP).

Son instructeur est David Ferrie, agent de la CIA et futur membre de l’équipe camouflage, chargé d’évacuer par avion les tireurs après l’assassinat de Kennedy.
Oswald rejoint le corps des Marines le 24 octobre 1956 et fait ses classes à San Diego en Californie. ll est officiellement recruté par la CIA et l’ONI en 1957 [James Wilcott , A.J. Weberman]. Le 3 mai 1957, il obtient une autorisation (clearance) d’accès aux secrets de niveau « confidentiel ».
Son dossier CIA est référencé « Lee Henry Oswald 201 », la classification 201 signifiant qu’il est un agent contractuel et officiel [Victor Marchetti]. Il est ensuite envoyé comme radariste sur la base d’Atsugi au Japon.
Atsugi est une des deux bases d’où décollent les avions espions U2 survolant l’URSS. Elle abrite aussi le centre de la CIA en charge de toute l’Asie, le Joint Tactical Advisory Group.

A la connaissance de l’auteur, la première mission d’espionnage de Lee a lieu début septembre 1958 au bar le plus cher de Tokyo , le Queen Bee, réservé aux officiers et pilotes d’avions espions d’Atsugi.
Oswald y aura des relations sexuelles répétées avec une entraîneuse du bar, espionne du KGB, pour lui livrer de faux renseignements sur les activités ultra secrètes de la base. Cela lui vaudra une infection de l’urètre par gonorrhée [son dossier médical militaire].
A Atsugi, Lee côtoie deux autres agents de la CIA, sous les ordres du même officier traitant que lui [David Bucknell, Marck Lane]. Le premier, Gerry Patrick Hemming, crée le groupe paramilitaire d’extrême droite Interpen et commandera par radio les équipes camouflage protégeant les tireurs durant l’assassinat de Kennedy à Dallas.

Le second, Roscoe White, est un tueur de la CIA et un tireur d’élite de très haut niveau. Roscoe White est un des deux tireurs qui feront exploser la tête de Kennedy à Dallas.
Fait troublant, Roscoe White est physiquement un sosie presque parfait d’Oswald. L’auteur ne pense pas pour autant que White soit le Harvey « jumeau » de Lee découvert par Amstrong.
Oswald poursuit son service militaire sur la base d’El Toro en Californie, jusqu’en septembre 1959. Durant tout l’été 1959, la CIA et l’ONI envoient Oswald étudier le russe à la Monterey School of the Army (MSA) , rebaptisée depuis Defense Language.

Cette école militaire offre un apprentissage rapide des langues étrangères aux militaires et aux agents secrets. Oswald quitte brutalement l’armée le 11 septembre 1959, prétextant la santé déficiente de sa mère.
Mission spéciale en URSS
La CIA envoie Oswald en URSS dans le cadre d’un programme ultra-secret d’infiltration, impliquant une trentaine de jeunes américains pauvres et défavorisés [Victor Marchetti, Otto Otepka].
Onze d’entre-eux, membres de différentes agences (CIA, ONI, NSA), demandent l’immigration dans différents pays de l’est au prétexte qu’ils seraient devenus communistes par dégoût de l’Amérique. Ils ont pour mission de se faire recruter comme agent double ou agent du KGB.
Tous sont rentrés aux USA au bout de quelques années. Ce programme est créé et géré depuis la base CIA ultra secrète de Nag’s Head en Caroline du Nord. Oswald embarque à la Nouvelle-Orléans, sur le Marion Lykes, en direction du Havre où il débarque le 8 octobre 1959.

Il rejoint ensuite la Russie via Helsinki, le 16 octobre. Les Russes lui refusant un permis de séjour, Oswald se tranche les veines des deux poignets dans sa chambre d’hôtel de Moscou le 21 octobre 1959.
Il disparaît ensuite pendant un mois le 1er novembre 1959, quatre jours après sa sortie d’hôpital. A sa réapparition, Oswald n’a aucune cicatrice aux poignets, pourquoi ? Est-ce bien le même homme ?
En janvier 1960, le « transfuge » Oswald obtient un permis de séjour, un appartement cossu et un travail dans une usine d’électronique à Minsk.

En réalité Oswald fréquente l’Institut des langues étrangères de Minsk qui n’est qu’une couverture pour une des principales école d’espionnage du KGB. Le 17 mars 1961, Oswald rencontre Marina Nikolaevna Prusakova dans un bal ouvrier.
Ils se fiancent le 15 et se marient le 30 avril, ils auront une fille en février 1962. Marina est la nièce du colonel du KGB Ilya Vasilyevich Prusakov, lui-même un des directeurs de l’Institut des langues étrangères de Minsk…
Oswald rentre avec Marina aux USA le 13 juin 1962. Malgré sa soit-disante « trahison », Oswald ne sera jamais inquiété par les autorités et sa femme Marina obtient immédiatement un permis de séjour.

Le couple est pris en charge par Spas Raikin, officiellement un responsable de l’association Traveler’s Aid Society. En réalité Raikin travaille pour le FBI et la CIA.
Il est aussi secrétaire général du groupe fasciste, contrôlé par la CIA, American Friends of the Anti-Bolshevik Bloc of Nations proche des groupes anticastristes de la Nouvelle-Orléans.
En accord avec l’ONI et la CIA, Oswald est embauché comme informateur par le FBI avec un salaire mensuel de deux cent dollars [J. Lee Rankin, Will Hayden Griffin, William Walter, Waggonner Carr], en septembre 1962.
Ses contacts au FBI sont les agents fédéraux James Hosty et Warren de Brueys, son dossier FBI étant référencé S-179.
La famille Oswald s’installe à Dallas au Texas, début octobre 1962, où Oswald se lie d’amitié avec deux membres importants de la communauté russe blanche de Dallas.
Le premier, Paul Raigorodsky, est le président de la communauté russe de Dallas et fera partie du groupe réflexion qui « pensera » l’assassinat de Kennedy. Le second, Georges de Mohrenschildt, est un expert géomètre, ancien espion nazi et informateur occasionnel de la CIA.


Oswald obtient un poste de technicien photo au laboratoire Jaggars-Chiles- Stowall, Inc., spécialisé dans le traitement des photos de reconnaissance aérienne de l’armée ainsi que dans la réalisation de microfilms ou micro-points pour les services de renseignements [Dennis Oftein].
Le 12 mars, Oswald commande un fusil Carcano à la société Klein’s Sporting Goods de Chicago. Cette société est impliquée dans un trafic mafieux d’armes entre le Canada et les États-Unis.

C’est donc en mission pour le FBI qu’Oswald effectue cette commande, afin de comparer le numéro de série de son arme à ceux d’un stock saisi par le FBI. Il quitte son emploi le 6 avril 1963 et s’installe à la Nouvelle- Orléans le 24 avril, à la demande de David Ferrie.
Sa femme Marina et sa fille s’installent au domicile d’une amie, Ruth Payne, à Irving dans la banlieue de Dallas. Le sergent Robert Hiddel, officiellement militaire, en réalité agent traitant de la CIA, fait entrer Oswald à la William B. Reilly Coffee Company.
Tout en touchant son salaire, Oswald n’y mettra jamais les pieds. Il est à noter que le nom de Hiddel sera utilisé à plusieurs reprises par Richard Case Nagell, membre du groupe réflexion préparant l’assassinat de Kennedy, agent de la CIA et probablement agent double du KGB.
Richard Case Nagell avait fait la connaissance d’Oswald à la base d’Atsugi. De plus, Oswald possède de faux papiers au nom d’Alec Hidell. La William B. Reilly Coffee Company n’est qu’une société couverture de la CIA.
Reily, le patron de cette entreprise, finance le groupe d’extrême droite Crusade of Free Cuba Committee dépendant du Cuban Revolutionnary Council créé par la CIA.

Le Crusade of Free Cuba Committee est dirigé par Guy Bannister, ancien agent du FBI travaillant pour l’ONI et la CIA, fondateur de l’association anticastriste Friends of Democratic Cuba (FDC).
Oswald ouvre un bureau du Fair Play for Cuba Committee, association procastriste proche du parti communiste américain, dans un local situé en bas de l’immeuble abritant les bureaux de Guy Bannister et prêté par celui-ci.
Oswald en est le seul membre avec comme président un certain Alek Hiddel ! Sa mission consiste à infiltrer et identifier les éléments procastristes de la Nouvelle-Orléans.
Le 10 août 1963, Oswald est arrêté après une distribution de tracts pro communistes qui a dégénéré en bagarre. L’agent du FBI John Quigley vient immédiatement le faire libérer de prison.
Oswald rencontrera même ses agresseurs anti castristes, un peu plus tard, dans un débat télévisé. Il s’entraîne à cette époque dans le camp paramilitaire anti castriste de Lake Ponchartrain, financé par la CIA et dirigé par l’officier de la CIA John Sturgis qui commandera par radio les assassins de Kennedy à Dallas.

