dimanche 13 novembre 2016

Talleyrand, le diable diplomate (1754 - 1838) !

Talleyrand, le diable diplomate (1754 - 1838) 

Un évêque au service de la Révolution




Homme d’esprit, amoureux des plaisirs et du beau sexe, le prince Charles Maurice de Talleyrand-Périgord incarne l'art de vivre aristocratique au siècle des Lumières.
Personnage cynique et corrompu, doué d'une intelligence supérieure, c’est aussi le meilleur diplomate qu'a jamais eu la France !
Il a trahi tous les régimes qu'il a servis, mais jamais les intérêts supérieurs de l'État.
Évêque agnostique, il soutient la Révolution sans état d'âme, installe Bonaparte au pouvoir, complote contre l’Empereur qui refuse d'écouter ses conseils de modération, et vouera le reste de sa vie à replacer la France au cœur de l'échiquier européen.
Signes particuliers : un pied-bot, d’où son surnom de « diable boiteux », et une mauvaise réputation, à tort et à raison.

Un libertin éclairé

Premier-né de la grande famille aristocratique des Talleyrand-Périgord, Charles-Maurice grandit dans la société raffinée de l'Ancien Régime. « Qui n’a pas vécu dans les années voisines de 1789 n’a pas connu le plaisir de vivre », confiera sur le tard Talleyrand à François Guizot.
Empêché d'entrer dans la carrière militaire à cause d'une malformation du pied, il est réorienté vers l'Église bien que n'ayant pas de vocation religieuse.
Charles Maurice entre à 16 ans à Saint-Sulpice. Le plus souple et le plus mondain des séminaires de l'époque lui apprend « le bon ton, les bonnes manières et le bon maintien » ; ce savoir-vivre lui restera toujours. 
Il se distrait dans la bibliothèque en lisant avec avidité VoltaireMontesquieuDiderotet d’Alembert. Il se console aussi avec les femmes et goûte les plaisirs raffinés des salons.
Ordonné prêtre à 24 ans,  l'« abbé de Périgord », comme on l'appelle alors, devient agent général du clergé de France. Il s’initie aux mécanismes de la finance et découvre l’importance des biens de l’Église. En 1788, à 34 ans, le voilà enfin nommé évêque d’Autun par le roi.
La Fête de la Fédération au Champ de Mars, 14 juillet 1790, gravure de Isidore Stanislas Helman, BnF, Paris.

Un sens politique aigu

Le ciel s'assombrit. Confronté au déficit abyssal des finances publiques, le roi se résout à convoquer les états généraux afin de voter de nouveaux impôts. Talleyrand, élu député du clergé d’Autun, entre en politique. Le 26 juin 1789, avec la majorité du clergé, il rallie le tiers état. 
Sous l'Assemblée nationale constituante (1789-1791), il fait partie du camp majoritaire des royalistes constitutionnels, comme son ami Mirabeau sitôt promu grand homme du moment.
Talleyrand n’est pas aussi bon orateur que son ami mais il a l’art de la formule. « Les droits des hommes étaient méconnus, insultés depuis des siècles ; ils ont été rétablis pour l’humanité entière, » déclare-t-il dans une Adresse solennelle aux Français, lue le 11 février 1790 à la tribune, à l'occasion de son accession à la présidence de l'Assemblée.
Fort de son excellente connaissance des biens de l'Église, du fait de ses fonctions antérieures, l'évêque d'Autun suggère à l'Assemblée de les nationaliser. C'est chose faite le 10 octobre 1789. Mais quid du clergé et de ses institutions sociales ? Mirabeau suggère que l'État lui-même les prenne en charge. 12 juillet 1790, il obtient le vote de la « Constitution civile du clergé ».
14 juillet 1790 : on retrouve Talleyrand en vedette à la Fête de la Fédération dont il a eu l’idée. Elle marque le premier anniversaire de la prise de la Bastille. Il célèbre la messe en tant qu’évêque d’Autun. 
Mais l'entente nationale va se briser sur la question religieuse. Le pape refuse d'agréer les évêques élus par le peuple. En représailles, la Constituante exige des membres du clergé un serment de fidélité « à la nation, à la loi, au roi », dans les huit jours et sous peine de prison.
La moitié des curés s’y refusent, de même que tous les évêques, sauf quatre. Parmi ces quatre-là figurent Loménie de Brienne qui n’est toujours pas croyant en Dieu, et Talleyrand, qui ne l’est guère plus. La guerre religieuse va durer dix ans, jusqu’au Concordat, qui sera habilement négocié par... Talleyrand, ministre de Bonaparte.

