samedi 5 novembre 2016

BAZAINE, COMMANDANT DE L'EXPÉDITION DU MEXIQUE !

BAZAINE, COMMANDANT DE L'EXPÉDITION 

DU MEXIQUE



CONTEXTE HISTORIQUE
Achille Bazaine (Versailles, 1811-Madrid, 1888) était entré dans l’armée en 1831. Après avoir servi en Algérie et en Espagne, il fut promu général, se distingua lors de la guerre de Crimée et de la campagne d’Italie. Envoyé au Mexique en 1862, il devint célèbre en s’emparant de Puebla en 1863 et fut fait maréchal de France en 1864. Cependant l’expédition décidée par Napoléon III pour établir un empire latin et catholique ouvert aux intérêts français devait être l’un des grands échecs de la politique extérieure du Second Empire. La guérilla, les menaces américaines et la lassitude de l’opinion française contraignirent Napoléon III à abandonner l’empereur Maximilien d’Autriche, qu’il avait installé sur le trône du Mexique en 1863. En 1867, Bazaine quitta le Mexique avec les dernières troupes françaises. Maximilien, qui avait refusé de l’accompagner, fut arrêté et fusillé.
ANALYSE DES IMAGES
Bazaine est ici portraituré sur le terrain de la campagne militaire du Mexique. Le vainqueur de Puebla pose avec dignité : il est accoudé sur une carte d’état-major, son bâton de maréchal en évidence entre sa casquette et ses gants blancs. A l’arrière figure une pièce d’artillerie. La végétation, réduite au strict minimum (un cactus au second plan à droite et quelques arbres fermant l’horizon), rappelle l’exotisme de l’expédition. Des officiers à cheval semblent conduire un bataillon. Le visage de Bazaine, plein d’autorité, se détache à contre-jour sur un ciel clair.
INTERPRÉTATION
Beaucé, honorable peintre de batailles dans la veine d’Horace Vernet, exposa régulièrement au Salon de 1839 à 1868. Parmi les commandes que lui adressa l’administration du Second Empire pour le musée de Versailles figurent deux portraits : celui du maréchal comte d’Ornano, exposé au Salon de 1863, et celui de Bazaine, exposé au Salon de 1867, année où le maréchal revint du Mexique. On ne saurait oublier, à cet égard, que Le Fifre de Manet avait été refusé au Salon de 1866. Ces deux œuvres révèlent à l’évidence deux conceptions radicalement différentes de la peinture : pour Beaucé, il s’agit d’un exercice académique qui ne vise qu’à célébrer l’ordre établi au prix d’une simple illusion du vrai, alors que Manet, lui, cultive une approche résolument moderne du sujet et de sa représentation. Il est intéressant de constater combien la mimésis conventionnelle de Beaucé sert ici à maquiller, sous les apparences de l’autorité, l’échec de l’expédition du Mexique dont Bazaine avait été le commandant en chef.






L’HÔTEL DES INVALIDES !

                 L’HÔTEL DES INVALIDES                


CONTEXTE HISTORIQUE
Une pièce d’un programme iconographique politique

Voulue par Louis XIV, l’édification de l’hôtel des Invalides au sud-ouest de Paris est commandée par le ministre de la guerre Louvois et confiée à l’architecte Libéral Bruant en 1670. La construction dure plusieurs années. En avril 1674, le roi promulgue un édit fondant l’hôtel royal des Invalides « pour le logement, subsistance & entretenement [entretien] de tous les Officiers & Soldats de nos Troupes, qui ont esté & seront estropiez, ou qui ayant vieilli dans le service en icelles, ne seront plus capables de Nous en rendre ». Le lieu est conçu comme un véritable hospice pour des hommes ayant donné une partie de leur vie au service du royaume et de sa gloire militaire. Jules-Hardouin Mansart en exécute l’église, qui n’est inaugurée par le roi qu’en 1706 (le gros œuvre ayant été achevé en 1691).