C’est dans ce camp que seront recrutés tous les hommes qui participeront à l’attentat de Dallas. C’est aussi durant cet été qu’il rencontre à plusieurs reprises, l’officier de la CIA et président de la chambre de commerce de la Nouvelle-Orléans, Clay Shaw.
Clay Shaw est l’homme qui dirige et organise l’ensemble de l’opération d’assassinat de Kennedy.
Oswald quitte la Nouvelle-Orléans pour Dallas à la fin du mois d’août 1963. À partir de ce moment là, Oswald reçoit ses ordres directement de l’officier supérieur de la CIA David Atlee Phillips, qu’il rencontre à plusieurs reprises.
David Atlee Phillips, pseudonyme Maurice Bishop, est l’ancien responsable des opérations cubaines de la CIA et le directeur de l’antenne de la CIA à Mexico.

C’est lui qui organise toutes les fausses apparitions d’un sosie d’Oswald, en l’occurrence Roscoe White, qui fera passer Oswald pour l’assassin de Kennedy. 
Dans l’une de ses provocations, Roscoe White, se faisant passer pour Oswald, dit en tirant sur une cible dans un stand de tir qu’il est en train de tirer sur Kennedy.
De même, Phillips ordonne le 27 septembre à Oswald de faire une demande de visa pour Cuba à l’ambassade américaine de Mexico, afin de mieux le compromettre plus tard.
Phillips fabrique aussi de fausses lettres envoyées de Cuba et adressées à Oswald. C’est aussi durant ce séjour au Mexique qu’Oswald va s’entraîner avec les futurs tueurs de Kennedy dans le ranch mexicain du milliardaire Hunt, l’un des principaux commanditaires de l’assassinat de Kennedy.
Le 7 octobre, Oswald loue une chambre meublée à Mary Bledsoe au 621 North Marsalis à Dallas. Le 10 octobre, à 23 h 30, Oswald a une violente altercation avec Jack Ruby dans son meublé dont il brise le mobilier [policiers White et Hargis].
Jack Ruby est un petit chef mafieux propriétaire d’un club de striptease de Dallas. Il assure le support logistique des tueurs de Kennedy et participe au groupe camouflage chargé d’effacer les preuves après l’attentat.



Expulsé de son meublé le 11 octobre, Oswald loue une chambre le 14 octobre à Earlene Roberts, dans le même quartier sur North Beckley, sous le pseudonyme d’0. H. Lee.
Le 15 octobre, Oswald est engagé comme magasinier au School Book Dépository (dépôt de livres scolaires) qui appartient au milliardaire D. H. Byrd, lui même un des décideurs du complot contre Kennedy.
Le 20 octobre, Marina donne naissance à une fille. En fin d’après-midi, le 21 novembre 1963, Oswald installe l’équipe action numéro deux au septième étage du School Book Dépository.
Elle passera la nuit là en attendant l’attentat du lendemain. Cette équipe comprend le tireur Eladio Del Vallee, l’observateur Hermino Diaz Garcia et le coordinateur de tir Malcolm E. Wallace.

Il s’agit d’une des quatre équipes qui tireront sur Kennedy. Oswald se rend ensuite à Irving voir une dernière fois sa femme et ses enfants, car il sait qu’il devra quitter le pays après l’attentat.
Il dépose dans la chambre de Marina son portefeuille, contenant 187 dollars, et son alliance. Dans le garage, il laisse sa carabine Carcano 6,5mm et son appareil photo espion Minox (numéro de série spéciale CIA, 27259) [Kurt Lohn].
22 novembre 1963: le coup d’état
A 7h20, Oswald monte dans la voiture de son collègue de travail Wesley Frazier, qui le véhicule tous les jours au Dépository. A 12h, ses collègues ayant déserté le sixième étage pour aller déjeuner, Oswald fait descendre l’équipe action du septième étage au sixième pour se préparer au tir.
Il rejoint ensuite le premier étage et bloque les ascenseurs, laissant l’escalier Est comme seul accès aux étages. Il s’installe ensuite dans la salle de repos du premier, ce qui lui permet de filtrer l’accès aux étages.
A 12h32, deux minutes après l’assassinat de Kennedy, le policier Marrion Baker et le directeur du Depository, Roy Truly, rencontrent Oswald sirotant un coca dans la salle de repos.
A 12h40, Jack Ruby remet un revolver à Oswald à la sortie du Depository [Evelyn Harris, lucy Lopez]. Oswald monte à 12h43 dans un Ford Nash Rambler blanc conduit par un cubain [Roger Craig, Phil Willis].
Oswald rejoint son meublé à 13h et le quitte à 13h04, après s’être changé. L’agent J. D. Tipitt, accompagné de Roscoe White, klaxonne deux fois avec sa voiture de patrouille, devant la chambre d’Oswald, à 13h02.
Tipitt se rend à 1500 mètres de là, sur tenth Street, où on lui a dit d’attendre Oswald [Ricky White]. Il est abattu par White, et Ruby qui l’a rejoint avec une Ford Falcon rouge (immatriculée « Texas PP 4537 »).
La carte d’identité d’Oswald est abandonnée à côté du corps, afin que la police tue Oswald plus tard pour venger leur collègue.
Oswald se rend au cinéma Texas theater, où il doit attendre Tipitt, censé l’amener à l’aéroport de Redbird où David Ferrie doit l’évacuer en avion [Geneva Tipitt].

A 13h35, dix-huit policiers envahissent le cinéma. Le policier Mac Donald maîtrise Oswald, sans le
tuer, bien que ce dernier ait sorti son arme.
Jusqu’au 24 novembre, Oswald sera interrogé et présenté à des témoins au siège de la police de
Dallas. Pendant douze heures, on ne lui notifiera pas qu’il est accusé de l’assassinat de Kennedy.
Oswald niera les meurtres de Tipitt et de Kennedy. Le 23 novembre, après qu’on lui ait refusé d’appeler son agent de sécurité à la CIA (numéro de tel. 919 833 1253), il crie à la presse : « je ne suis qu’un pigeon » !

Son agent de sécurité à la CIA est John David Hurt et habite Raleigh, à côté de la base CIA ultra secrète de Nag’s Head en Caroline du Nord.
La mort d’Oswald
Dimanche 24 novembre, Oswald doit être transféré en voiture à la prison de Dallas. Il est encadré par les agents Harrison et Miller, payés par Ruby pour s’écarter et immobiliser Oswald au bon moment.
A 11h21, alors qu’Oswald entre dans le parking souterrain du siège de la police de Dallas, Ruby sort de la foule des journalistes présents et tire sur Oswald, l’atteignant d’une balle dans le foie.

Le docteur Charles Crenshaw, qui tenta de réanimer Oswald au Parkland Memorial Hospital, révèle que c’est le massage cardiaque fait par les policiers qui a provoqué l’hémorragie fatale et non pas la seule blessure 
par balle. Oswald meurt à 13h07.


Il est inhumé dans le cimetière de Rose Hill à Fort Worth, le lundi 25 novembre à 15h. Fait étrange, les services secrets ont fait embaumer le corps d’Oswald et l’ont fait placer dans un cercueil étanche, afin qu’il puisse se conserver plusieurs siècles !
En 1979, l’avocat enquêteur britannique Michael Eddowes, soutenu par Marina Oswald, demande une nouvelle autopsie d’Oswald.
Sa demande est motivée par le fait que les services secrets britanniques pensent qu’Oswald fut capturé par les Russes en 1959 et remplacé par un agent du KGB lui ressemblant.
Déjà en novembre 1963, des agents du secret service disaient d’Oswald : « nous ne savons pas qui nous avons dans cette tombe » [Jim Marrs].
L’ordre d’exhumation est délivré le 20 août 1981.
Conclusion
4 octobre 1981, le corps d’Oswald est exhumé et autopsié au Baylor Médical Center de Dallas par le docteur Norton. Quoique, à la surprise des légistes, le corps embaumé d’Oswald ne soit plus qu’un squelette, la comparaison avec son dossier militaire leur permet de conclure qu’il s’agit bien de Lee Oswald.

