dimanche 13 novembre 2016

LES FEMMES DANS L’ARMÉE DE LIBÉRATION !

LES FEMMES DANS L’ARMÉE DE LIBÉRATION


CONTEXTE HISTORIQUE
Les « Merlinettes » 

Dans le cadre de l’organisation des troupes françaises libres, le général d’armée Giraud, commandant en chef des forces terrestres et aériennes en Afrique du Nord, et le colonel Merlin, commandant des transmissions en Afrique du Nord, créent le corps féminin des transmissions (C.F.T.) le 22 novembre 1942. 150 femmes sont engagées, pour pallier au déficit de personnel masculin. Formées aux spécialités de radio, de téléphoniste, de télétypiste, et de radio/secrétaire d’analyse, ces premières femmes « soldats » de l’armée de terre, sont vite appelées les « Merlinettes » en référence au colonel Merlin. 

En 1944, le nombre de ces combattantes atteint environ 2400 (2000 pour l’Armée de Terre, 400 pour l’Armée de l’Air), dont la majorité participe à la campagne d’Italie avec les forces françaises du général Juin. Après la reprise de Naples, de Rome, de Monte Cassino et de Sienne, elles sont également présentes lors du débarquement à Tarente le 9 août 1944, prélude au celui effectué en Provence, qui débute le 15 août 1944. Plusieurs « Merlinettes » sont ainsi présentes lors de l’arrivée des troupes à Saint-Tropez le 16 août, comme le montre le cliché Personnel féminin de l’Armée de Terre pris le jour même, et ici étudié. 

Prise par les services de l’Armée Alliée, cette photographie remplit avant tout une mission d’archivage documentaire, et elle n’est pas spécialement destinée à la diffusion auprès du public civil. Elle n’en possède pas moins une forte valeur symbolique, susceptible de marquer les consciences et les représentations.
ANALYSE DES IMAGES
Des femmes soldats 

Personnel féminin de l’Armée de Terre semble avoir été prise par et pour des services anglophones de l’Armée de Libération. En effet, un texte imprimé en bas de l’image légende celle-ci en anglais, précisant la date et le nature de la scène : french WACS [pour Wire and Cable Service, c’est-à-dire les transmissions] assembling on the beach after landing at Saint-Tropez : « femmes du corps des transmission se regroupant sur la plage après le débarquement à Saint-Tropez ». Une indication manuscrite désigne aussi par son nom l’une de ces soldats. 

La photographie représente un groupe d’une vingtaine de « Merlinettes » sur la plage de sable. Si l’on aperçoit d’autres soldats au second plan, le cliché est nettement centré sur les combattantes, dont le groupe assez compact occupe presque tout l’espace. Vêtues d’uniformes, casquées, disposant d’un équipement conséquent mais sans armes, les femmes sont tout juste réunies au complet. Elles semblent attendre de nouveaux ordres. Les visages sont à la fois fatigués, déterminés et concentrés, même si une ou deux d’entre elles prennent le temps de fixer le photographe.
INTERPRÉTATION
Une guerre au nouveau(x) visage(s) 

Si la représentation ici proposée n’est pas à proprement parler nouvelle, puisque d’autres femmes de l’armée ont déjà participé aux opérations, ce document est tout de même assez moderne. A la « nouveauté » incarnée par l’avancée des troupes alliées sur des terres jusque là occupée par les nazis (nouveaux uniformes, nouveaux équipements par rapport à ceux des allemands, et évolution des positions respectives), la scène ajoute évidemment l’image de corps et de visages différents de ceux, masculins, traditionnellement associés aux combats. 

En dépit de son caractère relativement inédit et inhabituel, Personnel féminin de l’Armée de Terre montre bien des soldats « normaux », participant à part entière au débarquement. Elément comme un autre du déploiement (elles se regroupent et attendent de se mettre en mouvement dans le cadre d’une organisation d’ensemble), l’unité des « Merlinettes » ne semble pas devoir être ici traitée de manière spécifique. Si ces dernières ne possèdent pas d’armes, cela n’est pas dû au fait qu’elles soient des femmes, mais par ce qu’elles appartiennent au corps des transmissions. Et comme les autres soldats, elles sont fixées sur leur mission et sur la suite des manœuvres. 

Répondant à des impératifs militaires, le rassemblement effectué suggère néanmoins un groupe, un esprit de corps et une solidarité entre ces femmes qui ont choisi de lutter aux côtés des hommes.


VICHY ET LES « HÉROS DE L’HISTOIRE DE FRANCE » : BOURNAZEL !