Le peintre Pierre Dulin (1669-1748), élève de Charles Le Brun, reprend la même thématique que celle que son maître avait déjà utilisée pour célébrer l’édification de ce bâtiment au plafond de la galerie des Glaces (dans un ovale représentant la Piété entourée de soldats qu’elle récompense de ses bienfaits et accompagnée de Minerve). Il développe toutefois la scène et y mêle hommes et allégories. Il s’agit d’une huile sur toile peinte à une date incertaine – entre 1710 et 1715 – afin de servir de carton à une tapisserie réalisée dans l’atelier de haute lisse de La Tour entre 1716 et 1725. La tapisserie s’inscrit dans la continuité du cycle produit par la manufacture des Gobelins à partir de 1665 pour célébrer les hauts faits de Louis XIV (première pièce de la cinquième série de la tenture de l’Histoire du Roy). Pour donner une plus grande intensité à la scène représentée, Dulin imbrique plusieurs moments distincts : la présentation des plans au roi (1670), la construction du monument (1671-1706), l’accueil des premiers invalides (octobre 1674).


ANALYSE DES IMAGES
La fondation des Invalides bénie des dieux

Une scène centrale légèrement surélevée divise la toile en deux parties. À gauche, devant un groupe de cavaliers sur fond de campagne se détachent deux hommes en perruque. Il s’agit des deux architectes successifs, Libéral Bruand (à gauche) et Jules Hardouin-Mansart (à droite). À droite, un groupe de soldats et officiers blessés sont conduits par la Victoire ailée porteuse d’une couronne de laurier vers la scène centrale. À l’arrière-plan, l’hôtel royal est encore en construction, mais le dôme de l’église est achevé.

À la jonction de ces deux mondes, celui des soldats valides (la guerre), et celui des soldats estropiés (retour à la paix), un groupe de trois courtisans entoure le roi et le ministre de la guerre. Louvois, au centre exact de la toile, montre le plan des Invalides à Louis XIV, dont la grande taille, le port du chapeau et de la canne, le cordon de l’ordre du Saint-Esprit ainsi que la mise en lumière témoignent de sa souveraineté. Entre les courtisans en perruque et les cavaliers, les généraux victorieux Turenne et le prince de Condé semblent constituer un trait d’union symbolique entre la cour et la guerre.
Une déesse antique et trois allégories se mêlent aux hommes et montrent que l’entreprise royale bénéficie des auspices divins. Minerve, déesse casquée de la guerre et de l’intelligence, soutient l’entreprise de Louvois ; la Victoire mène les invalides ; la Renommée brandit l’oriflamme et sonne de la trompette dans un nuage qui sépare l’arrière-plan en deux ; la femme portant le plan est peut-être une allégorie de l’architecture.
INTERPRÉTATION
Louis XIV entre guerre et paix

La fondation de l’hôtel des Invalides correspond à la reconnaissance par le roi de la contribution des soldats à sa gloire militaire. La thématique de la sollicitude de Louis XIV envers ses soldats est courante dans l’iconographie du règne et vient contrebalancer l’image d’un roi avide de gloire personnelle et prompt à récompenser les seuls généraux. Louis XIV apparaît ici davantage encore en roi de paix soucieux de la réintégration des soldats invalides qu’en roi de guerre victorieux. Il illustre deux vertus, la charité et la justice, tout en contribuant indistinctement à son propre prestige et à celui de son royaume. L’image martiale du roi de guerre est ainsi détournée au profit d’une mise en scène délibérément plus positive du roi préoccupé par le sort de ses sujets.

Il faut prouver dix années de service pour accéder aux Invalides. La vie des quatre mille pensionnaires admis sur dossier y respecte l’ordre militaire et la rigueur religieuse. La place de l’église est au centre de l’ensemble architectural. On y distingue deux accès : intérieur pour les estropiés et extérieur pour le roi. Cette place caractérise les Invalides comme lieu de salut pour les soldats mais aussi pour le roi, afin de racheter leur sacrifice. En assurant une fin de vie décente à une partie (dérisoire il faut l’admettre…) de ses anciens soldats, le roi répond à un impératif social, alors que le poids de la guerre sur les populations est croissant.