Talleyrand rompt avec la Révolution

En janvier 1791, Talleyrand démissionne de sa charge d’évêque. Les événements se précipitent. La monarchie est renversée le 10 août 1792. Talleyrand, qui fait l'objet d'un décret d'accusation, part pour l'Angleterre puis de là aux États-Unis.
9-10 thermidor An II (27-28 juillet 1794) ! La chute de Robespierre le convainc de revenir au bercail. Le 16 juillet 1797, à l’occasion d’un remaniement, le voilà ministre des Relations extérieures. Il se montre avant tout soucieux de l'équilibre européen et hostile aux conquêtes.
Le nouveau ministre entre en correspondance avec Bonaparte, l’homme dont on parle, général en chef à 26 ans, qui s’est illustré dans la campagne d’Italie.

Talleyrand et Napoléon : une séduction réciproque

Première rencontre des deux hommes, 6 décembre 1797. Bonaparte ne pourra bientôt plus se passer de Talleyrand, lui demandant son avis sur tout et tous : incroyable addiction de la part de ce leader-né ! Talleyrand lance l’idée d’une campagne d’Égypte pour contrer l’Angleterre en lui barrant la route des Indes. Doublement habile, il flatte le rêve oriental de Bonaparte tout en le détournant d’un projet fou, attaquer l’ennemi par la Manche ! Pour le Directoire, c’est aussi un moyen d’éloigner le trop populaire général.
La campagne d’Égypte se révèle un piège, mais le général s’arrange pour revenir en vainqueur à Paris, avec un seul but : conquérir le pouvoir. Talleyrand a compris que ce personnage exceptionnel va marquer l’Histoire. Il va l’y aider, pressentant le bénéfice considérable qu’il peut en tirer.
Première mission de confiance : organiser le coup d’État du 18 brumaire (9 novembre 1799) qui met fin au régime du Directoire et préparer le Consulat avec une Constitution sur mesure, donnant tout pouvoir au Premier Consul.
22 novembre 1799, le voilà à nouveau ministre des Relations extérieures.

Pas d’État sans religion !

Sur un point, un seul, les deux hommes s’entendent miraculeusement : la politique religieuse. Dénués de sens moral en politique, ils croient dur comme fer à l’importance morale de la religion pour le peuple.
Madame Grand alias Catherine Noele Worlée, amante puis épouse de Talleyrand (1802), Elisabeth Vigée-Lebrun, 1783, Metropolitan Museum of Art, New York.Le Premier Consul contacte le nouveau pape, élu en mars 1800. Pie VII entend réunifier l’Église de France divisée en deux clergés. Talleyrand est là pour les rapprocher.
Parenthèse personnelle : relevé de l’excommunication et rendu à l’état laïc, Talleyrand peut épouser sa maîtresse, madame Grand.
Le Concordat est enfin signé (15 juillet 1801). Le pape reconnaît la République et renonce aux biens enlevés au clergé sous la Révolution.
De son côté, « le Gouvernement de la République française reconnaît que la religion catholique, apostolique et romaine est la religion de la plus grande majorité des Français ».

