dimanche 11 décembre 2016

Musique d'Outre-Rhin !

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samedi 10 décembre 2016

De belles Images !

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jeudi 8 décembre 2016

Chansons d'autrefois !

                    Chansons d'autrefois                          



                                             
À Honolulu
À la bataille de Châteauguay
À la mi-août
À la porte du jardin
Acropolis adieu
Adieu mon coeur
Adieu monsieur le Professeur
Adieu Venise provençale
Ah! c' qu'on s'aimait
Ah! le petit vin blanc
Aimer
Alors je chante
Amène-toi chez nous
Amusez-vous
As-tu deux minutes?
Au bord de l'eau
Au temps de la bonne chanson
Aux marches du palais
Ave Maria (Schubert)
Bercés par la houle
Berceuse
Bleu, blanc, blond
Bon anniversaire
Bon anniversaire (2)
Brave marin
Brise des nuits
C'est beau la vie
C'est l' R-100
C'est ma chanson
C'est Ti-Pit Trépanier
Ça s'est passé un dimanche
Cane... Cane... Canebière
Casta Diva
Cet anneau d'or
Chansons d'amour
Chante fort quand le coeur est triste
Chante-la ta chanson
Chanter la vie
Chiquitita
Comme tout le monde
Comme un soleil
Dans le soleil et dans le vent
Dans les bras d'un matelot
Dans ma péniche
Destin
Deux ailes et trois plumes
Dis-moi ce qui ne va pas
Dis-moi ce qui ne va pas (2)
Do - ré - mi - fa
Dominique
Domino
Douce France
Du gris
Du soleil dans ses yeux
En suivant l'étoile
Enfants de tous pays
Envoi de fleurs
Étoile des neiges
Évangéline 
Évangéline (2)
Évangéline Acadian Queen
Fleur de Paris
Franz
Frou-Frou
Gens du pays
Hymne à l'amour
Hymne au printemps
Hymne au Québec
Il a mal aux reins, Tintin
Il n'est jamais trop tard pour vivre
J'ai planté un chêne
J'ai tant pleuré
J'aime Paris au mois de mai
J'attendrai
Je chante
Je chante avec toi Liberté
Je finirai par l'oublier
Je m'ennuie de toi
Je n'aurai pas le temps
Je rêve au fil de l'eau
Je reviens chez nous
Je t'ai donné mon coeur
Je te le le
Je voudrais un joli bateau
L'amour en héritage
L'Angélus de la mer (1)
L'Angélus de la mer (2)
L'anneau d'argent
L'appétit vient en mangeant
L'appétit vient en mangeant (2)
L'arbre et l'enfant
L'écritoire
L'étoile du soir
L'hirondelle
L'hymne au printemps
La ballade des gens heureux
La ballade du chien-loup
La Belle de Cadix
La cabane à sucre
La chanson de Lara
La chanson des blés d'or
La chanson du coeur
La chapelle au clair de lune
La complainte du soldat
La courte échelle
La gamme et l'amour
La java bleue
La langue de chez nous
La licorne
La Madelon
La Madone
La Madone aux fleurs
La maison grise
La Manic
La Marie-Joseph
La mer
La mer ressemble à ton amour
La Paimpolaise
La petite diligence
La petite église
La petite Tonkinoise
La plus bath des javas
La plus belle chose au monde
La première étoile
La prière
La Provence
La rumeur
La tendresse
La valse brune
La valse des chansons
La vie d'un cowboy
La vieille église
Le bateau de pêche
Le bleu de l'été
Le café au lait au lit
Le café des trois colombes