Par la relégation physique à l’arrière-plan des généraux, aussi prestigieux fussent-ils (Condé et Turenne), au profit du ministre Louvois, l’artiste rend compte du passage d’un âge guerrier de l’héroïsme et de la bravoure au feu à un âge militaire dominé par la technique et logistique, et dirigé depuis les bureaux de Versailles.

vendredi 4 novembre 2016

LE MONDE PAYSAN AU XVIIe SIÈCLE !

      LE MONDE PAYSAN AU XVIIe SIÈCLE     

CONTEXTE HISTORIQUE
Les frères Le Nain et la paroisse Saint Sulpice 

Ce grand tableau fut réalisé à la fin du règne de Louis XIII, comme l’atteste une signature sur la tranche de la planche posée sur un tonneau pour servir de banc : LENAIN. FECIT. AN. 1642. Depuis un an, les signatures, accompagnées de date, jusque-là sans exemple chez les Le Nain, se multiplient. Comme pour affirmer un statut enfin reconnu d’artistes consacrés.

Depuis 1629, les frères Le Nain résident au faubourg de Saint Germain des Prés, paroisse saint Sulpice, dans une maison de la rue Princesse, presque à l’ombre de l’abbaye. Le curé de la paroisse, de 1642 à 1652, est Jean-Jacques Olier, curé militant de la Réforme catholique. Il consacra de grands efforts à l'organisation d'une charité militante, sur le modèle de Vincent de Paul, car en ce «  sombre XVIIe siècle » stigmatisé par de multiples crises de subsistances, Saint Germain était une paroisse particulièrement sensible à la fragilité sociale des temps de disette, faisant affluer les hommes et les femmes que les textes nomment « sans feu, sans lieu, sans aveu », en quête de nourriture, de protection ou de travail.


ANALYSE DES IMAGES
Une scène « réaliste » 

Nous sommes dans la pièce principale, et peut-être unique, d'un intérieur paysan, la pièce chaude, celle qui abrite le sommeil, la cuisson des aliments, les repas, les veillées des longs soirs d'hiver autour du feu, le travail aussi, quand les intempéries ne permettent pas de sortir. Plusieurs familles sont identifiables : trois hommes, une femme, trois enfants.

De nombreux détails concrets, aussi, apparaissent, immédiatement repérables : une nappe blanche recouvre une table basse composée vraisemblablement d'une planche de bois reposant sur des tréteaux ; du vin a été servi dans de longs verres effilés ; entamée, une grosse miche de pain blanc, le pain des riches, est posée sur la table, avec sa croûte épaisse, qui retient l’humidité et retarde le passage au pain rassis.


Un sol en terre battue ; un pot de terre cuite vernissée, mais aucun de ces objets en « étain sonnant » dont l’historien sait qu'ils distinguaient, le plus souvent, les plus riches ; un tabouret à trois pieds (à droite) ; une planche de bois (à gauche), placée, sans doute, sur un tonneau (à gauche) ; le dossier en cuir d'une chaise, au second plan. Au second plan aussi (à droite), on distingue assez nettement un lit à colonnes, dont on devine les hauts piliers qui soutiennent un ciel d'étoffe.
Les participants à cette scène appartiennent à des groupes sociaux nettement différenciés. Tout d’abord, un homme d'une certaine aisance, à la mode Louis XIII. Il a une belle et fière allure et il occupe le centre du tableau. S'agit-il d'un citadin ? Remarquons son col blanc, fermé. Signe qu'il ne travaille pas ? Ses vêtements sont assez soignés ; ses cheveux, sa barbe et sa moustache sont « à la mode » — « à la royale », comme on disait alors —. Son fils, manifestement (vêtements identiques à ceux de son père), joue du violon, un instrument qui n'était pas rare dans les campagnes ainsi que l'attestent nombre de récits consacrés à des fêtes paysannes... Il se dégage de ce premier groupe (le père dans la manière de tenir son verre et le manche d'un couteau, son fils prêt à jouer du violon), un certain air de distinction et de civilité.
Ensuite, un paysan, relativement aisé, occupe la partie gauche du tableau. Remarquons, par contraste avec le personnage précédent, ses vêtements simples, en toile ou en serge (laine et chanvre), peu déchirés, sauf aux genoux. Il est chaussé de souliers. Sa femme se tient debout, derrière lui, au second plan, dans une attitude de réserve et de discrétion. Les vêtements sont simples : une robe de serge rouge, une chemise blanche à large col recouvrant les épaules, un petit couvre-chef blanc dissimulant les cheveux. Il est difficile d'identifier un vêtement distinctif d'une région particulière (pas de coiffe ou de collerette, par exemple) : nous savons que les vêtements « régionaux » apparaîtront un siècle plus tard.