VICHY ET LES « HÉROS DE L’HISTOIRE DE FRANCE » : BOURNAZEL


CONTEXTE HISTORIQUE
1943 et la série d’affiches célébrant les « Héros de l’Histoire de France » 

Placée sous la responsabilité du Secrétariat général à l’Information, la diffusion d’affiches est, avec la radio, l’un des principaux moyens de propagande utilisés par le régime de Vichy. Destinée à promouvoir sa politique et ses actions, cette imagerie largement diffusée entend façonner les consciences et les représentations. 

Si certaines campagnes sont fortement suggérées par l’occupant nazi, le gouvernement jouit aussi d’une relative indépendance, réalisant et placardant (sous contrôle) ses propres messages. Par son thème et par le choix des personnalités mises à l’honneur, la série « Héros de l’Histoire de France », lancée durant l’année 1943 et dont est extraite « de Bournazel (1898-1933) » éditée en novembre, semble bien être une entreprise franco-française. 

En s’appropriant la figure de ces illustres personnages et les valeurs qu’ils symbolisent, le régime exalte la grandeur et la fierté nationales – dont il se veut aussi le garant au présent et le promoteur à l’avenir.
ANALYSE DES IMAGES
La figure du héros 

Cette lithographie coloriée représente Henri de Bournazel alors qu’il lance une offensive dans le désert. Le jeune militaire porte sa tenue d’officier du 8e régiment des spahis marocains (veste rouge et pantalon bleu). Enveloppé dans une cape blanche, il se détache nettement sur un ciel sans nuages. Cravache en main, il a délaissé sa monture pour mener ses troupes à pied. Très stylisé, le visage jeune, fin et déterminé exprime le courage, ainsi qu’une certaine assurance exaltée de la conquête. 

Au second plan, les troupes qui composent cette unité de cavalerie coloniale recrutée parmi les « indigènes » (voir leur type et uniformes caractéristiques) donnent la charge à cheval, fusil à la main. 

Très lumineuse et assez colorée, l’image suggère à la fois l’exotisme (le désert, qui semble infini) et un mouvement impossible à arrêter.
INTERPRÉTATION
Un culte patriotique étonnant 

Modèle du jeune officier intrépide et invincible, Henri de Bournazel fait l’objet d’un culte patriotique dès le milieu des années 1930. Surnommé « l’Homme Rouge » ou le « Cavalier Rouge » (du fait de son uniforme), il se signale par des faits d’armes exceptionnels lors de plusieurs batailles au Maroc (comme celle d’El Mers en mai 1923 et celle du djebel Saghro en 1933, où il trouve la mort). 

Contrairement à la plupart des héros mis à l’honneur par cette série d’affiches de propagande (Jeanne d’Arc ou Bayard, par exemple), de Bournazel est une figure « historique » assez récente et encore très populaire. Le régime de Vichy se contente donc de récupérer à son compte une légende encore vive. 

Par sa symbolique et son dynamisme, l’image promeut l’idée d’une France courageuse, victorieuse et conquérante, dont le pouvoir veut justement rappeler l’existence en ces temps de défaite et d’humiliation. La jeunesse du héros renvoie quant à elle à l’avenir, à la relève, au redressement porté par les générations futures, justement formées et exaltées par Vichy. 

Mais la figure choisie ici étonne quand on sait que les colonies d’Afrique du Nord et presque tout l’empire sont progressivement passés sous contrôle allié à partir de l’été 1943 et que le Comité de Libération nationale siège à Alger. Avec cette affiche, le régime tente de réaffirmer l’appartenance pleine et entière de l’Afrique du Nord à la France de Vichy (à l’exclusion de la « France libre »).




vendredi 11 novembre 2016

Mon Curé Chez Les Thaïlandaises - Film !

      Mon Curé Chez Les Thaïlandaises         



Livre Audio: "Daniel, je sais pourquoi" Par le médium Joël Ury !


 Livre Audio: "Daniel, je sais pourquoi" Par le médium Joël Ury  



Daniel vient nous raconter par la main de Joël Ury sa vie dans le plan spirituel. Il faut remonter dans le passé, il y a deux siècles, pour comprendre son histoire et celles de tous les protagonistes qui se retrouvent dans diverses situations suite aux réincarnations successives et de la loi de cause à effet.


jeudi 10 novembre 2016

Louise Michel : louve et agneau (1830-1905) !

    Louise Michel : louve et agneau (1830-1905)   


"Vierge rouge" ou "louve noire", Louise Michel a longtemps suscité les fantasmes et continue de diviser les spécialistes. A-t-elle contribué à écrire sa propre légende? Les publications récentes nous éclairent sur cette révolutionnaire mystique entrée en lutte comme on entre en religion.