Le carillonneur
Le chalet bleu
Le chapeau à plume
Le chien dans la vitrine
Le clocher d'amour
Le clocher de mon village
Le coeur en bandoulière
Le cor
Le credo du paysan
Le credo du paysan (2)
Le curé de notre village
Le feu a détruit l'église
Le fiacre
Le galérien
Le gentil dauphin triste
Le marchand de bonheur
Le moulin qui jase
Le pêcheur
Le petit bal du samedi soir
Le petit bonheur
Le petit cordonnier
Le petit Grégoire
Le réveil rural
Le sirop Typhon
Le soleil et la lune
Le souvenir
Le tango des fauvettes
Le temps des cerises
Le temps qu'il nous reste
Le toit de ma maison
Le tremblement de terre
Les berceaux
Les deux moitiés du monde
Les enfants s'ennuient le dimanche
Les fiancés du Lac de Côme
Les gars de la marine
Les gens âgés
Les gens sans importance
Les lavandières du Portugal
Les oiseaux dans le soir
Les Pescadous
Les Rameaux (R. Jobin)
Les Rameaux (R. Verreau)
Les rogations
Les roses blanches
Les rubans rouges
Les trois cloches
Les vieilles de chez nous
Les vieux mariés
Lily Marlène
Ma belle au bois dormant
Ma cabane au Canada
Ma Miette
Ma Normandie
Ma Pamplemousse
Ma petite folie
Ma Vérité
Maintenant je sais
Maître Pierre
Malheur à celui qui blesse un enfant
Mama Leone
Marin
Mes jeunes années
Mille colombes
Mon ange
Mon chapeau de paille
Mon coeur est un violon
Mon enfant
Mon gentil pêcheur
Montevideo
Notre sentier
Où va l'amour ?
Padre Don José
Papa, ô papa
Par amour
Paradiso
Parle plus bas
Parle-moi
Parle-t-il de moi ?
Petit vieux, petite vieille
Plaisir d'amour
Pour les enfants du monde entier
Pourquoi loin de toi
Prendre un enfant par la main
Prends le temps
Près de Naples la jolie
Prière
Prière à la Madone
Qu'est-ce qu'on attend ...
Qu'il est loin l'amour
Quand la mer monte
Quand on est deux amis
Quand on s'aime bien tous les deux
Quand on s'aime bien tous les deux (2)
Quand un petit oiseau
Quand un vicomte
Que Dieu protège notre amour
Retour
Reviens Piccina Bella
Rien que mon coeur
Riquita
River Blue
Roses blanches de Corfou
Roule s'enroule
Sancta Maria de la mer
Sérénade sans espoir
Serons-nous spectateurs
Si tous les gars du monde
Si tous les oiseaux
Soledad
Sombreros et mantilles
Sous les ponts de Paris
Souvenirs de Marseille
Spinning Wheel
Sur ce vieux rocher blanc
Sur le plancher des vaches
Toi l'ami
Toi qui t'en vas
Tout va très bien Madame la Marquise
Un amour comme le nôtre
Un jour à la fois
Un monsieur attendait
Un petit cabanon
Un tout petit nid
Une chanson douce
Une place pour me garer
Une promesse
Une vague bleue
Va lui dire que tu l'aimes
Vivre au soleil
Vivre seule
Vous avez qué'que chose
Voyage au Canada
Y'a d'la joie
Y'a des loups
Y'a une étoile

mardi 29 novembre 2016

LA FRANCE OFFRANT LA LIBERTÉ À L’AMÉRIQUE !

 LA FRANCE OFFRANT LA LIBERTÉ À L’AMÉRIQUE 


CONTEXTE HISTORIQUE
Jean Suau est un peintre d’histoire quelque peu oublié, né en 1755 et mort en 1841. Il fut l’élève du chevalier de Rivalz (Pierre Rivalz) et le père du peintre Pierre-Théodore Suau (1789-1856) qu’il contribua à former dans son propre atelier. Jean Suau fut successivement membre et professeur de l'Académie de peinture, sculpture et architecture de Toulouse, professeur à l'École spéciale des beaux-arts de cette même ville, professeur à l’École centrale de Haute-Garonne et dirigea les classes de l’antique, du modèle vivant et d’anatomie artistique.

Il eut comme élève Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867) qui, comme son propre fils, fréquenta ensuite le célèbre atelier parisien de Jacques-Louis David (1748-1825).