Le duo devient duel

Les deux hommes ne tardent pas à se diviser sur le traité de paix d’Amiens (25 mars 1802), Bonaparte reprochant à l'Angleterre de n'en pas respecter les clauses. 
Talleyrand, lucide, voit venir le pire : « Cette paix n’avait pas encore reçu sa complète exécution, qu’il jetait déjà les semences de nouvelles guerres qui devaient, après avoir accablé l’Europe et la France, le conduire lui-même à sa ruine. »
Dans les mois qui suivent, les attentats royalistes se multiplent contre Bonaparte, au point que Paris est en état de siège : « L’air est plein de poignards ! » dit Fouché, ministre de la Police. Comme Talleyrand, il conseille de faire un exemple en arrêtant le « dernier Condé », même si le jeune duc n’est pas impliqué dans les complots.
Et Bonaparte décide de l’assassinat du duc d’Enghien. Cette exécution sommaire émeut la France, indigne l’Europe et toutes les têtes couronnées se ligueront contre l’empereur – là est « la faute ». Mais les royalistes se rallieront majoritairement à Napoléon. En cela, il a bien joué et Talleyrand l’a bien conseillé. Une action qui leur sera pourtant éternellement reprochée (...).


LES FEMMES DANS L’ARMÉE DE LIBÉRATION !

LES FEMMES DANS L’ARMÉE DE LIBÉRATION


CONTEXTE HISTORIQUE
Les « Merlinettes » 

Dans le cadre de l’organisation des troupes françaises libres, le général d’armée Giraud, commandant en chef des forces terrestres et aériennes en Afrique du Nord, et le colonel Merlin, commandant des transmissions en Afrique du Nord, créent le corps féminin des transmissions (C.F.T.) le 22 novembre 1942. 150 femmes sont engagées, pour pallier au déficit de personnel masculin. Formées aux spécialités de radio, de téléphoniste, de télétypiste, et de radio/secrétaire d’analyse, ces premières femmes « soldats » de l’armée de terre, sont vite appelées les « Merlinettes » en référence au colonel Merlin. 

En 1944, le nombre de ces combattantes atteint environ 2400 (2000 pour l’Armée de Terre, 400 pour l’Armée de l’Air), dont la majorité participe à la campagne d’Italie avec les forces françaises du général Juin. Après la reprise de Naples, de Rome, de Monte Cassino et de Sienne, elles sont également présentes lors du débarquement à Tarente le 9 août 1944, prélude au celui effectué en Provence, qui débute le 15 août 1944. Plusieurs « Merlinettes » sont ainsi présentes lors de l’arrivée des troupes à Saint-Tropez le 16 août, comme le montre le cliché Personnel féminin de l’Armée de Terre pris le jour même, et ici étudié. 

Prise par les services de l’Armée Alliée, cette photographie remplit avant tout une mission d’archivage documentaire, et elle n’est pas spécialement destinée à la diffusion auprès du public civil. Elle n’en possède pas moins une forte valeur symbolique, susceptible de marquer les consciences et les représentations.
ANALYSE DES IMAGES
Des femmes soldats 

Personnel féminin de l’Armée de Terre semble avoir été prise par et pour des services anglophones de l’Armée de Libération. En effet, un texte imprimé en bas de l’image légende celle-ci en anglais, précisant la date et le nature de la scène : french WACS [pour Wire and Cable Service, c’est-à-dire les transmissions] assembling on the beach after landing at Saint-Tropez : « femmes du corps des transmission se regroupant sur la plage après le débarquement à Saint-Tropez ». Une indication manuscrite désigne aussi par son nom l’une de ces soldats. 