Malheureusement, le crâne exhumé est intact alors qu’un os du crâne avait été retiré durant l’autopsie de 1963 [Paul Groody, Alan Baumgartner].
De plus le crâne possède toutes ses dents naturelles, alors qu’Oswald avait perdu une incisive supérieure dans une bagarre à l’âge de 15 ans.
Enfin le dossier médical militaire d’Oswald remis au docteur Norton est un faux , fait à la base d ‘El Toro alors qu’Oswald était encore au Japon !
Dans sa vie comme dans sa mort Oswald fut le jouet d’un pouvoir secret et impitoyable. Il mourut comme il avait vécu : sans comprendre ce qui lui arrivait…
Qui « étaient » vraiment Lee Harvey Oswald ?

Source : Jean-marc Roeder/Top Secret N°10

Le rêve caché d’Hitler !

 Le rêve caché d’Hitler : s’emparer des ultimes secrets de la franc-maçonnerie 


Une page de l’histoire de la seconde guerre mondiale est restée ignorée jusqu’à peu. Le régime de Vichy, dès le 17 septembre 1941, sous la signature du Maréchal Pétain, mandate l’Administrateur général de la Bibliothèque Nationale, Bernard Faÿ de “rechercher, de réunir, de conserver et d’éditer tous les documents maçonniques”.
Ce décret va déclencher, en lien avec l’autorité allemande, l’organisation d’une gigantesque opération portant le nom de code de Brabant et qui va aboutir au transfert par camions et trains entiers d’une grande partie des archives secrètes de la franc-maçonnerie française.

Destination première : Berlin. Objectif des services nazis : trouver la formule de la pierre philosophale, les 
rituels magiques de théurgie et les secrets des Hyperboréens.
La haine antimaçonnique de Vichy se traduit par la promulgation des lois du 13 août 1940 interdisant les “sociétés secrètes”.
Le terme de “sociétés secrètes” a été utilisé volontairement dans la création des lois pour dénigrer les loges maçonniques, ainsi que toute organisation initiatique pouvant constituer un contre pouvoir, comme par exemple la société Théosophique.
La position du Maréchal Pétain au regard de la franc-maçonnerie est nette. Alors qu’il préside le dernier gouvernement de la IIIème République, il oblige son vice-président Camille Chautemps à démissionner de l’institution maçonnique.
Ce dernier refuse et interroge le maréchal sur ses convictions à l’égard des loges. Philippe Pétain répond : “Je sais seulement que c’est une société dont tout le monde me dit qu’elle fait beaucoup de mal à mon pays”.
Plus tard il ajoute “Un juif n’est jamais responsable de ses origines ; un franc-maçon l’est toujours de ses choix”.
Affiche de propagande antimaçonnique et antisémite du gouvernement de Vichy
Le ton est donné ; antisémitisme et “antimaçonnisme” sont associés et deviennent un credo officiel de cette
époque trouble. Ce qui explique, pour partie, la discrétion qu’entretient toujours au XXIème siècle la franc-maçonnerie.
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Chronologie de la Franc-maçonnerie

– 24 juin 1717, naissance officielle de la maçonnerie moderne, avec la fondation de la Grande Loge de Londres.
 1723, James Anderson rédige le Livre des Constitutions, ouvrage de référence de la maçonnerie.
– 1738, naissance de la Première Grande Loge de France.
 1773, formation du Grand Orient de France.
– 1877, le Grand Orient de France supprime de sa Constitution l’obligation de croire en Dieu.
– 1893, création de la Fédération française du Droit Humain, d’obédience mixte.
– 1894, création de la Grande Loge de France.
– 1913, création de la Grande Loge Nationale Française.
– 13 août 1940, loi portant interdiction des associations secrètes.
– Novembre 1940, Bernard Faÿ, administrateur de la Bibliothèque nationale sous le gouvernement de Vichy, est chargé d’inventorier les archives maçonniques.
– 1952, création de la Grande Loge Féminine de France.
– 1973, création de la Grande Loge Mixte Universelle.
– 1983, création de la Grande Loge Mixte de France.
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Dès août 1940, la chasse aux franc-smaçons s’organise. Le ministre Pierre Pucheu décide de faire publier les noms des quatorze mille francs-maçons dans le Journal officiel. Quant aux fonctionnaires, ils doivent signer un document officiel dans lequel ils déclarent n’avoir jamais fait partie de la maçonnerie.
Des centaines de fonctionnaires doivent démissionner. La persécution n’est pas le seul fait de l’Etat français. Les allemands arrêtent, le 17 août 1940, le frère Gloton, directeur du journal maçonnique La chaîne d’union (qui existe toujours aujourd’hui). Il est retenu trois semaines à la prison de Fresnes.
Toutes ses archives sont saisies. Les locaux du Grand-Orient, rue Cadet sont occupés par le service des sociétés secrètes dirigé par Bernard Faÿ.
Les persécutions contre le système maçonnique ont été sanglantes. Entre 1940 et 1945 ce sont 560 membres du Grand Orient de France qui ont été fusillés ou déportés. Pour la Grande Loge de France on compte 177 victimes, là encore du seul fait de leur appartenance maçonnique.
Document historique : le décret de Pétain de 1941 qui organise la répression contre la franc-maçonnerie
Hitler, voyait dans la franc-maçonnerie un ennemi direct de la race aryenne et du nazisme. L’idéologue et philosophe du parti nazi, Alfred Rosenberg, était persuadé que les francs-maçons détenaient de vrais secrets occultes, magiques et théurgiques.
La pierre philosophale, ultime secret de longévité et pouvoir absolu des alchimistes du Moyen Âge avait été trouvée, pensait-il, dans les hauts grades initiatiques conférés par les francs-maçons. La mythologie de l’antique civilisation nordique de l’Hyperborée devenait ici réalité.
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Bernard Faÿ et le fichier des “60 000” : Itinéraire d’un agent français au service des nazis, dans la politique antimaçonnique

Bernard Faÿ soutient en 1924 une thèse de doctorat ès lettres sur L’Esprit révolutionnaire en France et aux États-Unis à la fin du XVIIIème siècle. Il est nommé chargé de cours à la faculté des lettres de Clermont-Ferrand avant de devenir professeur dans plusieurs universités.
Cette brillante carrière universitaire culmine avec sa nomination comme professeur de civilisation américaine au Collège de France, à moins de 40 ans (1932-1944). Durant les années 1930, il collabore régulièrement au journal d’extrême-droite La Gerbe.
Bernard Faÿ est nommé administrateur général de la Bibliothèque nationale le 6 août 1940 à la suite de la destitution par Vichy de Julien Cain qui est juif.
Il applique donc au sein de la BN les règlements édictés par le maréchal Pétain : saisie des bibliothèques des Français déchus de leur nationalité (Juifs, communistes…), refus des lecteurs juifs, suspension des personnels juifs, etc.
Pendant ce temps, Julien Cain, l’ancien “patron” de la BN, vit dans la clandestinité, avant d’être arrêté par les Allemands et déporté à Buchenwald.
Bernard Faÿ joue un rôle très important dans la politique antimaçonnique de Vichy. Ce monarchiste est en effet persuadé de l’existence d’un complot mené par la franc-maçonnerie, qui serait à l’origine de la Révolution française et influerait encore négativement sur la France, causant son abaissement tant sur le plan intérieur qu’extérieur. (Note de T-E : et encore aujourd’hui beaucoup d’auteurs le pensent, sans forcément toujours citer en premier la « franc-maçonnerie » mais ce qu’on appelle le mouvement global de « l’anti-France » à travers la république (maçonnique), la gauche politique… voir des auteurs comme Adrien Abauzit).
Il représente le courant contre-révolutionnaire qui se reconnaît dans le discours passéiste et rural de Vichy, qui s’appuie sur un prétendu déclin de la France. Il est nommé chef du Service des sociétés secrètes (SSS), chargé de classer les archives saisies dans les loges et de les utiliser pour des études et pour la propagande antimaçonnique.
Selon la propagande du régime de Vichy, les francs-maçons seraient l’une des causes de la défaite de 1940. D’après l’Action française, ils auraient participé à un “complot” réunissant “le juif, le protestant, le maçon et le métèque”.
Pour lutter contre ce qu’il nomme le “parasite monstrueux”, Bernard Faÿ publie pendant quatre ans une revue, Les Documents maçonniques, qui cherche à démontrer la désastreuse influence de la franc-maçonnerie sur la France, il fait tourner le film documentaire “Forces occultes”, organise des conférences et une grande exposition au Petit Palais en octobre-novembre 1941.
L’exposition maçonnique, au petit Palais pendant l’occupation, co-financée par les services allemands et ceux de Vichy pour dénoncer la F.M
Il entreprend surtout de répertorier tous les anciens francs-maçons dans un gigantesque fichier de près de 60 000 noms, qui sert notamment à exclure les anciens maçons de la fonction publique. À la Libération, le bilan humain s’élève à environ un millier de francs-maçons français assassinés par le régime de Vichy, soit exécutés, soit morts en déportation. Il est arrêté le 19 août 1944.
À la libération, les responsables des services antimaçonniques sont poursuivis devant les tribunaux
Comme de nombreux collaborateurs, il prétend n’avoir fait qu’obéir aux ordres qui lui étaient donnés et avoir même aidé à se cacher les employés juifs de la BN. Le tribunal le condamne aux travaux forcés à perpétuité, à la confiscation de ses biens et à l’indignité.
Alors qu’il est soigné à l’hôpital d’Angers en 1951, Bernard Faÿ parvient à s’échapper et à quitter la France pour trouver refuge en Suisse. Il est gracié en 1959 et meurt en 1978, sans avoir cessé de publier des études littéraires et historiques.
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La quête des mystères perdus