Le peintre remporta le concours de l'Académie royale de Toulouse en 1784 avec la peinture La France offrant la Liberté à l’Amérique. Ce tableau témoigne de l’immense intérêt que connut en France la Révolution américaine qui fut le sujet d’une importante iconographie allégorique. Entre 1779 et 1801, on relève ainsi plus d’une trentaine d’œuvres (sculptures, gravures, peintures) exposées aux Salons (Paris) traitant directement des événements américains.
ANALYSE DES IMAGES
Au centre du tableau, l’allégorie de la France est représentée en cuirasse avec un manteau bleu orné de fleurs de lys dorées. Elle tient par la main la Liberté et l’offre à l’Amérique représentée par un Indien portant une coiffe à plumes, qui s’empresse de la recevoir sur son embarcation. La Liberté porte dans sa main droite le sceptre symbole de souveraineté et dans sa main gauche le bonnet phrygien icône de la liberté.

La France est suivie des allégories de la Victoire (représentée aves les ailes et tenant une couronne de laurier), de la Paix (agenouillée, coiffée d’une couronne de fleurs), de l’Abondance (tenant un bouquet de fleurs et d’épis de blé) et du Commerce (montrant une carte et une boussole).

Au-dessus d’eux, dans un ciel nuageux en train de s’éclaircir, la Renommée annonce l’événement de sa trompette.

Sur la gauche du tableau, diverses nations s’occupent à entasser et déplacer des marchandises, attestant par là d’une prospérité commerciale et économique renaissante.

A l’extrême droite du tableau, se trouve Hercule qui chasse de sa massue le Léopard anglais, avec l’aide du coq français, piquant et menaçant.

Au loin, la mer s’ouvre sur un horizon ensoleillé. L’ensemble de la composition est baigné de couleurs douces, rehaussées de quelques traits vifs et éclatants.
INTERPRÉTATION
Aux lendemains de la guerre de Sept ans (1756-1763), la politique fiscale de l’Angleterre déclencha dans ses treize colonies d’Amérique une vague de protestation qui allait bientôt se transformer, devant l’intransigeance britannique, en une véritable Révolution.

La rupture est définitivement consommée le 4 juillet 1776 avec la Déclaration d’Indépendance des Etats-Unis qui marque la naissance d’une nouvelle République indépendante.

La France, grâce à l’intervention de Benjamin Franklin et à la détermination du marquis de La Fayette, décide, en 1778, d’intervenir auprès des insurgés américains. Grâce à ce soutien et à bien d’autres facteurs, la guerre prend fin en 1783 avec le traité de Paris qui consacre la défaite anglaise et la reconnaissance officielle des Etats-Unis d’Amérique.

Le tableau met en scène allégoriquement l’aide militaire et financière française aux insurgés américains lors de la guerre d’Indépendance d’Amérique (1776-1783).

Va s’en suivre, tout au long du dernier tiers du XVIIIe siècle, une vague d’œuvres allégoriques qui attestent de l’intérêt de l’opinion publique française pour les événements américains.

Dans ce cadre, le tableau de Jean Suau résume parfaitement les intérêts français et les mobiles qui se cachaient derrière l’intervention (revanche contre l’Angleterre, sentiment anti-anglais, aspirations à la reconquête du commerce maritime, gloire de la France dans ses alliances) tout en utilisant un vocabulaire allégorique classique (la Liberté, la France, Hercule, le coq français, le léopard anglais…).

Ces derniers éléments expliquent son couronnement par l’Académie royale de Toulouse. On remarquera enfin que l’identité de la jeune république américaine est représentée par un indien alors que la plupart des images de l’époque préfèrent utiliser son pendant féminin : la figure de l’indienne sauvage et indomptable. Ici, probablement afin de donner à son sujet un caractère solennel, l’artiste a choisi un indien à la peau blanche dont la coiffe seule indique l’identité nationale.


FILM
FILM

lundi 28 novembre 2016

mercredi 23 novembre 2016

Mühlenhof Musikanten - Dat noch in hundert Johren !

Mühlenhof Musikanten - Dat noch in hundert Johren





JACQUES CATHELINEAU (1759-1793), GÉNÉRALISSIME VENDÉEN !