La photographie représente un groupe d’une vingtaine de « Merlinettes » sur la plage de sable. Si l’on aperçoit d’autres soldats au second plan, le cliché est nettement centré sur les combattantes, dont le groupe assez compact occupe presque tout l’espace. Vêtues d’uniformes, casquées, disposant d’un équipement conséquent mais sans armes, les femmes sont tout juste réunies au complet. Elles semblent attendre de nouveaux ordres. Les visages sont à la fois fatigués, déterminés et concentrés, même si une ou deux d’entre elles prennent le temps de fixer le photographe.
INTERPRÉTATION
Une guerre au nouveau(x) visage(s) 

Si la représentation ici proposée n’est pas à proprement parler nouvelle, puisque d’autres femmes de l’armée ont déjà participé aux opérations, ce document est tout de même assez moderne. A la « nouveauté » incarnée par l’avancée des troupes alliées sur des terres jusque là occupée par les nazis (nouveaux uniformes, nouveaux équipements par rapport à ceux des allemands, et évolution des positions respectives), la scène ajoute évidemment l’image de corps et de visages différents de ceux, masculins, traditionnellement associés aux combats. 

En dépit de son caractère relativement inédit et inhabituel, Personnel féminin de l’Armée de Terre montre bien des soldats « normaux », participant à part entière au débarquement. Elément comme un autre du déploiement (elles se regroupent et attendent de se mettre en mouvement dans le cadre d’une organisation d’ensemble), l’unité des « Merlinettes » ne semble pas devoir être ici traitée de manière spécifique. Si ces dernières ne possèdent pas d’armes, cela n’est pas dû au fait qu’elles soient des femmes, mais par ce qu’elles appartiennent au corps des transmissions. Et comme les autres soldats, elles sont fixées sur leur mission et sur la suite des manœuvres. 

Répondant à des impératifs militaires, le rassemblement effectué suggère néanmoins un groupe, un esprit de corps et une solidarité entre ces femmes qui ont choisi de lutter aux côtés des hommes.


VICHY ET LES « HÉROS DE L’HISTOIRE DE FRANCE » : BOURNAZEL !

VICHY ET LES « HÉROS DE L’HISTOIRE DE FRANCE » : BOURNAZEL


CONTEXTE HISTORIQUE
1943 et la série d’affiches célébrant les « Héros de l’Histoire de France » 

Placée sous la responsabilité du Secrétariat général à l’Information, la diffusion d’affiches est, avec la radio, l’un des principaux moyens de propagande utilisés par le régime de Vichy. Destinée à promouvoir sa politique et ses actions, cette imagerie largement diffusée entend façonner les consciences et les représentations. 

Si certaines campagnes sont fortement suggérées par l’occupant nazi, le gouvernement jouit aussi d’une relative indépendance, réalisant et placardant (sous contrôle) ses propres messages. Par son thème et par le choix des personnalités mises à l’honneur, la série « Héros de l’Histoire de France », lancée durant l’année 1943 et dont est extraite « de Bournazel (1898-1933) » éditée en novembre, semble bien être une entreprise franco-française. 

En s’appropriant la figure de ces illustres personnages et les valeurs qu’ils symbolisent, le régime exalte la grandeur et la fierté nationales – dont il se veut aussi le garant au présent et le promoteur à l’avenir.
ANALYSE DES IMAGES
La figure du héros 

Cette lithographie coloriée représente Henri de Bournazel alors qu’il lance une offensive dans le désert. Le jeune militaire porte sa tenue d’officier du 8e régiment des spahis marocains (veste rouge et pantalon bleu). Enveloppé dans une cape blanche, il se détache nettement sur un ciel sans nuages. Cravache en main, il a délaissé sa monture pour mener ses troupes à pied. Très stylisé, le visage jeune, fin et déterminé exprime le courage, ainsi qu’une certaine assurance exaltée de la conquête. 

Au second plan, les troupes qui composent cette unité de cavalerie coloniale recrutée parmi les « indigènes » (voir leur type et uniformes caractéristiques) donnent la charge à cheval, fusil à la main. 