Le mysticisme nazi rassemble un ensemble de doctrines florissantes en Allemagne à l’époque du IIIème Reich et mêlant le pangermanisme et l’aryanisme à des doctrines ésotériques. Ces doctrines s’inspirent de théories développées en Allemagne à partir du début du XIXème.
Ce courant quasi-religieux consiste en fait en la combinaison du pangermanisme et racisme allemand avec l’occultisme, l’ésotérisme, la cryptohistoire, et le paranormal. Le nazisme ne se veut pas seulement une idéologie politique, mais aussi une vision globale du monde.
Ses racines plongent en effet pour une bonne part sur un ensemble de mythes raciaux et occultistes (mythes du Nouvel âge, ou de l’âge du verseau) développés à la fin du XIXème siècle et au début XXème siècle.
Il attribue généralement une signification religieuse à la personnalité d’Adolf Hitler et à sa doctrine. Le mysticisme nazi est un mouvement initiatique Völkisch qui plonge ses racines tant dans les doctrines de la Société Thulé et de la Société Théosophique que dans les idées d’Arthur de Gobineau.
Selon certains, Hitler lui-même semble avoir porté un certain intérêt pour l’occultisme nazi.
D’après les déclarations de Frantz Bardon (célèbre Hermétiste, né le 1er décembre 1909 à Katherein près d’Opava en République Tchèque. Il était un magicien de scène et professeur d’hermétisme), Adolf Hitler était membre d’une loge d’un ordre maçonnique de “la centurie d’or”, connue, en fait, comme la 99ème loge.
En ce qui concerne ces 99 loges, elles seraient disséminées dans le monde et chacune serait composée de 99 membres. Chaque loge serait autonome, calquée sur le modèle de la Golden Dawn, dont le mage britannique Aleister Crowley, au début du siècle dernier était l’instigateur.
Les membres des 99 loges seraient des dirigeants très influents dans l’économie et la finance et seraient aujourd’hui encore en activité. Ce sujet fut, durant l’année 2007, étudié très sérieusement au sein d’une loge maçonnique française de “perfection”, réservée aux maçons des Hauts Grades.
Le thème fit l’objet d’une planche et de débats. Les affirmations de Frantz Bardon ne furent pas remises en cause. Mais les historiens de la maçonnerie admettent que l’existence des 99 loges noires n’est pas prouvée à ce jour.
Franz Bardon affirma aussi qu’Hitler et l’ordre de Thulé ne furent qu’un instrument entre les mains d’un groupe de magiciens noirs tibétains.
Seul celui qui sait cela est en mesure de comprendre la phrase d’Hitler lors de son discours du 30 janvier 1945 : 
Ce n’est pas l’Asie centrale qui sortira victorieuse de cette guerre mais l’Europe et à la pointe de celle-ci la nation qui, depuis 1.500 ans, s’est révélée comme la puissance prédominante capable de représenter l’Europe contre l’Est et qui la représentera aussi dans l’avenir : je parle de notre grand Reich allemand, la nation allemande !
Ce qu’est devenu Hitler a suscité beaucoup de mythes. D’après les dires de Franz Bardon, Hitler se serait enfui en Amérique du Sud avec l’aide de la 99ème loge.
Il y eut aussi une autre société secrète qui annonça la venue d’un Messie aryen, la “Société Edelweiss”. Hermann Goering en était membre.
Hermann Goering (1893-1946)
Pour d’autres chercheurs, Hitler n’avait que mépris pour les occultistes et préférait l’activisme politique auprès des masses.
Cependant, les théories occultistes vont directement et fortement influencer le cercle intérieur des idéologues nazis. En particuliers, Heinrich Himmler et la SS, Alfred Rosenberg (le “philosophe” officiel du
nazisme), Rudolf Hess (dauphin d’Hitler avant sa fuite en 1941), Richard Walther Darré (théoricien du nazisme rural), sont connus pour s’être intéressés au mysticisme et au paranormal.
L’hitlérisme ésotérique est centré sur les mythologies “païennes” (Hindoue notamment) pré-chrétiennes supposément propres à des races données, et l’inclusion d’une figure mythifiée d’Adolf Hitler dans
l’écheveau de ces mythologies.
Des thèmes comme l’origine de la race aryenne, les Teutons en général, et les peuples Germaniques en particulier, ainsi que la présumée supériorité des soi-disants Aryens sur les autres races, et ce que ces derniers prétendaient au sujet de leurs racines, sont autant de concepts clés.
Diverses localisations, telles que l’Atlantide, Thulé, l’Hyperborée, Shambhala et d’autres sont suggérées comme le foyer de la société originelle des surhommes.

Les fondements mythologiques du nazisme

Une floraison de théories et organisations mêlant occultisme et racisme germanique “aryen” ont préparé la voie au nazisme au début du XXème siècle. Les théories développées seront au coeur de l’idéologie nazie, en particuliers chez Alfred Rosenberg (le « philosophe » du parti) et Himmler et la SS.
L’armanisme est une théorie développée par le pangermaniste Guido List, dit “Guido von Liste” (1848-1919), écrivain occultiste (à partir de 1902) soutenu par les théosophes viennois, qui réalise pour la première fois la fusion de l’occultisme et de l’idéologie pangermaniste.
Guido von List (1848-1919)
Les théosophes apportent en particulier l’idée de la succession de 5 races dans l’histoire mondiale : races astrales, hyberboréenne (ayant vécue aux pôles et disparue), lémurienne (ayant vécue sur une île disparue dans l’Océan indien), atlante et aryenne.
Des traditions racontent qu’Helena Blavatsky, fondatrice de la théosophie en 1875, aurait été initiée en Gobi par l’élite sacerdotale cachée d’anciennes races (la SS enverra plus tard une mission à leur recherche en Gobi).
L’armanisme postule que l’Allemagne antique était une civilisation supérieure dont la religion originelle, comprenant renaissance et déterminisme karmiques, s’exprimait sous deux formes : une forme exotérique (accessible à tous) qui était le wotanisme et une forme ésotérique (réservée à des initiés) qui était l’armanisme.
Les “Armanen” étaient, dans cette théorie, un légendaire groupe de prêtres-rois de l’ancienne nation ario-germanique, adorateurs du dieu-soleil.
La romanisation et la christianisation de l’Allemagne (par Charlemagne en particulier) aurait obligé l’armanisme à se cacher pour se perpétuer à travers des organisations (guildes, sainte-Vehme, templiers, rose-croix et franc-maçonnerie…), textes et légendes ( Graal..), symboles architecturaux et héraldiques, etc.
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La franc-maçonnerie dans l’appareil politique français sous Vichy

Entre les deux guerres mondiales, la franc-maçonnerie française occupe une place majeure dans l’appareil politique de la République et s’implique fortement dans ses combats. Elle sera donc particulièrement touchée lorsque la République s’effondrera face aux troupes allemandes en 1940.
Le régime de Vichy et l’occupant allemand s’unissent pour organiser dès octobre 1940 une importante exposition antimaçonnique qui circulera dans toute la France.
Le thème général affirme l’existence d’un complot de l’anti-France, qui aurait été responsable de l’effondrement du pays, et qui aurait été organisé, selon les thèses de l’Action française, par “le juif, le protestant, le maçon et le métèque”.
Un service des sociétés secrètes est organisé en 1941. Il étudie les archives confisquées et publie une revue “Les documents maçonniques” qui voit dans la franc-maçonnerie l’une des causes principales de la défaite.
Une loi de 1941 applique le “statut des juifs” aux francs-maçons. Le film antimaçonnique “Forces occultes” est réalisé et projeté à Paris en 1943.
À la Libération, environ un millier de francs-maçons français ont été déportés ou tués, la plupart pour leurs activités de résistance ou à cause de leurs origines juives. Les temples ont été pillés, les archives confisquées.
La collection de la revue Documents Maçonniques, organe clef de la propagande contre la franc-maçonnerie en France sous l’Occupation
Lorsque les loges se relèvent, des comités d’épuration se mettent en place. Au total, le nombre de francs-maçons actifs a diminué des deux tiers.
La franc-maçonnerie française mettra vingt ans à retrouver ses effectifs d’avant-guerre et ne retrouvera jamais l’influence politique et sociale qu’elle eut sous le Premier Empire, à la suite de la révolution de 1848 et sous la Troisième République, préférant désormais se tourner davantage vers la réflexion philosophique, voire spirituelle.
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L’Ordre de Thulé