Enfin, le personnage de droite vient manifestement de l’extérieur. Sa pose est modeste, ses yeux baissés, son regard vague, son corps tassé par une vie de labeur et de misère. Qui peut-il bien être ? Un paysan ? Un mendiant ? Un étranger ? Ses pieds sont nus, ses vêtements sont déchirés ; il adopte une attitude humble, silencieuse, respectueuse même (son chapeau est posé sur ses genoux alors que le personnage de gauche a conservé son bonnet). S’agit-il d'une embauche (la « louée ») d'un domestique atta¬ché, par exemple, à la charrue ? Pourquoi ces trois personnages se sont-ils retrouvés ? Qu’est-ce qui peut les unir ? Les réunir ?



LA LÉGENDE DORÉE DE NAPOLÉON !

      LA LÉGENDE DORÉE DE NAPOLÉON      



CONTEXTE HISTORIQUE
Durant la monarchie de Juillet, une flambée de bonapartisme se fit jour, encouragée par la politique de rassemblement national de Louis-Philippe. En quête d’une troisième voie entre les différentes tendances politiques, le souverain tenta en effet de se les rallier en cautionnant le grand événement révolutionnaire et impérial rejeté depuis 1815. Cela lui était d’autant plus facile qu’il avait lui-même combattu à Neerwinden en 1792.
Ce furent les bonapartistes qui furent les mieux traités dans cette nouvelle politique. Le roi inaugura le musée de l’Histoire de France à Versailles (1833), fit relever la statue de Napoléon au sommet de la colonne Vendôme (actuellement aux Invalides) et inaugura l’arc de triomphe de l’Étoile enfin achevé (1836). Partout l’Empire était mis en valeur, et Napoléon eut également droit de cité au Salon. Cette politique bonapartiste devait connaître son apothéose en décembre 1840 avec le retour des cendres.


ANALYSE DES IMAGES
Le tableau de Mauzaisse

Exemple tardif d’allégorie, ce tableau exposé au Salon de 1833 (no 3130) participe du culte napoléonien. Héros absolu, Napoléon, revêtu de son uniforme de colonel des chasseurs à cheval de la garde, est élevé au ciel où le Temps le couronne, tandis que lui-même, regardant fièrement le spectateur, écrit son œuvre sur les tables de l’Histoire. Une grande diagonale souligne cette sorte d’apothéose de l’Empereur.

Mais une ambiguïté subsiste entre le propos de Mauzaisse et la réalisation de son œuvre, très pesante, très réaliste dans sa façon de montrer l’événement. Cette ambiguïté ne s’explique que par les choix politiques et sociaux de l’artiste.