JACQUES CATHELINEAU (1759-1793), GÉNÉRALISSIME VENDÉEN 


CONTEXTE HISTORIQUE
L’insurrection vendéenne, déclenchée par Jacques Cathelineau en mars 1793, fut provoquée par le décret de la Convention du 24 février 1793 sur la levée de 300 000 hommes, qui intervenait dans un climat déjà alourdi par des difficultés économiques et l’hostilité des Vendéens à la Constitution civile du clergé. Fils d’un simple maçon et colporteur de son état, Jacques Cathelineau était dénommé « le saint de l’Anjou », réputation qui explique peut-être le succès immédiat de son entreprise, dont il est cependant difficile de dire s’il la préparait depuis de longs mois ou si elle fut spontanée.

Le 12 juin 1793 à Saumur, Cathelineau, personnage charismatique, est désigné par les seigneurs vendéens comme le premier généralissime de la « grande armée catholique et royale ». Après quelques victoires contre les républicains facilitées par sa connaissance du monde rural, il organise l’attaque de Nantes, afin de pouvoir disposer d’un port. Son armée sera repoussée et il mourra le 14 juillet à Saint-Florent des blessures reçues pendant ces combats. Sa disparition et les rivalités entre chefs vendéens et angevins seront à l’origine de la défaite de Cholet (17 octobre).
ANALYSE DES IMAGES
Lorsqu’il réalisa ce portrait rétrospectif, Girodet prit pour modèle non pas le général chouan, mais son fils. Cette toile à l’atmosphère sombre montre le généralissime vendéen paré de toutes les décorations des défenseurs de la foi et du roi : la croix y jouxte le pistolet. De la même façon, un crucifix (surmonte-t-il une tombe ou un monument ?) paraît en haut à gauche de la composition entre le drapeau royaliste et un sabre levé. Le tonnerre déchire le ciel. Jacques Cathelineau désigne de la main gauche la fumée des combats. Son visage au regard ardent épouse parfaitement la conception romantique de la passion sans réserve. Dans son commentaire du Salon de 1824, qui marqua la naissance du romantisme, Charles-Paul Landon, peintre proche des Bourbons, critique d’art et conservateur des peintures du Louvre, soulignait « l’énergie du pinceau, la vivacité de l’expression et ce beau fini qui distingue toutes les œuvres de Girodet ».
INTERPRÉTATION
L’intérêt historique de ce chef-d’œuvre commandé pour la salle des Gardes du château de Saint-Cloud en 1816 est double : il nous parle à la fois d’une guerre civile encore proche dans l’esprit de la génération romantique et de sa commémoration sous la Restauration. Le comte de Pradel, directeur général du ministère de la Maison du roi et instigateur de la commande, rappelait à Louis XVIII le 10 mai 1816 que le roi possédait déjà « les portraits d’un grand nombre de Généraux français qui ont combattu et versé leur sang glorieusement dans les guerres étrangères durant son Règne. […] les familles d’autres guerriers, tous morts non moins glorieusement pour la défense du Trône de France, aspirent à l’honneur de voir aussi les portraits de ceux-ci placés sous les yeux de leur Roi… ». Il faut d’ailleurs souligner que la famille de Cathelineau fut anoblie par la Restauration. Cette remise à l’honneur des combattants de la chouannerie marquait bien le retour sur le trône de la dynastie des Bourbons. Elle proposait aussi aux artistes, définitivement dépouillés de l’illustration de la légende napoléonienne, de retrouver un thème digne de leur enthousiasme passionné.





mardi 22 novembre 2016

Les exécutions des soldats noirs par les nazis en 1940 !