La Société Thulé ou l’ordre de Thulé (en allemand Thule-Gesellschaft) a été une société secrète allemande de Munich, qui à l’origine était un groupe d’études ethnologiques s’intéressant tout spécialement à l’Antiquité germanique.
Elle tire son nom de Thulé, partie la plus septentrionale d’Europe et lieu mythique pour les anciens Grecs et Romains. Le nom de Thulé figure notamment dans l’Enéide du poète romain Virgile, et il est généralement admis que l’Ultima Thulé des anciens Grecs désignait les terres les plus au nord et tout particulièrement la Scandinavie.
L’emblème de la loge de Thulé, “Thule gesellschaft emblem”
Certains membres de ce groupe pensaient que Thulé était ce qui subsistait d’un continent aujourd’hui disparu, appelé Hyperborée, et que ce continent était le berceau de la race aryenne.
Au départ, Thulé n’était qu’une société de recherches ethnographiques. Sous la direction du professeur Félix Niedner, elle édita, à partir de 1912, une compilation en vingt quatre volumes : “Altnordische Dichtung und Prosa (Prose et poésie de l’Antiquité nordique)“.
La guerre de 1914-18 dispersa ses collaborateurs. Un grand nombre en furent victimes. La paix revenue, le groupe se reforma, mais prit une orientation nouvelle sous l’influence de l’écrivain et professeur d’histoire Paul Rohrbach, qui a publié de nombreux ouvrages relatifs à l’Asie et au pangermanisme.
Ce fut aussi Paul Rohrbach qui introduisit le Dr Karl Haushofer dans le groupe Thulé et qui finalement lui en confia la direction. Un autre membre influant fut Dietrich Eckart, lequel y introduisit Alfred Rosenberg.
Karl Haushofer (1869-1946)
Jusque-là le groupe Thulé n’était qu’une sorte d’académie dilettante. La Société Thulé, a été (re)créée par le baron Rudolf von Sebottendorff le 17 août 1918. Diffusée à Munich, l’idéologie de cette société prônait l’antisémitisme, l’antirépublicanisme, le paganisme et le racisme.
Son symbole, la croix de Wotan, n’est pas sans rappeler la croix gammée. Vers 1923, Rudolf Hess, revenu à Munich, devient l’un des animateurs de l’Ordre de Thulé, dont Hermann Göring est l’un des membres les plus célèbres.
L’étrange voyage de Hess, considéré alors comme le dauphin de Hitler, vers le Royaume-Uni en 1941, expédition par laquelle il voulait négocier une paix séparée et qui a abouti à son incarcération, aurait selon certains un rapport avec son appartenance à la Société Thulé et aux desseins de cette organisation à ce moment de la guerre.
Haushofer et Hess
Avec la croissance du NSDAP, le déclin de la société Thulé s’explique très bien. Sa fin définitive, tout comme la fin de l’Ordre des Germains lui-même, eut lieu plus tard lors du décret de 1937, qui interdisait toutes les loges franc-maçonnes et toutes les organisations apparentées aux loges. Quant à Sebottendorff, il se serait suicidé en se jetant dans le Bosphore en 1945.
La Société de Thulé est composée de corps armés, qu’on appelle Freikorps et Kampfbund. Hitler devient membre de la société en 1920 ; ses débuts en politique ont été soutenus par cette société.
L’idéologie de l’Ordre était fondée sur la croyance en l’existence de surhommes et d’une race humaine supérieure : les Aryens qui aurait vu le jour dans l’hypothétique Hyperborée. Cette société reprend la thèse qui dit que les Juifs sont sur la Terre pour y créer l’enfer.
L’idéologie professée par la société Thulé s’inspire d’un corpus d’éléments ésotériques et mystiques puisés dans l’Ariosophie de Guido von List, chez Jorg Lanz von Liebenfels, Rudolf von Sebottendorff, Helena Petrovna Blavatsky, Arthur de Gobineau, et des théories aryano-centristes de certains archéologues allemands.
Selon plusieurs auteurs grecs et latins, il aurait existé dans des temps très reculés un continent situé à l’Extrême-Nord, qu’ils appelaient Hyperborée (Ultima Thulé), lequel aurait été peuplé d’hommes transparents.
Ceux-ci, en s’alliant aux autres hommes, auraient donné naissance à des êtres humains de plus en plus opaques, mais leurs descendants auraient néanmoins conservé leurs facultés, supérieures à celles des humains ordinaires.
D’autres mythologies reprennent ces mêmes caractéristiques à propos de l’Atlantide. L’écrivain Jean Mabire reprend les thèses “hyperboréennes” dans Ultima Thulé, tentative personnelle de redécouvrir l’idéologie de la société Thulé.
Personne ne connaît exactement la liste complète des membres, ce qui a amené certains auteurs à échafauder des théories diverses sur l’adhésion de personnalités à une “section secrète” de la société Thulé.
Des auteurs comme Werner Gerson dans l’ouvrage cité ci-après, Jacques Bergier dans “Le Matin des Magiciens”, et Trevor Ravenscroft dans “La Lance du Destin”, rapportent que les membres de Thulé, considéraient Steiner et ses disciples comme leurs pires ennemis.
Steiner a été Secrétaire général de la section allemande de la Société théosophique, avant la fondation de la Société Thulé. Comme certains membres de la Société Thulé auraient aussi été membres de la Société théosophique, l’amalgame était facile. René Alleau affirme avoir découvert en Allemagne la liste supposée des membres de la Société Thulé, publiée en 1933 par R. Von Sebottendorff, laquelle comprend 226 noms, mais pas celui de Rudolf Steiner.
Dans sa liste, Von Sebottendorff ne mentionne pas Hitler comme membre de la Société Thulé, mais écrit en 1933, qu’il fut “l’hôte de la Thulé”.
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Un film clef : “Forces occultes”

Forces occultes” est un film français de Paul Riche (pseudonyme de Jean Mamy), sorti le 9 mars 1943. Il s’agit du dernier film de ce réalisateur, un moyen métrage de propagande antimaçonnique qui, dans l’esprit du Régime de Vichy, consiste en une dénonciation virulente de la franc-maçonnerie, du parlementarisme et des juifs.
Ce film cherchait à accréditer la thèse d’un prétendu complot judéo-maçonnique ; il avait été commandé en 1942 par la Propaganda Abteilung, délégation du ministère de la Propagande du IIIe Reich dans la France occupée.
Forces occultes” fut diffusé dans les grandes salles de cinéma des principales villes de France, bénéficiant d’une grosse publicité dans la presse écrite de l’époque, sous forme d’encarts publicitaires.
L’affiche du film “Forces Occultes”. Ce documentaire produit en France pendant l’Occupation dévoile les secrets du rituel d’initiation maçonnique. Il fut tourné dans les locaux du Grand Orient de France durant la guerre
Le film bénéficia d’un financement allemand et fut tourné en décors réels (Assemblée nationale, locaux et temples maçonniques du Grand Orient de France à Paris). L’ensemble de ce qui est montré à l’image correspond à de vraies cérémonies maçonniques, interprétées par des acteurs. L’ensemble est montré sous un angle caricatural.
Malgré tous les moyens mis en oeuvre le film ne remporta pas le succès attendu par ses producteurs et les services allemands. Le film raconte la vie d’un jeune député qui se joint aux francs-maçons afin de relancer sa carrière. Il constate alors que les francs-maçons conspirent avec les Juifs pour encourager la France dans une guerre contre l’Allemagne.
En 1942 plusieurs expositions antimaçonniques sont organisées en France, dans les temples. Ici à Lyon, dans les locaux du Grand Orient de France. De macabres mises en scène sont organisées.
À la Libération, Jean Marquès-Rivière, Robert Muzard et Jean Mamy furent condamnés pour collaboration avec l’ennemi. Le 25 novembre 1945, Muzard fut condamné à trois ans de prison ; Marquès-Rivière, qui s’était exilé, fut condamné à mort et à la dégradation nationale.
Jean Mamy -qui avait également été journaliste à L’Appel de Pierre Constantini (leader de la Ligue française d’épuration, d’entraide sociale et de collaboration européenne) et au journal collaborationniste “Au pilori” – fut condamné à mort et exécuté à la forteresse de Montrouge le 29 mars 1949.
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Le Soleil Noir et la Wewelsburg