Très lumineuse et assez colorée, l’image suggère à la fois l’exotisme (le désert, qui semble infini) et un mouvement impossible à arrêter.
INTERPRÉTATION
Un culte patriotique étonnant 

Modèle du jeune officier intrépide et invincible, Henri de Bournazel fait l’objet d’un culte patriotique dès le milieu des années 1930. Surnommé « l’Homme Rouge » ou le « Cavalier Rouge » (du fait de son uniforme), il se signale par des faits d’armes exceptionnels lors de plusieurs batailles au Maroc (comme celle d’El Mers en mai 1923 et celle du djebel Saghro en 1933, où il trouve la mort). 

Contrairement à la plupart des héros mis à l’honneur par cette série d’affiches de propagande (Jeanne d’Arc ou Bayard, par exemple), de Bournazel est une figure « historique » assez récente et encore très populaire. Le régime de Vichy se contente donc de récupérer à son compte une légende encore vive. 

Par sa symbolique et son dynamisme, l’image promeut l’idée d’une France courageuse, victorieuse et conquérante, dont le pouvoir veut justement rappeler l’existence en ces temps de défaite et d’humiliation. La jeunesse du héros renvoie quant à elle à l’avenir, à la relève, au redressement porté par les générations futures, justement formées et exaltées par Vichy. 

Mais la figure choisie ici étonne quand on sait que les colonies d’Afrique du Nord et presque tout l’empire sont progressivement passés sous contrôle allié à partir de l’été 1943 et que le Comité de Libération nationale siège à Alger. Avec cette affiche, le régime tente de réaffirmer l’appartenance pleine et entière de l’Afrique du Nord à la France de Vichy (à l’exclusion de la « France libre »).




vendredi 11 novembre 2016

Livre Audio: "Daniel, je sais pourquoi" Par le médium Joël Ury !


 Livre Audio: "Daniel, je sais pourquoi" Par le médium Joël Ury  



Daniel vient nous raconter par la main de Joël Ury sa vie dans le plan spirituel. Il faut remonter dans le passé, il y a deux siècles, pour comprendre son histoire et celles de tous les protagonistes qui se retrouvent dans diverses situations suite aux réincarnations successives et de la loi de cause à effet.


jeudi 10 novembre 2016

Louise Michel : louve et agneau (1830-1905) !

    Louise Michel : louve et agneau (1830-1905)   


"Vierge rouge" ou "louve noire", Louise Michel a longtemps suscité les fantasmes et continue de diviser les spécialistes. A-t-elle contribué à écrire sa propre légende? Les publications récentes nous éclairent sur cette révolutionnaire mystique entrée en lutte comme on entre en religion.


L’affaire semble entendue : Louise Michel, c’est l’icône de la Commune, c’est une Marianne, s’élevant au-dessus des barricades, prête à tout pour défendre la Liberté et la Révolution sociale.
Longtemps, l’historiographie officielle n’a retenu d’elle que l’image d’une anarchiste forcenée, d’une révolutionnaire sanguinaire, d’une mystique entrée en lutte comme on entre en religion, d’une « presque Jeanne d’Arc » (comme aimait à l’appeler Verlaine), d’une femme passionnée, possédée même diront certains.
L’Histoire, comme toujours écrite par les vainqueurs, fit de Louise Michel une « vierge rouge », une « louve noire », un objet de fantasme tant admiré que redouté. Sa supposée virginité, ses travestissements, son comportement hors-norme lui ont valu railleries et critiques acerbes. Son tempérament jusqu’au-boutiste et son obstination à ne jamais transiger sur ses idéaux lui ont valu de nombreux ennemis, y compris dans son camp politique et jusque dans sa propre famille.
Pourtant, force est de constater que Louise Michel ne joua dans la Commune de Paris qu’un rôle marginal. La redécouverte de ses écrits dévoile moins une combattante qu’une femme de lettres qui mit toute son énergie et son œuvre au service de ses convictions politiques et de leur transmission aux générations futures. Bien avant que ne débute la Commune, l’institutrice Louise Michel était déjà convaincue que la Révolution devait passer par l’Education. Bien après l’écrasement de la Commune, l’écrivaine Louise Michel utilisa sa plume comme une arme pour encourager la jeunesse à ne jamais renoncer à l’idéal révolutionnaire.
Faire le portrait de Louise Michel sans tomber dans la caricature, comprendre comment s’est forgée sa légende sans verser dans le mythe : telle est l’ambition de ce documentaire.
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1966 : Les Cathares reviennent !