Le tableau de Dulong

Exposé au Salon de 1835, ce tableau s’inspire d’une chanson célèbre de Pierre-Jean de Béranger (1780-1857), Les Souvenirs du peuple, qui évoque la rencontre de Napoléon et d’une jeune servante lors de la campagne de France en 1814. Un soir, l’Empereur harassé par les combats s’arrête dans une auberge de Champagne et s’écrie : « Dieu, quelle guerre ! » Après s’être endormi auprès du feu, il s’éveille et console la servante qui pleure sur les malheurs de la France et lui affirme qu’il se rend sous Paris pour la venger. Ce sont ces souvenirs que raconte la jeune fille devenue grand-mère à ses petits-enfants : « Parlez-nous de lui, grand-mère ! Parlez-nous de lui !… »

Œuvre assez faible techniquement, le tableau de Dulong n’en est pas moins intéressant par l’image de Napoléon qu’il véhicule. Nous sommes loin ici du héros victorieux ou de l’homme sacré. C’est un empereur proche du peuple, attentif à ses malheurs, que Béranger comme Dulong représentent. Toutefois, la religion n’est jamais bien loin, même en ce cas, et le tableau se présente un peu comme la transcription d’une Madeleine aux pieds du Christ. La jeune Champenoise, illuminée par le feu de la cheminée, apparaît comme touchée par la grâce du grand homme en qui elle a placé toute sa confiance. Napoléon est donc présenté comme le seul capable de sauver la France. Ainsi s’explique le côté luministe de cette scène intime.



L’EXPÉDITION AU MEXIQUE EN 1838 !

      L’EXPÉDITION AU MEXIQUE EN 1838     


La souveraineté du Mexique en question

Le Mexique des années 1830 peine à trouver une stabilité politique et doit faire face à des difficultés financières. Violences, pillages, interdictions diverses, restrictions commerciales : les puissances européennes s’exaspèrent de voir leurs intérêts financiers bafoués et font régulièrement pression sur le pays pour aider leurs ressortissants.
Constatant que leurs demandes d’indemnisation sont ignorées par le président Bustamante, nombre de commerçants français expatriés au Mexique se tournent vers Paris. Parmi eux un pâtissier, d’où la dénomination de cet épisode : la « guerre des gâteaux » (guerra de los pasteles). Plusieurs mois durant, en 1837, des vaisseaux français envoyés par le roi Louis-Philippe font le blocus du port de Vera Cruz, sans pour autant faire céder le gouvernement mexicain.
L’expédition montée pour l’automne 1838 conduit à une véritable démonstration de force : l’escadre bombarde en effet le fort de San Juan d’Ulùa, installée sur un promontoire rocheux défendant la baie de Vera Cruz. Considéré jusque-là comme inexpugnable, il est contraint à la reddition. L’épisode ne met pas fin au conflit mais constitue un pas décisif pour conduire les Mexicains à la table des négociations.
Ce tableau gigantesque d’Horace Vernet achevé en 1841 fait partie d’une série de commandes de l’État orléaniste, désireux de constituer une galerie de peintures d’histoire qui exalte la naissance du régime en 1830 et les succès militaires de la nouvelle dynastie.


Un spectaculaire bombardement naval

Le tableau de Vernet sert d’abord à rendre hommage au prince de Joinville, que l’on aperçoit sur la corvette La Créole, tenant à la main une lorgnette. Le troisième fils de Louis-Philippe, tout juste âgé de vingt ans, venait de recevoir le commandement de ce vaisseau au sein de l’escadre française placée sous la responsabilité du contre-amiral  Baudin.
Le bombardement de Vera Cruz à l’arrière plan, avec les flammes et les fumées qui s’échappent des bâtiments, renvoie à un épisode très précis : l’explosion de la tour du fort de San Juan d’Ulùa, qui contenait les réserves de poudre, le 27 novembre 1838. Joinville écoute le rapport d’un lieutenant de vaisseau, dans une posture un peu nonchalante alors que le danger reste bien réel, du fait des tirs de boulets et de mitraille opposés par les défenseurs du fort, dont on voit les impacts sur l’eau, et de la présence des récifs tout proches.





Un scientifique russe découvre le paradis au Pôle Nord !

Un scientifique russe découvre le paradis au Pôle Nord.