Le fondateur de l’hitlérisme ésotérique, Heinrich Himmler, était fasciné plus que n’importe quel autre officiel du Troisième Reich par le mystère et le paranormal.
Himmler a prétendu s’être considéré lui-même comme le successeur spirituel ou même la réincarnation de Heinrich (ou Henri) Ier dit l’Oiseleur, duc de Saxe et roi germanique au Xème siècle. Il mit au point des rites SS en l’honneur du vieux roi et rapporta les ossements de ce dernier dans la crypte de la cathédrale de Quedlinburg.
Himmler eut même ses quartiers personnels aménagés au château de Wewelsburg, décoré en l’honneur de celui-ci. Le Soleil noir est un symbole de la forme d’une roue solaire. Le symbole comprend trois croix gammées étroitement enlacées ou douze runes de la victoire inversées et est aujourd’hui visible surtout dans les mouvements néonazis ainsi que dans le contexte néo-païen.
Le signe du Soleil Noir a été redessiné par les troupes noires de la SS, sous forme d’un ornement au sol en marbre de l’ancien “Obergruppenführersaal” (salle des généraux) de la tour du nord du château de la Wewelsburg.
Ce château médiéval, restauré dès 1934 est basé en Westphalie en Allemagne. La Wewelsburg a été pensé par Heinrich Himmler en vue d’un faire un centre de recherche sur la religion raciale, dans le contexte de la montée idéologique de la SS.
Le château de Wewelsburg
La tour du nord aurait été, selon les architectes de l’époque, le “centre du monde”. Le plan global du château s’inscrit dans une forme triangulaire.
Himmler, qui se présentait comme le Grand Maître de la SS, appréhendé selon lui comme une résurgence d’un ordre de chevalerie moderne au service du Troisième Reich, voulait faire de la Wewelsburg le centre initiatique des troupes d’élite d’Hitler.
Des cours pour les officiers sur la mythologie, l’archéologie et l’art étaient enseignés à la Wewelsburg.
Depuis 1936, Himmler voulait un centre idéologique et représentatif. Le « Reichsarbeitsdienst » (Service du travail du Reich) effectue alors les modifications du château. Entre 1939 et 1943, des prisonniers des camps de concentration de Sachsenhausen et Niederhagen se chargent des travaux de construction.
Selon les plans délirant de Himmler, le château devait être le “centre du monde nouveau” à la suite de la “victoire finale”.
Deux chambres ont été construites dans la tour nord du château. Les chambres peuvent encore être visitées aujourd’hui. Les officiers SS y subissaient différentes initiations. Au premier étage se trouve la salle des généraux, au sous-sol une pièce pour la prière des morts.
Himmler y organisait des réunions dans le style des chevaliers du Roi Arthur, autour d’une table ronde. De nos jours se trouvent dans le château une auberge de jeunesse et un musée. “Fonctionnaire de la mort”, Heinrich Himmler est avant tout un bureaucrate soucieux du détail.
À la différence des SA, Himmler choisit selon lui « l’élite en uniforme noir qui allait réincarner le vieil ordre des Chevaliers teutoniques”.
En tant que Grand maître de ce nouvel ordre, il institue des critères rigoureux pour les nouvelles entrées dans la SS. L’une de ces unités, la garde spéciale du Führer, se compose jusqu’en 1937 de jeunes hommes, blonds, aux yeux bleus dont la taille requise est au minimum de 1m80.
En 1931, Himmler légifère une règle de mariage spéciale pour les SS interdisant à un homme de prendre une femme si celle-ci ne peut justifier de la pureté de ses origines aryennes au cours des deux siècles précédents.
Le dessein du Reichsführer-SS est clair : avec l’institution du mariage SS, il veut être le bâtisseur d’un vaste empire germano-nordique de l’Atlantique à l’Oural dans lequel le sort des “races inférieures” voisines appartient à la “race des Seigneurs”.
Heinrich Himmler veut réécrire l’Histoire. Le 2 juillet 1936, dans la collégiale de Wewelsburg il célèbre le millième anniversaire de la mort de son héros le roi germanique Heinrich Ier, Henri l’Oiseleur. Il dépose une gerbe et des rameaux de chêne sur le tombeau du souverain et énonce un discours en juillet 1936 :
Ici où vivent depuis toujours ceux de notre sang, dans cette magnifique maison de Dieu, née d’un sûr sentiment germanique, sera un lieu de culte où les Allemands iront en pèlerinage (…) L’Homme après mille ans a repris avec une grandeur inouïe l’héritage humain et politique du roi Henri, notre Führer Adolf Hitler, nous le servions fidèlement de nos paroles, de nos pensées et nos actes, pour l’Allemagne et pour la Germanie”.
Dans cette même perspective de réécriture de l’Histoire, il déclare le 7 avril 1942 devant les officiers supérieurs et les chefs de service de la Schutzstaffel – les SS :
Tout ce que nous faisons doit être justifié par rapport à nos ancêtres. Si nous ne retrouvons pas cette attache morale, la plus profonde et la meilleure parce que la plus naturelle, nous ne serons pas capables à ce niveau de vaincre le christianisme et de constituer ce Reich germanique qui sera une bénédiction pour la terre entière.  Depuis des millénaires, c’est le devoir de la race blonde que de dominer la terre et de toujours lui apporter bonheur et civilisation”.
De nombreuses expéditions sont alors lancées à travers le monde pour :
– trouver les preuves « irréfutables » de la race aryenne partout dans le monde, des expéditions sont financées en direction du Tibet, dans les Andes, au Moyen-Orient,
Sous la swastika, encadrée du sigle SS, les membres de l’expédition au Tibet de 1938-1939, recevant les dignitaires tibétains et le représentant de la Chine à Lhassa
– retrouver le Saint-Graal, recherché principalement aux alentours de Montségur et de Montserrat en Catalogne,
– étudier des rites païens préchrétiens de la race aryenne.
Cela concernait le culte des équinoxes, de la moisson, les différentes croyances de sorcellerie pratiquées. Himmler a également mis en application un vaste programme d’eugénisme, le programme Lebensborn (source de vie).
Sous cette appellation se cache une entreprise de reproduction à grande échelle destinée exclusivement aux SS, qui sont censés représenter la pureté raciale aryenne.
Certains historiens avancent que durant la guerre, plus de 400 000 enfants, en Pologne, furent déportés vers des instituts Lebensborn à partir de critères raciaux. La Norvège et la Belgique avaient également leurs Lebensborn.

Les rites de l’Ordre Noir

L’Ahnenerbe, branche d’études “scientifiques” des SS, aussi appelée par certains le Bureau occulte nazi, avait pour vocation l’étude et la conservation de l’héritage ancestral.
Il était originellement consacré à la recherche de preuves de la supériorité de la race aryenne, mais elle fut aussi versée dans des pratiques occultes. Fondée en 1935 par Himmler, les buts poursuivis par l’Ahnenerbe furent notamment la quête de lieux et d’objets mythiques comme l’Atlantide et le Graal.
Sigle de l’Ahnenerbe
Des expéditions au Tibet, au Népal, en Grèce, en Arctique, et en Nouvelle Souabe (Antarctique) furent organisées à la recherche de la mythique nation “Aryenne” d’Hyperborée, dont la capitale, Ultima Thule, avait supposément été érigée par les ancêtres “extraterrestres” des “races aryennes” en provenance du système solaire d’Aldébaran.
De pareilles expéditions furent organisées à la recherche d’objets semi-mythiques censés conférer la puissance ou des pouvoirs spéciaux à leur détenteur, comme le Graal (que l’on retrouve dans le troisième volet des “Indiana Jones”, et la Sainte Lance de Longinus (soldat romain qui perça le flan du Christ avec sa lance).
Le film “Hell Boy” montre l’ampleur de ce que pouvait être l’activité occulte des nazis. Quoi qu’il en soit, c’est dans cette logique mystique, et dans cet espoir fou de s’emparer du pouvoir alchimique absolu que les loges maçonniques furent pillées par les nazis à travers l’Europe.