                1966 : Les Cathares reviennent              

En 1999, ce documentaire d'Emmanuel Laurentin pour "L'Histoire en direct", entre histoire et mémoire, tentait de comprendre comment le mythe cathare s'était reconstruit dans les années 60 à la suite de l'émission "La Caméra explore le temps".


"1966 : les Cathares reviennent" est le titre de l'émission "L'Histoire en direct" diffusée le 7 juin 1999. Ce jour-là, Emmanuel Laurentin revenait sur une autre célèbre émission, "La Caméra explore le temps", et le dernier numéro de ce programme très populaire d'Alain Decaux. Son sujet : les Cathares. Pour la plupart des téléspectateurs ce sujet était inconnu, mais l'arrêt brusque de l'émission de Stellio Lorenzi, Alain Decaux et André Castelot, par le pouvoir gaulliste, allait faire du thème des cathares un thème à la mode. Des téléspectateurs, réunis en télé -clubs dans des salles municipales, allaient découvrir une partie de leur histoire, sanglante et oubliée : la croisade contre les Albigeois.
Ce documentaire de "L'Histoire en direct", entre histoire et mémoire, va tenter de comprendre comment le mythe cathare s'est reconstruit dans les années 60 à la suite de l'émission "La Caméra explore le temps".
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Histoire du Second Empire (2/4) !

               Histoire du Second Empire (2/4)             

Un soir chez Morny, le bal masqué du 2 mars 1859
Deuxième épisode de la série consacrée à l'histoire du Second Empire, aujourd'hui le documentaire d'Anaïs Kien réalisé par Françoise Camar.

Sous le Second Empire, on organise de nombreux bals. Naissances, mariage, fêtes publiques ou privés, tous les prétextes sont bons. Et pour casser la routine on se déguise en as de pique ou en Marie-Antoinette, les vêtements du quotidien d’hier deviennent les costumes d’aujourd’hui. Si vous êtes suffisamment bien dissimulés par votre personnage de location, il y a moyen d’y trouver certaines libertés. On peut raconter le coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte et la Commune qui réduit en cendres son palais impérial, mais comment restituer une soirée festive vieille de 150 ans, son effervescence, ses croisements, ses regards plus ou moins distants, les complots majeurs ou minuscules à l’ombre des velours, son ivresse, tous ces moments fugaces propre à chaque soirée ? A la recherche de la mémoire perdue du bal masqué, Un soir chez Morny, nous sommes le 2 mars 1859, à l'entrée de l'hôtel de Lassaye, près de l’Assemblée nationale.

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Histoire du Second Empire (1/4) !


              Histoire du Second Empire (1/4)              

La fête impériale. Quatre épisodes consacrés à l'histoire du Second Empire, entre 1852 et 1870. En quelques années la France, grâce à des nouvelles inventions fait son entrée dans la modernité.




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ALSACE, ANNÉE ZÉRO !

                    ALSACE, ANNÉE ZÉRO                  




CONTEXTE HISTORIQUE
L’une des images de la « Libération » de l’Alsace. 

A partir de 1944, la reconquête et la Libération du territoire français s’accompagnent de la production et de l’émission d’un grand nombre d’images des combats et des succès alliés. Réalisés par des particuliers présents sur place, par des journalistes accompagnant les troupes ou encore directement par des militaires, les clichés et les films immortalisent des scènes de toute nature, qui peuvent concerner les soldats, les paysages (ruraux ou urbains), mais également les civils. Autant d’images souvent fortes qui, à l’instar de Enfants français jouant avec des armes laissées par l'armée allemande lors de leur retraite, montrent un monde en plein bouleversement et ancrent autant de représentations de ce grand moment historique dans les consciences des contemporains. 