 Le docteur en philosophie Valery Dyemin, un chercheur de la région 
arctique, affirme que l'Hyperborée (au delà du ” vent du nord"), une terre 
mythique que les Grecs  pensaient être située au delà de Scythia(Note du 
Webmaster : Pour les anciens grecs , région de la Russie méridionale où 
vivaient les Scythes) a réellement existé . Le légendaire scientifique 
français Jean Sylvin Baiae a essayé de prouver l'existence de 
l' Hyperborée , il y a quelques siècles. 

" Pouvez-vous nommer  d'autres scientifiques qui ont 
également fait beaucoup d'effort  en essayant de jeter 
une certaine lumière sur le mystère Hyperboréen ? ”
    

Oui il y en a eu beaucoup. Non seulement les géographes et les historiens 
ont travaillé sur le problème, mais les linguistes également y ont apporté  
plusieurs contributions. En fin du  XIXe  siècle, le recteur de 
l'Université de Boston William Warren a édité un livre intitulé"Le paradis 
trouvé au pôle nord" . 

En tout il y  eu , 11 éditions du livre. Warren a analysé un 
grand nombre d'histoires  racontées et de légendes concernant le 
paradis sur terre (Éden). Selon lui, toute information contenue là-dedans 
provient de vagues souvenirs d'une certaine terre  antique parfaite, qui 
s'étendaient  quelque part dans la région arctique.  



“Que nous disent-ils exactement ? Quelle partie 
du monde devrions-nous ausculter ? ”
    
Je crois que nous devrions  rechercher les traces de cette 
civilisation dans l'Eurasie et dans les régions arctiques 
américaines, dans les îles et les archipels des océans arctiques, 
au fond de certaines mers,  lacs et  fleuves. 

On doit prendre réellement note du fait que c'est en  Russie 
que l'on pourrait mettre la main sur  le plus grand nombre 
d'endroits et d'objets façonnés en rapport avec Hyperborée. 
Une partie de ce qui précède a déjà attiré l'attention des 
spécialistes; d'autres doivent être découverts encore. 

L'exploration active est actuellement en cours dans la 
péninsule de kola, dans  île de Vaigach, en Karelia, dans les 
montagnes de l'Ural, en Sibérie occidentale, Khakasia, en 
Yakutia, et quelques autres régions. Il y a de bonnes 
perspectives nous invitant à faire  des  recherches  en Terre 
de Franz Josef , dans le Taimyr, et dans le Yamal  .
   
Le terme géographique  "Hyperborean plareform" relève d' utilisation 
technique. Les scientifiques continuent à discuter du mouvement  de la  
plateforme,  afin de trouver les raisons pour lesquelles elle a sombrée 
au fond de l'océan. 


En d'autres termes, l' Hyperborée a pu être à la 
surface de terres  qui ont par la suite, plongé dans l'eau ?
    
Selon  les cartes de Gerhardus Mercator, le cartographe et 
géographe flamand du 16e siècle, on découvre un grand 
continent s'étendant autour du Pôle Nord. 

Cette terre est un archipel formé de plusieurs iles séparées
par de profonds fleuves. Une montagne surplombe au 
centre de la terre (selon les légendes les ancêtres 
des indo-européens  vivaient aux abords du Mont Méru) . 
La question qui se pose est :  Comment cette terre est-elle 
apparue sur cette carte ?  



Il n'y a pas d'information concernant les régions artiques  durant 
le Moyen Age. Nous avons toutes les raisons de croire que 
Mercator a utilisé une ancienne carte, celle qui est spécifiée 
dans sa lettre datée de 1580. Cette carte montrait le 
continent en question sans glace au centre de l'Océan Arctique. 
La carte de Mercator serait basée sur cette ancienne carte.

Le décret secret de Catherine II


Si l'on suppose que cette ancienne information 
cartographique était disponible  dans les temps 
anciens, ce peut-il que certains aient essayé de 
découvrir l'Hyperborée dans la région arctique  ?