Les francs-maçons face à l’occupation

Les maçons ne restèrent pas passifs face à l’ennemi. Plusieurs d’entres eux fondèrent Patriam Recuperare, un réseau de résistance composé pour partie de frères et soeurs maçons issus de toutes obédiences.
Cependant, à l’image de tous les Français, les francs-maçons furent loin de manifester une résistance sans faille au régime de Vichy. Le cas de Charles Riandey en est l’exemple. Cet ancien Grand Commandeur du Suprême Conseil se fit remarquer par un antisémitisme outrancier.
En effet, arrêté par la police en raison de son engagement maçonnique, il déclara à l’inspecteur Moerschel :
J’ai combattu, avec beaucoup d’autres, au prix de pénibles épreuves, l’envahissement de la maçonnerie par les juifs (sic)“.
Son engagement dans la Résistance (en 1943) lui évita d’être radié de la Grande Loge de France. Cette anecdote démontre que la franc-maçonnerie est loin d’être infaillible.
Aussi l’épuration de la maçonnerie fut pratiquée dès 1944. Le journal maçonnique “La chaîne d’union” manifeste son soutien à une politique d’épuration dès la Libération :
Certains frères, par lâcheté, par intérêt, ont démérité ; il faut les éliminer. Il faut procéder au grand nettoyage. Nettoyage matériel de nos temples, mais surtout nettoyage spirituel”.
La raison fraternelle perd ici, à cette époque, les limites de l’humanisme. De fait, le nettoyage a bien lieu. Les “collabos” sont chassés de l’ordre et les frères doivent se plier à une enquête sur leurs activités durant la guerre.
Pierre Mendès-France fut choqué d’être soumis à un tel interrogatoire alors que son passé de résistant était connu, il quitta sa loge. À contrario certains collaborateurs réussirent à passer entre les mailles du filet et à se faire oublier.
La persécution de la franc-maçonnerie n’est pas qu’une affaire franco-française. Les occupants allemands ont piloté en fait toute l’opération en sous-main. On sait qu’Hitler, comme Pétain, voyait dans les rouages de la maçonnerie une menace.
Tous deux avaient développé une haine sans limite contre les “enfants de la veuve” (nom donné aux
maçons), qu’ils associaient au complot judéo-maçonnique. Complot qui n’a jamais existé et qui au XXIème siècle continue à être un mythe sans cesse renouvelé.
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Les symboles et mystères de la franc-maçonnerie

La franc-maçonnerie possède un ensemble de symboles qui constitue un code et un enseignement crypté, connu de l’initié. Voici quelques-uns de ces symboles secrets, avec leur signification cachée :
– l’’équerre, qui réunit l’horizontal et le perpendiculaire, à l’image d’un discours, parfaitement ordonné, elle représente la droiture, la matière.
– le compas, qui évoque la prudence, la justice et la tempérance et symbolise l’esprit et son emprise sur la matière.
C’est l’ouverture de l’esprit, le signe de la souplesse et des enseignements que l’être peut recevoir.
– la truelle représente l’achèvement du travail.
– le triangle, qui renvoie à la fois à la trinité chrétienne, au compas et à l’équerre et à la devise Liberté, Egalité, Fraternité.
– l’étoile pour vaincre l’obscurité et l’obscurantisme, le mal et l’ignorance, et qui participe à l’équilibre cosmique.
Le symbole du travail.
– le chiffre trois, la somme des deux premiers nombres. Après le un, il est le premier nombre insécable.
Si un, l’unité, est Dieu, si deux est la matière, trois est la matière organisée. Le trois signifie donc l’équilibre physique, moral, intellectuel ou cosmique. Le trois est le nombre de l’apprenti : trois ans, trois pas, trois marches de l’escalier.
– le chiffre cinq : Le cinq, au milieu des neuf premiers nombres, est considéré par les pythagoriciens comme un signe d’union. Il est le nombre nuptial, symbole du mariage de la terre et du ciel. Il est le nombre de l’équilibre, de l’harmonie.
– le chiffre sept : si le quatre symbolise la terre et le trois correspond au ciel, sept est le nombre de l’univers, les couleurs de l’arc-en-ciel, les jours de la semaine, les notes de musique. Une loge primordiale est constituée de sept Maîtres maçons.
Le secret, ou plutôt le retrait, dans lequel opère la franc-maçonnerie est également évoqué très tôt à l’initié maçon :
Le secret maçonnique s’explique par la nécessité de garder aux travaux la discrétion indispensable à leur poursuite sereine à l’abri de l’agitation du monde, il traduit aussi l’impossibilité d’expliquer à l’extérieur une réalité incompréhensible au profane”.
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La prise des sièges maçonniques parisiens

Le 14 juin 1940, quelques heures à peine après le défilé des troupes de la Wehrmacht sur les Champs-Elysées, des commandos spéciaux du Reich se précipitent au siège du Grand Orient de France, première obédience maçonnique française, rue Cadet à Paris.
Des scellés sont apposés le jour même sur les portes du Grand Orient. Peu de temps après la Wehrmacht force les portes de la Grande Loge de France, rue Puteaux et s’empare d’un grand nombre de documents.
Dès le 26 juin la police secrète allemande de campagne, Geheime Feldpolizei, confisque les archives et le matériel de l’ensemble des loges.
Le 1er juillet c’est la Gestapo qui intervient sous les ordres d’Alfred Rosenberg, l’idéologue du parti nazi. Elle câble à Berlin, auprès de Martin Bormann, le secrétaire particulier d’Hitler, le message suivant :
D’immenses trésors ont été découverts dans les loges parisiennes du Grand Orient et de la Grande Loge”.
Rosenberg est un passionné d’occultisme. On peut imaginer que les trésors évoqués, ont un lien direct avec l’occulte. On est loin ici des persécutions initiées par Vichy, qui voulait simplement établir au grand jour les listes des maçons, afin de neutraliser le réseau d’influence qu’ils constituaient.
Alfred Rosenberg (1893-1946)
La Wehrmacht dans un premier temps, vite relayée par les SS, cherche autre chose. Hitler, porté également sur le mystère et l’occulte, ordonne la saisie des biens maçonniques dans toute l’Europe occupée.
Le 30 juillet Otto Abetz, futur responsable de l’ambassade du Reich à Paris, rédige un projet, soumis à Pétain, d’interdiction de la franc-maçonnerie. Le paradoxe c’est qu’apparemment Otto Abetz était lui-même maçon.
C’est le secrétaire général de la Mairie du 18ème arrondissement de Paris, le Frère Riandey, qui répond lors d’un interrogatoire par les SS :
Otto Abetz est maçon, il fréquentait avant guerre la loge Goethe à la Grande Loge de France”.
Vichy se borne à exclure de la fonction publique les maçons identifiés et à publier leurs noms, grade maçonnique et loge de rattachement.
L’état major allemand évacue vers Berlin les documents et biens des loges, en direction d’une forteresse tenue par les troupes de Goering.