Les exécutions des soldats noirs par les nazis en 1940 


En 1940, de 1.500 à 3.000 soldats africains ont été tués par les nazis. Cet ouvrage collectif revient sur une histoire méconnue.
«Ils ont été massacrés par les Allemands, 43 soldats africains». Cette inscription orne un monument érigé en hommage aux soldats africains exécutés à Clamecy lors de la campagne de mai-juin 1940. Les tueries abordées ici s’inscrivent pleinement dans l’idéologie nazie puisque les soldats de la Wehrmacht ont exécuté les tirailleurs au nom de ce qu’ils étaient.
Ce sont sur ces faits tragiques que sont revenus plusieurs chercheurs au cours d’un colloque organisé par Jean Vigreux en novembre 2011. L’ouvrage repose sur plusieurs de ces interventions et sur quelques contributions inédites. Julien Fargettas et Raffael Scheck, qui ont déjà consacré une large partie de leurs travaux à cette question, expliquent le déroulement du massacre et la place des tirailleurs sénégalais dans l’histoire de l’Armée française. Johann Chapoutot et Claire Andrieu resituent ces événements dans le cadre de l’idéologie nazie, alors que Jean Vigreux revient sur la mémoire de l’exécution de Clamecy pendant la guerre. En 175 pages, les auteurs nous offrent une vision complète de ces événements par un propos précis et nuancé tout en le replaçant dans une échelle temporelle large.

Massacres de mai-juin 1940

Parmi les 1,5 million de soldats de l’armée française capturés se trouvaient 15.000 noirs africains, ainsi que 456 Antillais non reconnus comme français par les Allemands. Selon Raffael Scheck, 1.500 à 3.000 soldats africains ont été assassinés; cette imprécision témoigne des lacunes constantes des sources sur les tirailleurs sénégalais car de nombreuses unités noires n’ont pas laissé d’archives.
Les exécutions eurent lieu lors de la deuxième partie de l’offensive durant le mois de juin en Picardie, au nord de Lyon ou encore en Bourgogne. La plupart de ces actes barbares prirent la même forme: les prisonniers noirs étaient séparés des Blancs avant d’être fusillés à l’écart.
Le procédé pourrait laisser penser à un massacre systématique et organisé. Or, sur ces deux points, Raffael Scheck et Julien Fargettas répondent par la négative. En effet, les tirailleurs sénégalais prisonniers étaient 15.000, la grande majorité n’a donc pas été exécutée. Par ailleurs, aucun ordre émanant d’un officier de haut rang n’a commandité les massacres.
Pour Hitler, les noirs sont des «animaux inoffensifs», dont les Allemands pouvaient tirer profit sur le plan économique
En revanche, les combats dans la Somme et la région de Bar-le-Duc se sont souvent terminés au corps-à-corps, ce qui a pu accentuer une rage extrême. Raffael Scheck relève même certains ordres intimant de ne pas maltraiter les soldats noirs. Si ces actes cruels ne peuvent être comparés aux crimes commis contre les Juifs en Europe de l’Est, ils révèlent cependant une armée marquée par le racisme européen et l’idéologie nazie.

Animosité des Allemands pour les troupes noires

Le mépris et la rancœur des Allemands envers les soldats noirs dépassaient la seule idéologie nazie. Johann Chapoutot recherche l’ensemble des facteurs à l’origine de ces sentiments. En tant que racisme, le nazisme récupéra de nombreux éléments de l’idéologie raciale européenne construite au XIXe siècle.
À cela s’ajoute l’utilisation de troupes noires sur le continent européen au cours de la Grande Guerre et surtout  la stigmatisation de la «honte noire» quand les coloniaux ont participé à l’occupation de la rive droite du Rhin entre 1919 et 1923. Les Allemands l’ont vécue comme un traumatisme. L'occupation s'était en effet accompagnée de quelques viols, mais en réalité ceux commis par les troupes coloniales n’étaient pas plus nombreux que ceux des troupes métropolitaines. Les «bâtards rhénans», enfants nés de ces viols ou de liaisons mixtes, furent victimes d’une intense campagne de propagande dès 1933. Dans l’idéologie nazie, le métis incarnant une violation des droits de la nature, il est donc nécessaire de l’éradiquer et, à ce titre, 600 à 700 métis furent stérilisés en 1937.
Si les idéologues nazis affirment la nécessité d'éliminer le métis, il en va autrement pour les Noirs. Pour Hitler, ce sont des «animaux inoffensifs» dont les Allemands pouvaient tirer profit sur le plan économique, comme pour les Slaves. En revanche, les unions mixtes étaient catégoriquement proscrites. Cette proximité entre l’homme noir et le monde animal fut réaffirmée après les Jeux olympiques de 1936 et les performances de Jesse Owens. Hitler avait ainsi affirmé à Albert Speer qu’il y voyait une concurrence déloyale, car ces hommes «issus de la jungle» étaient favorisés et devaient ainsi être exclus des prochains jeux. L’attitude des nazis envers les hommes noirs s’inscrit ici dans l’idéologie raciste du XIXe siècle encore bien présente au sein des empires.
Pour Johann Chapoutot, les massacres de 1940 sont «l’expression d’un mépris raciste rendu virulent par la fatigue et l’angoisse des combats ainsi que du ressentiment, à la fois outré et haineux provoqué par l’occupation de la Ruhr en 1923».