   

Quelques uns de nos compatriotes ont participé à cette quête pour 
retrouver  l' Hyperborée.  L'impératrice russe Catherine II a obtenu 
quelques informations sur l'ancienne terre mythique aux abords du Cercle 
Arctique par l'intermédiaire des Francs-Maçons. 


Catherine II organisa deux expéditions avec le concours de Mikhail 
Lomonosov. Elle signa un décret secret  le  4 Mai 1764. Le document 
officiel indiquait que l'expédition conduite par l'amiral Vasily Chichagov 
a été détaché au Spitsberg afin d'inspecter les lieux pour le renouvellement 
de la pêche à la baleine et aux poissons dans la zone. Cependant, dans la 
mémoire du fils de Chichagov,  l'effort mis en exergue était de 
structurer une " expédition en relation avec le pôle Nord"


Le pacha fut invité à ouvrir une enveloppe contenant des instructions 
détaillées seulement après que le vaisseau ait pénétré dans la mer libre. 
( Note de Abzu : voir l'ouvrage " La Mer Libre du Pôle
 " de J. HAYES édité à Paris en 1884 )

Selon les instructions le vaisseau devait se diriger vers le Pôle Nord. 
A propos, ces instructions furent écrites par Mikhail Lomonosov. 
Malheureusement l'expédition ne put avancer à travers l'épaisse  banquise 
et dut s'en retourner.

Pourquoi Catherine II était-elle si intéresée à 
trouver Hyperborée ?
  
Je crois que Catherine,  a contrario de quelque autres rois et 
reines , fut enchantée par la perspective de découvrir que 
certaines légendes, contes et mythes 
pouvaient dire vrai. Pline, Hérodote  ainsi que 
Virgile et Cicéron rapportèrent le fait que le peuple de 
la terre d' Hyperborée vivait près de 1000 ans et dans une vie de 
bonheur parfait . 


Nous ne devrions pas oublier que l'Empire russe était gouverné par une femme.


La légende des sept cités de Cibola !

             La légende des sept cités de Cibola           



En 1539, le frère Marcos de Niza, un prêtre franciscain, a raconté aux 
fonctionnaires coloniaux espagnols, à Mexico, qu'il avait vu la ville 
légendaire de Cibola dans ce qui est aujourd'hui le Nouveau-Mexique. 
C'était l'un des explorateurs espagnols, à moitié convertisseur religieux et 
aventurier, qui hantaient le Nouveau Monde pour le trésor amérindien et il 
avait entendu des contes persistants sur la richesse fantastique des 
soi-disantes Sept Cités de Cibola.

" Elle est située sur un tronçon nivelé du sommet d'une colline arrondie ", a dit 
le moine. " Elle semble être une très belle ville, la meilleure que j'ai vu dans ces 
régions. " Le prêtre a reconnu, cependant, qu'il avait seulement vu la ville à 
distance et n'y était pas entré, parce qu'il pensait que les habitants indiens
 Zuni le tueraient si il approchait.

Mais quand une grande et coûteuse expédition espagnole, partie en 1540, avec 
340 Espagnols, 300 alliés indigènes et un millier d'esclaves indiens et africains, 
et est retournée dans la région en 1541, ils ont trouvé seulement un modeste 
village d'indiens qui n'était pas quelque chose ressemblant à ce que le prêtre 
avait décrit. L'expédition s'est avérée être une mésaventure ruineuse pour 
ceux qui s'y sont impliqués, y compris le célèbre conquistador Francisco 
Vazquez de Coronado, qui l'a dirigé.

" Presque tout le monde, y compris le leader, est retourné à Mexico massivement 
endetté ", dit l'auteur du Nouveau-Mexique Richard Flint, qui, avec son épouse, 
Shirley Cushing Flint, a écrit cinq livres sur Coronado. " Un certain nombre de 
ces personnes ne s'en sont jamais remis financièrement."