Prise à Oberhoffen (Alsace du Nord) juste après les très rudes combats qui ont vu les troupes américaines reprendre le bourg le 9 décembre 1944, cette photographie saisit ainsi presque sur le vif une image de la « suite » immédiate de ces opérations militaires qui ont entraîné la retraite de l’armée nazie. 

Si l’auteur de cette photographie reste inconnu, de même que la nature, la diffusion du cliché et l’écho qu’il a pu rencontrer, elle possède en tout cas une valeur esthétique et symbolique indéniable venant étoffer singulièrement sa première fonction d’image-témoin.
ANALYSE DES IMAGES
Une scène de chaos 

Cette photographie représente une scène bien réelle, captée dans le concret de l’instant, mais avec un sens de la dramaturgie et un parti pris esthétique significatifs. 

Accroupis au centre de l’image, un jeune garçon et une jeune fille blonds, vêtus d’habits assez sales comme le sont leurs visages, « jouent » avec les quelques armes, casques et munitions abandonnés, ici réunis en un tas désordonné. Pour plus de proximité et d’implication du spectateur, la photographie est prise à hauteur des deux personnages livrés à eux-mêmes dans ce paysage de guerre et de chaos. La jeunesse, la blondeur, l’innocence et l’insouciance de ces deux enfants ainsi que la douceur de leur attitude contrastent de manière saisissante avec le cadre où cette action improbable se déroule, soulignant encore la force de cette représentation. 

En effet, tout est ruines, dans cet espace clôt et oppressant bordé par le mur partiellement détruit d’un bâtiment en arrière plan. Ici, dans cette cour jonchée de gravats comme d’objets du quotidien qui n’en sont plus (la brouette au centre, les masses de bois sur la gauche) et où les deux seules « ouvertures » (porte et fenêtre donnant à l’intérieur de l’habitation) ne montrent qu’un espace sombre évoquant le néant et la destruction, l’attention se porte naturellement sur ces deux jeunes êtres laissés seuls et sans adultes.
INTERPRÉTATION
Un monde à reconstruire 

Lancée en novembre 1944, la première Libération de l’Alsace (celle-ci n’étant totalement effective qu’en mars 1945 après un repli allié et une contre attaque allemande) fut difficile. Si Strasbourg est reprise dans un premier temps le 23 novembre, la partie septentrionale de l’Alsace est la dernière à être reconquise, avec de grandes difficultés liées à la topographie, au climat et à la détermination des troupes nazies. Elles sont en effet prêtes à défendre avec ardeur la première région « allemande » (l’Alsace étant intégrée au Reich) en jeu sur le front Ouest. Ainsi, à Oberhoffen, la présence d’un camp militaire a encore compliqué les opérations et durci les affrontements, ce que montre sans équivoque le paysage désolé de la photographie. Un paysage de défaite (ou de victoire) aussi, laissé comme tel par d’anciens dominants dont les armes n’ont plus le même usage. 

Dans l’après combat presque immédiat, les deux enfants sont livrés à eux-mêmes sans surveillance ni protection, signe que le temps et les normes sont ici comme suspendus. Le chaos est palpable, total, oppressant. Il suggère une année zéro, un moment presque irréel où tout est à recommencer, à rétablir. Cette image ose ainsi la représentation peu commune d’un aspect particulier de la Libération et se distingue des images de liesse ou de victoire en marche plus abordables pour le spectateur. 

À la faveur du parti pris esthétique et symbolique choisi par le photographe, on peut ainsi évoquer la difficile reconstruction d’un monde habitable (sur les plans matériel et spirituel). Plongés dans une situation improbable, les deux enfants du cliché suggèrent tout autant la jeunesse, le début, l’innocence, le danger ou encore le traumatisme, devenant malgré eux des métaphores des enjeux et des problématiques liés à l’immédiat l’après-guerre.