Le service des sociétés secrètes

Les nazis aident Vichy à organiser la disparition des sociétés secrètes. Une importante logistique se met en place :
– Le service des sociétés secrètes dirigé par Bernard Faÿ est logé dans les locaux du Grand Orient de France rue Cadet. Il partage les lieux avec le SD, contre-espionnage allemand. Le service des sociétés secrètes dépend du Cabinet de Pétain.
– Le service des associations dissoutes est dirigé par le Commissaire Moerschel de la Préfecture de Police. Son objectif : perquisitionner, arrêter et interroger les maçons. Les interrogatoires sont supervisés par un membre du SD.
– Le service des recherches est décentralisé en douze régions administratives. Objectif: surveillance des francs-maçons en province.
– Le centre de documentation est installé dans les locaux de la Grande Loge de France, dirigé par Henry Coston.
Il publie une série de documents antimaçonniques très virulents, à destination du public, sous forme d’opuscules aux titres édifiants :
Dans les coulisses de la république, Ministres, Préfets et policiers agents d’exécution de la dictature maçonnique”, “Responsabilité de la guerre 1939-40, des juifs aux francs-maçons”, “Du sang sur la cité, les complicités judéo-maçonniques dans la révolution rouge d’Espagne” ou encore “La fausse éducation nationale, l’emprise judéo-maçonnique sur l’école française”.
– Le service de renseignement, rue Grefhule est dirigé par Jean Marquès-Rivière, auteur de livres dès 1941 qui ont fait date : “La trahison spirituelle de la F :. M :.” ou “Les rituels secrets de la Franc-maçonnerie d’après les archives du Grand Orient et de la Grande Loge de France”.
Marquès-Rivière a en charge la propagande antimaçonnique, sous le contrôle direct du Reich allemand. C’est l’organe central de la répression contre la franc-maçonnerie. Il organise conférences, expositions et surtout planifie l’arrestation et la déportation des francs-maçons français.
En parallèle à cet ensemble de services français, destinés à anéantir la franc-maçonnerie, les nazis doublent le système en créant leur propre administration allemande, sous contrôle direct du haut commandement de la SS :
– Le SD, service du contre espionnage aux questions maçonniques pour la Belgique,
– Le SD pour les questions maçonniques pour la France,
– Les Services spéciaux antimaçonniques au sein de l’Ambassade d’Allemagne à Paris,
– La Feldpolizei, commandos spéciaux d’Alfred Rosenberg.
Quelques loges maçonniques en province ont le temps de cacher leurs archives, voire de les détruire. Mais globalement les nazis pillent systématiquement le patrimoine maçonnique français et européen.
La police allemande investit les locaux de la Grande Loge de France à Paris, dès 1941. Elle force les portes et transfère ses archives vers l’Allemagne
L’ensemble part aussitôt pour Berlin, après avoir été stocké dans les locaux parisiens de la Société Théosophique, proche du pont de l’Alma, réquisitionnés également par l’occupant.
Les archives maçonniques (rituels, décors, travaux de loges – les planches -, objets divers pour les passages de grades…) sont mis en caisses et prennent soit la route, soit le rail. Nous sommes en 1940.
Ces archives sont repliées sur Berlin. En 1943, alors que la capitale du Reich commence à être bombardée, certains documents sensibles ou apparaissant comme plus précieux que les autres sont évacués par les nazis, vers l’école supérieur de Francfort, dans un institut des questions juives, comportant une aile affectée aux affaires maçonniques.
L’évacuation de Berlin conduit encore des documents d’archives vers la Pologne dans un château isolé à l’Est de la Silésie, ainsi qu’à Ratibor ou dans les mines de sel en territoire Sudètes.
Dès 1945, à travers les procès, le public prend connaissance de l’existence et des exactions du service des sociétés secrètes
On sait que Himmler, Reichführer des troupes noires de la SS, supervisait également ces opérations. Son but : trouver un secret qui aurait permis aux nazis d’anéantir toute l’Europe et d’installer, comme le souhaitait Hitler, un Reich de 1 000 ans !
Himmler constituait une bibliothèque hermétique, spécialisée dans la chevalerie, l’ésotérisme, la magie, les runes, les théories de la terre creuse, la mythologie…
Cette documentation était précieusement conservée dans son château féodal de la Wewelsburg en Allemagne. Cette citadelle, de forme triangulaire, était en fait le centre initiatique de la SS, dont Himmler était “le grand maître”.
Les officiers de la garde rapprochée d’Hitler y subissaient leur initiation, passant par plusieurs salles dont les noms étaient en lien avec la légende arthurienne !
Les épreuves subies avaient pour vocation de tester leur endurance physique et psychologique et de provoquer un certain éveil de la conscience. Ces rites s’apparentent, par transposition, à certaines parties d’anciens rituels maçonniques.

Les nazis cherchent à Lyon l’ultime secret des francs-maçons

E Guimel et T. Dalet, dans leur roman “Le chevalier Coën et le mystère de la parole perdue” rapporte une scène surréaliste qui se déroule entre Heinrich Himmler et plusieurs officiers SS, lors d’une réunion secrète en Westphalie le 21 juin 1939 :
Reichführer je sais que la parole perdue (l’ultime secret de la franc-maçonnerie – ndlr -) est mentionné dans les deux ouvrages des Arcana Arcanorum ; il s’agit d’un système d’enseignement théurgique ; grâce à leurs invocations les dirigeants de la franc-maçonnerie égyptienne de Memphis-Misraïm mobilisent les plus puissants des esprits célestes.
La totalité des Arcana Arcanorum est regroupée au sein de sources livresques qui contiennent la parole perdue. Les quatre rituels originaux de Cagliostro se trouvent toujours dans la loge maçonnique lyonnaise, la Sagesse Triomphante ; la parole perdue est dans l’une de ces sources”.
L’autre source évoquée est un document d’une bibliothèque talmudique. Dans ce récit, romancé, Himmler ordonne que plusieurs agents de la SS aillent jusqu’à Lyon et s’emparent, dans les archives de la “Sagesse Triomphante”, des mystérieux documents maçonniques : les Arcana Arcanorum.
Nous touchons ici un point sensible. La Sagesse Triomphante est une loge maçonnique lyonnaise toujours en activité, travaillant bien, parmi d’autres sujets, sur les Arcana Arcanorum, dans la droite filiation de la loge ancienne créée par Cagliostro à Lyon.
Les Arcana Arcanorum constituent le coeur philosophique de la Maçonnerie Egyptienne. Arcana Arcanorum peut se traduire par “mystère des mystères” ou “secret des secrets”.
Ce secret concerne les rapports existants entre l’Homme et la Divinité. Dans cet enseignement hermétique sont également révélés les moyens de contacter les “Maîtres Cosmiques” par la théurgie.
Depuis une quarantaine d’année, la Sagesse Triomphante se réunit de façon très discrète 5 à 7 fois par an. La plupart des autres obédiences maçonniques ignorent son existence, ses jours et ses lieux de tenues et le coeur de ses travaux.
La règle du secret est sa clef, afin de pérenniser ses travaux en toute quiétude. C’est une sorte d’Atelier supérieur, Loge d’étude, où ses membres ne se connaissent qu’au travers de noms initiatiques, attribués au moment où chaque frère est “reçu” maçon égyptien.
Pendant la guerre, Memphis Misraïm fut bien visé par les nazis : le Grand Maître C.
Chevillon a été assassiné en 1944, par la milice de Lyon et le Frère Delaize, Grand Maître de Belgique, résistant, fut assassiné par les troupes d’occupation.
Autre figure de cette maçonnerie égyptienne, Robert Ambelain. De 1942 à 1945 il maintient une loge clandestine, “Alexandrie d’Egypte” bien que la menace allemande pesait sur lui. Lyon, dans son fonds ancien conservé à la Bibliothèque Municipale, possèdent les archives les plus importantes en France relatives à Cagliostro et à la franc-maçonnerie égyptienne.

Conclusion, la fin de la quête

Le temps manqua à Rosenberg, Himmler et Hitler. En 1944 le débarquement de Normandie contrarie cette guerre secrète de l’occulte. En 1945, au moment de la chute de Berlin les russes mettent la main sur les précieuses archives maçonniques des Sudètes et de Silésie.
Le vainqueur russe n’attend pas le commandement US et prend l’initiative, discrète, de transférer ces archives vers Moscou, en septembre 1945. Officiellement rien n’a été trouvé, rien n’a été envoyé à l’Est.
Il faut attendre les années 90 pour que la Russie admette détenir les fameuses archives secrètes de la maçonnerie. C’est en 2002 que les autorités soviétiques restituent, au Grand Orient de France et à la Grande Loge de France, un total de 750 cartons de documents, dûment classés et répertoriés. On y trouve des fiches, des travaux, des documents, divers objets.
L’affaire n’a pas été relayée véritablement par la presse, mais a fait l’objet d’une exposition à Paris en 2006, organisée par la Grande Loge de France “La franc-maçonnerie sous l’occupation”, ainsi qu’à Lyon en 2003 : “Lyon carrefour européen de la franc-maçonnerie” (une salle de l’exposition lyonnaise était consacrée à la période de l’occupation), sous l’égide de l’Institut Maçonnique de France et de la Ville de Lyon.
Aujourd’hui qu’en est-il de toute cette affaire ? Avouons qu’il manque des pièces du puzzle. On a l’impression d’être face à une disproportion des choses : d’un côté, durant l’occupation, l’alliance de Vichy et du Reich pour supprimer la franc-maçonnerie avec une logistique importante, de l’autre des archives qui sont restituées quelques 30 ans après, mais sans aucune conséquence apparente.
Ce qui est certain c’est que le plan secret du Reich, percer les mystères de la franc-maçonnerie, n’a apparemment pas abouti. Ceci dit, le retour des archives volées est trop rapidement tombé dans le secret et l’oubli.
L’affaire est entre les mains des historiens qui devront dans la période qui s’ouvre trancher sur toute cette histoire, où la fiction se mêle à la réalité, sur des faux semblant d’“Indiana Jones” et de professeur Tournesol associés. La guerre secrète de l’occulte n’est peut-être pas finie.
Source : Pierre Oul’Chen/Top Secret N°38


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