L'expédition de Coronado et de Hernando de Alarcón à 
travers l'Ouest américain (1540-1542)

Qu'est-ce que le Frère a bien pu voir ?

Pendant cinq siècles, les érudits ont débattu de ce que de Niza avait vu quand il 
avait affirmé qu'il avait trouvé Cibola, ou si il a simplement dit aux fonctionnaires 
espagnols ce qu'ils voulaient entendre...

La grande richesse que les Espagnols ont pris quand ils ont conquis les 
Aztèques d'Amérique centrale et les Incas de l'Amérique du Sud n'a fait 
qu'alimenter les croyances que toujours plus de richesses se trouvaient 
quelque part à l'intérieur de ce qui est maintenant aux États-Unis. Alors, quand 
le Frère de Niza a dit qu'il avait vu Cibola, les fonctionnaires espagnols étaient 
impatients de le croire...

Nous ne savons pas ce qu'il a vu ou pourquoi il l'a fait ", a déclaré Denise 
Shultz, un ranger du parc à Coronado National Memorial à Hereford, Arizona. 
" Une interprétation généreuse de la vision de Niza est qu'il a vu le pueblo, à 
l'aube ou au crépuscule et a été dupé par la lumière du soleil, flatteuse à ce 
moment de la journée, qui baignait le village dans une lueur qui lui faisait 
penser que les bâtiments étaient en or ", dit-elle .

Flint est moins charitable à propos de la déclaration de de Niza. " Il n'a 
probablement pas vu [la ville]," dit Flint. " Au lieu de cela, dit-il, le prêtre a 
probablement raconté un long récit (faux ou vrai), qu'il a entendu des Indiens ".

Les hommes de Coronado étaient furieux quand ils ont vu le village des Zuni. 
" En voyant cela, l'armée éclata de malédictions envers le Frère Marcos de Niza, 
" dit l'un des hommes de Coronado. " Dieu veuille qu'il ne rencontre aucun 
d'entre eux...". Le Frère Marcos de Niza fut d'ailleurs renvoyé en Espagne pour 
le punir de sa fausse histoire...

Au lieu de retourner à Mexico, Coronado a incisté. Pendant des mois, son 
expédition a suivi un guide indien sur des centaines de kilomètres dans ce qui 
est de nos jours le Kansas. Ils se sont fait attaquer des dizaines de fois par 
les indiens des régions traversées avant d'abandonner la recherche de Cibola...



Une peinture de 1898 par Frederic Remington dépeint l'explorateur espagnol 
Francisco Vazquez de Coronado dans sa quête malheureuse de 1541 pour 
trouver les légendaires Sept Cités de Cibola. L'expédition, qui comprenait des 
centaines de soldats et de guides amérindiens, a duré deux ans et a traversé
quelque 4.000 miles (6.400 km) de l'Ouest américain. En fin de compte, aucune 
ville dorée n'a été trouvée, et Coronado est retourné les mains vides et endetté... 

« Il est très difficile de dire qu'une autre personne aurait fait quelque chose de 
différent », dit Flint. " Mais les gens ont perdu beaucoup d'argent, donc ils 
n'étaient pas heureux. "

Selon les normes espagnoles, ils avaient besoin d'un bouc émissaire ", 
dit Shultz. " Il était le capitaine, il était celui qui a été liquidé en prenant le 
poids de la faute. Voilà mon interprétation. Il a lamentablement échoué... "

Néanmoins, Coronado retourne au Mexique en 1542, par là où il était venu, 
mais avec seulement 100 hommes. Même si cette expédition a été un désastre,
  il a découvert tout de même le Grand Canyon et il reste gouverneur de 
Nouvelle Galice jusqu'en 1544, puis il se retire à Mexico où il meurt en 1554...

Sources : un texte de Willie Drye (traduction Yves Herbo)  

Chabloz Fritz – Les Sorcières neuchâteloises

Chabloz Fritz – Les Sorcières neuchâteloises: Après une introduction savante et passionnante sur l’historique de la sorcellerie, Fritz Chab...