Commémorations à des fins idéologiques

Jean Vigreux revient sur le traitement immédiat de l’événement dans la commune de Clamecy, où le 11 novembre 1943, 5.000 habitants rendirent hommage aux coloniaux abattus. Quarante-trois soldats y avaient été exécutés le 18 juin 1940 avant d’être enterrés sur demande du maire dans la fosse commune.
L’historien montre de façon convaincante comment les réseaux résistants ont activement préparé la commémoration de l’armistice de la Grande Guerre. Le jour même, la fosse fut symboliquement recouverte des drapeaux français, britannique, américain et de la croix de Lorraine. Cette manifestation, loin d’être isolée, établissait une continuité entre la Troisième République et le Conseil national de la Résistance (CNR), puis magnifiait la grandeur de la France et de son Empire.
Deux témoins et trois suspects ont été trouvés, mais en 2012, l'enquête fut clôturée suite au décès de ces trois derniers!
Ce point aurait d’ailleurs mérité d’être approfondi, et il aurait été judicieux de se demander comment ces tirailleurs ont été récupérés à des fins différentes. Tous les travaux sur ces hommes, quelle que soit la période, révèlent une récupération constante pour légitimer le colonialisme, montrer ses bienfaits ou dénigrer l’ennemi. Certes, cela aurait probablement nécessité une communication entièrement consacrée à ce thème.

Reconstitution historique tardive

Raffael Scheck explique que ces massacres connus dès 1945 n’ont pas fait l’objet d’enquêtes approfondies avant 2006. Avant cette date, toutes les procédures entamées furent rapidement abandonnées. À la fois crimes de guerre et crimes nazis, ils ne souffrent d’aucun délai de prescription. L’enquête de 2006 fut menée par le bureau allemand dédié à la poursuite des crimes nazis. L’historien est ici d’une grande précision puisqu’il a lui-même fourni des documents à ce bureau. Deux témoins et trois suspects ont été trouvés mais, en 2012, l’enquête fut clôturée suite au décès de ces trois derniers. On parle ici de «crimes nazis» car ils étaient motivés par un racisme meurtrier.
Pour Raffael Scheck, ces actes constituèrent une étape dans la barbarisation de l’armée allemande qui atteignit son paroxysme avec l’opération Barbarossa mais –et il rejoint ici l’ensemble des auteurs de l’ouvrage– leur motivation ne fut pas génocidaire.
 
À l’heure de l’histoire sensationnelle et où chacun cherche son massacre, voire son génocide, l’ensemble des participants nous offre un véritable travail d’historien qui repose sur des faits, des sources et leur interprétation. Ils permettent ainsi une meilleure compréhension des tirailleurs sénégalais trop longtemps caricaturés de part et d’autre. Le lecteur y trouvera aussi un texte de Raffael Scheck sur le sort bien différent des victimes de juin 1940 et des prisonniers coloniaux après 1940.
Le manque ou l’absence de sources limite encore notre appréhension du rôle des tirailleurs sénégalais au sein de la Résistance et surtout de la France libre comme l’a montré Jean-François Muracciole. Des travaux comme celui proposé ici font progresser notre connaissance sur des événements précis et inscrivent l’histoire des tirailleurs sénégalais dans une perspective plus scientifique qu’émotionnelle.


Chabloz Fritz – Les Sorcières neuchâteloises

Chabloz Fritz – Les Sorcières neuchâteloises: Après une introduction savante et passionnante sur l’historique de la sorcellerie, Fritz Chab...