L’affaire semble entendue : Louise Michel, c’est l’icône de la Commune, c’est une Marianne, s’élevant au-dessus des barricades, prête à tout pour défendre la Liberté et la Révolution sociale.
Longtemps, l’historiographie officielle n’a retenu d’elle que l’image d’une anarchiste forcenée, d’une révolutionnaire sanguinaire, d’une mystique entrée en lutte comme on entre en religion, d’une « presque Jeanne d’Arc » (comme aimait à l’appeler Verlaine), d’une femme passionnée, possédée même diront certains.
L’Histoire, comme toujours écrite par les vainqueurs, fit de Louise Michel une « vierge rouge », une « louve noire », un objet de fantasme tant admiré que redouté. Sa supposée virginité, ses travestissements, son comportement hors-norme lui ont valu railleries et critiques acerbes. Son tempérament jusqu’au-boutiste et son obstination à ne jamais transiger sur ses idéaux lui ont valu de nombreux ennemis, y compris dans son camp politique et jusque dans sa propre famille.
Pourtant, force est de constater que Louise Michel ne joua dans la Commune de Paris qu’un rôle marginal. La redécouverte de ses écrits dévoile moins une combattante qu’une femme de lettres qui mit toute son énergie et son œuvre au service de ses convictions politiques et de leur transmission aux générations futures. Bien avant que ne débute la Commune, l’institutrice Louise Michel était déjà convaincue que la Révolution devait passer par l’Education. Bien après l’écrasement de la Commune, l’écrivaine Louise Michel utilisa sa plume comme une arme pour encourager la jeunesse à ne jamais renoncer à l’idéal révolutionnaire.
Faire le portrait de Louise Michel sans tomber dans la caricature, comprendre comment s’est forgée sa légende sans verser dans le mythe : telle est l’ambition de ce documentaire.
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1966 : Les Cathares reviennent !

                1966 : Les Cathares reviennent              

En 1999, ce documentaire d'Emmanuel Laurentin pour "L'Histoire en direct", entre histoire et mémoire, tentait de comprendre comment le mythe cathare s'était reconstruit dans les années 60 à la suite de l'émission "La Caméra explore le temps".


"1966 : les Cathares reviennent" est le titre de l'émission "L'Histoire en direct" diffusée le 7 juin 1999. Ce jour-là, Emmanuel Laurentin revenait sur une autre célèbre émission, "La Caméra explore le temps", et le dernier numéro de ce programme très populaire d'Alain Decaux. Son sujet : les Cathares. Pour la plupart des téléspectateurs ce sujet était inconnu, mais l'arrêt brusque de l'émission de Stellio Lorenzi, Alain Decaux et André Castelot, par le pouvoir gaulliste, allait faire du thème des cathares un thème à la mode. Des téléspectateurs, réunis en télé -clubs dans des salles municipales, allaient découvrir une partie de leur histoire, sanglante et oubliée : la croisade contre les Albigeois.
Ce documentaire de "L'Histoire en direct", entre histoire et mémoire, va tenter de comprendre comment le mythe cathare s'est reconstruit dans les années 60 à la suite de l'émission "La Caméra explore le temps".
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Histoire du Second Empire (2/4) !

               Histoire du Second Empire (2/4)             

Un soir chez Morny, le bal masqué du 2 mars 1859
Deuxième épisode de la série consacrée à l'histoire du Second Empire, aujourd'hui le documentaire d'Anaïs Kien réalisé par Françoise Camar.

Sous le Second Empire, on organise de nombreux bals. Naissances, mariage, fêtes publiques ou privés, tous les prétextes sont bons. Et pour casser la routine on se déguise en as de pique ou en Marie-Antoinette, les vêtements du quotidien d’hier deviennent les costumes d’aujourd’hui. Si vous êtes suffisamment bien dissimulés par votre personnage de location, il y a moyen d’y trouver certaines libertés. On peut raconter le coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte et la Commune qui réduit en cendres son palais impérial, mais comment restituer une soirée festive vieille de 150 ans, son effervescence, ses croisements, ses regards plus ou moins distants, les complots majeurs ou minuscules à l’ombre des velours, son ivresse, tous ces moments fugaces propre à chaque soirée ? A la recherche de la mémoire perdue du bal masqué, Un soir chez Morny, nous sommes le 2 mars 1859, à l'entrée de l'hôtel de Lassaye, près de l’Assemblée nationale.

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