RÉSEAUX SOCIAUX : "Cliquez, vous êtes fichés" !

 RÉSEAUX SOCIAUX : "Cliquez, vous êtes fichés" 




Cliquez, vous êtes fichés !, est un reportage (0h12) de France 24 suivi d'une interview de Christophe-A. Paillard, ancien Directeur de la CNIL, sur le fichage des données personnelles des citoyens à travers le monde par les réseaux sociaux.

Autrefois, la police fichait les criminels, les délinquants, les artistes et les homosexuels. Aujourd’hui, le plus grand fichier est totalement ouvert. Ce ne sont plus les policiers qui le remplisse mais nous-mêmes, en surfant sur les réseaux sociaux.
Le Journal de l’Intelligence économique d’Ali Laïdi a enquêté dans le monde internet du fichage des citoyens.
Jean Cocteau, Pablo Picasso, Joséphine Baker ou Adolphe Hitler..., tous épinglés au fichier central du Ministère de l’Intérieur français. Les raisons sont qu'ils étaient homosexuels, étrangers ou activistes politiques. Bref, aux yeux de la police, tous suspects, comme les criminels, les prostitués et les vagabonds.
Leurs fiches, les Archives Nationales à Paris les ont présentées au public le temps d’une exposition "Tous fichés" à l’automne 2011. Le temps de constater que le fichage des criminels s’est vite élargi à l’ensemble des citoyens.
L’objectif de l'Etat, c’est le contrôle des masses, et les nouvelles technologies lui facilitent le travail puisqu’il s’agit désormais du fichage informatique universel. Empreintes digitales, iris et même notre ADN sont stockés sur des puces.
Depuis les attentats du 11 septembre 2001, la biométrie est le nouveau bras armé du fichage. Pour le co-organisateur de l’exposition, c'est une solution hi-tech un peu magique mise en avant par les pouvoirs publics pour résoudre les problèmes de sécurité que ce soit le terrorisme, l'immigration clandestine ou les problèmes de fraude.
Dans cette frénésie sécuritaire, chaque citoyen devient un suspect potentiel, d'où les menaces sur nos libertés et notre sécurité.
Christophe-Alexandre Paillard, ancien Directeur de la CNIL, la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés, nous rappelle d’ailleurs l’intrusion qu'avait faite Google Street View dans la vie de millions d’individus. En effet, en prenant des photos des rues du monde, le logiciel avait, au passage, capter toutes les données passant sur les bandes WIFI à ce moment là. Numéros de vos cartes bancaires, téléchargements de fichiers…, tout était passé entre les mains de la célèbre entreprise américaine !
Détournement de fichiers, utilisation abusive des données personnelles, espionnage..., il reste qu’aujourd'hui, Big Brother s’appelle Facebook. Le réseau social aux centaines de millions d’utilisateurs est devenu le plus grand fichier du monde. Alors, certains tirent la sonnette d’alarme.
Max Schrems est un étudiant autrichien. Il a demandé à Facebook toutes les informations que le site détient sur lui. Il a reçu une pile de 1200 pages de données. Certaines de ces informations viennent de lui, mais la plupart, c'est Facebook qui les a rassemblées sans lui demander son autorisation. Du coup, Max a déposé plainte contre le site pour violation de la vie privée.
Bref, Facebook nous suit partout ! Et mieux que la CIA ou l’ex KGB ! Finalement, il s’agit d’un contrôle que les États aimeraient bien partager, d’où leur réticence à poursuivre le célèbre site. Et selon Max, c’est même auprès de Facebook que les Etats feraient des demandes d’informations !
Facebook, mieux renseigné que les services secrets ? Une chose est sûre, les internautes nourrissent eux-mêmes Big Brother. Alors cliquez… Vous êtes fichés !
(france24.com/)


BRAVE | Film Complet en Français

Dans l’Europe occupée, un avocat sans armes devient un symbole d’espoir en risquant sa vie pour combattre l’injustice. Affiche Affiche ...